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La
dynamique des populations est l'un des facteurs clés
à prendre en compte lorsqu'on pense au développement.
Durant les 50 dernières années, l'accroissement
de la population mondiale a connu une accélération
sans précédent (figure 3.1).
Savez-vous pourquoi ?
On
parle d'« accroissement naturel de la population » lorsque
le taux
de natalité est supérieur au taux
de mortalité. Alors que le taux
d'accroissement de la population d'un pays est fonction
de l'accroissement naturel et des migrations, l'accroissement
de la population mondiale est exclusivement fonction de
l'accroissement naturel.
À
travers le monde, les taux de mortalité ont progressivement
diminué à la fin du XIXe siècle et
au cours du XXe siècle, et ils ont chuté dans
l'ensemble des pays en développement après
la Seconde Guerre mondiale sous l'effet de la propagation
de la médecine moderne. Dans une bonne partie de
ces pays, cette baisse des taux de mortalité a précédé
de 20 ans ou plus la baisse des taux de natalité,
ce qui s'est traduit par des taux d'accroissement record
de 3 %, voire 4 %, par an. Depuis les années 60,
les taux de natalité sont également en net
recul dans la plupart des pays
en développement exception faite de l'Afrique
subsaharienne et du Moyen-Orient. Cette tendance des taux
de natalité dans les pays en développement
est comparable à ce qui s'est produit en Europe et
aux États-Unis au XIXe siècle (figure
3.2).
Aujourd'hui,
les pays à faible revenu continuent d'avoir les plus
forts taux de natalité au monde (voir carte
3.1), bien que les femmes aient tendance à avoir
moins d'enfants qu'auparavant. Les raisons de cette baisse
de la fécondité
sont variées, mais elles sont pour la plupart liées
à la croissance
économique et au développement humain
dans ces pays (figure 3.3 ; voir également
les chapitres 4 et 7).
Les parents décident d'avoir des familles plus réduites
lorsque la situation sanitaire s'améliore et fait
qu'ils n'ont plus à craindre de perdre plusieurs
de leurs nouveau-nés, et lorsqu'ils n'ont plus à
compter sur leurs enfants pour travailler à la ferme
ou l'entreprise familiale, ou encore pour s'occuper d'eux
durant leurs vieux jours. Par ailleurs, un nombre croissant
de parents envoient leurs filles à l'école,
ce qui a aussi de l'importance car les femmes qui ont reçu
une éducation de base ont tendance à avoir
des enfants en meilleure santé et en moins grand
nombre. Comme davantage de femmes ont aujourd'hui l'occasion
de travailler en dehors de la maison, elles commencent plus
tard à avoir des enfants et elles en ont moins. Enfin,
à tout cela s'ajoute le fait que l'accès au
planning familial s'améliore, ce qui permet aux parents
de contrôler et d'espacer les naissances.
Une
baisse du taux de fécondité peut ne pas aboutir
immédiatement à la réduction du taux
de natalité et d'accroissement démographique
si un pays a un plus grand nombre d'hommes et de femmes
en âge de procréer qu'auparavant. L'accroissement
de la population résultant du fait que plus de femmes
ont des enfants, alors que le nombre d'enfants par femme
reste égal ou diminue, est ce qu'on appelle « élan
démographique ». L'élan démographique
est particulièrement fort dans les pays en développement
qui avaient les taux de fécondité les plus
élevés il y a 20 ou 30 ans.
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