Glossaire

Accès à l'eau salubre. Pourcentage de la population qui n'a pas trop difficilement accès à une eau salubre, qu'il s'agisse d'eaux superficielles traitées ou d'eaux non traitées mais non contaminées provenant de sources, de puits sanitaires ou de points d'eau protégés.

Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Organisation internationale chargée, entre 1947 et 1995, de réduire les mesures de protection et de promouvoir la liberté des échanges entre les nations. Beaucoup d'obstacles au commerce — tarifs douaniers, contingents d'importation, etc. — ont été réduits dans le cadre de ses huit cycles de négociations multilatérales. Le dernier cycle, qui s'est tenu en Uruguay (1986-94), a porté sur des questions telles que la réduction des restrictions imposées par les gouvernements sur les investissements étrangers et le commerce de services tels que banques, assurances, transports, tourisme et télécommunications. En 1995, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a succédé au GATT.

Accroissement naturel de la population. Différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité sur une période donnée. Voir également taux de croissance de la population.

Accumulation de capital. Développement de biens de capital par le recours à l'investissement.

Actifs produits. Voir capital physique.

Agriculture. Secteur de l'économie comprenant les cultures, l'élevage, la chasse, la pêche et la foresterie.

Aide publique nette. Ensemble des dons et prêts concessionnels accordés par les gouvernements des pays donateurs aux pays bénéficiaires, moins les éventuels remboursements du principal effectués pendant la durée des prêts en question.

Analphabétisme des adultes. Proportion des personnes âgées de 15 ans et plus ne sachant pas lire en le comprenant, ni écrire intelligiblement, un texte simple sur leur vie quotidienne.

Apports de capitaux privés nets. Flux de capitaux du secteur privé que reçoit un pays aux conditions du marché, moins les sorties de capitaux analogues. Les flux nets d'investissements de portefeuille en sont un exemple : il s'agit de l'ensemble des actions et obligations acquises par des investisseurs étrangers, moins la valeur des actions et actions qu'ils ont vendues. Voir investissement de portefeuille.

Avantage absolu. Avantage qu'un pays a par rapport à tous les autres ou à beaucoup d'autres pour la production de certains biens ou services, du fait d'avoir certains facteurs de production à sa disposition — des terres cultivables en abondance, un climat favorable à l'agriculture, ou encore une main-d'œuvre très qualifiée pour des activités manufacturières à haute technologie. Cela signifie qu'il peut produire certains biens ou services à un coût moindre que ne le peuvent les autres pays, et il a donc manifestement intérêt à se spécialiser dans la production et l'exportation des biens et services en question. Mais même les pays qui ne disposent pas d'avantages absolus peuvent tirer parti des échanges internationaux ; voir avantage comparatif.

Avantage comparatif. Concept formulé par l'économiste britannique David Ricardo, selon lequel les agents économiques — individus, entreprises, pays — ont le plus d'efficacité lorsqu'ils s'en tiennent à ce qu'ils font le mieux. Cette notion est d'une importance particulière sur les marchés mondiaux, où les pays ont le plus à gagner s'ils produisent et exportent les biens et services qu'ils peuvent produire d'une manière plus efficace (pour un coût moindre, en utilisant moins de capital physique, humain et naturel) que d'autres. Ricardo a notamment montré qu'un pays peut profiter des échanges internationaux même s'il a des coûts de production plus élevés que ses partenaires commerciaux pour tous les biens et services échangés — autrement dit, même s'il n'a aucun avantage absolu. Il s'agit, pour cela, de choisir correctement son domaine de spécialisation à l'échelon international en fonction de ses avantages comparatifs. En l'occurrence, le pays optimisera son volume global de production et de consommation au plan national s'il utilise ses recettes d'exportation pour importer d'autres biens et services à des prix qui soient inférieurs à leurs coûts de production intérieure.

Banque mondiale. Organisme de crédit international ayant pour but de réduire la pauvreté et d'améliorer l'existence des individus en consolidant les économies et en favorisant un développement durable. Appartenant à ses États membres (au nombre de 183 en 2001), la Banque accorde chaque année quelque 20 milliards de dollars de prêts pour des projets de développement ; elle fournit en outre aux pays une assistance technique et des conseils sur les politiques à suivre, et joue un rôle catalyseur pour l'investissement et le crédit provenant d'autres sources. Ses pays membres les plus pauvres bénéficient de prêts sans intérêts d'une durée allant jusqu'à 50 ans, et les autres membres dans le besoin ont accès à des prêts d'une durée de 15 à 20 ans assortis de taux d'intérêt inférieurs à ceux pratiqués par les banques commerciales.

Biens publics. Biens présentant la double caractéristique de non-rivalité (la consommation qu'en fait une personne ne réduit pas leur disponibilité pour les autres) et de non-exclusion (on ne peut empêcher ceux qui le veulent de les consommer). De ce fait, il est impossible de rendre leur consommation payante, ce qui explique que le secteur privé ne soit pas intéressé par la fourniture de ces biens, fourniture qui est en fait assurée dans bien des cas par l'État. Les biens publics sont généralement nationaux ou locaux. La défense est un bien public national qui profite à la population de tout un pays. Les routes rurales sont des biens publics locaux qui profitent à un groupe d'individus plus réduit. Il peut aussi y avoir des biens publics mondiaux, dont profite la majorité de la population du globe : par exemple, la paix et la sécurité mondiales, ou l'information nécessaire à la prévention des changements climatiques planétaires. La fourniture des biens (et services) de ce type est une fonction des organisations internationales.

Capital (biens de capital). Ensemble de ressources servant à la production de biens et services. En science économique, on distingue aujourd'hui le capital physique (également appelé actifs produits), le capital naturel et le capital humain.

Capital humain. Ensemble des connaissances, compétences et données d'expérience que possèdent les individus et qui les rendent économiquement productifs. Investir dans l'éducation, les soins de santé et la formation professionnelle peut accroître le capital humain.

Capital naturel. Ensemble des ressources naturelles — terres, eau, minéraux, etc. — servant à la production. Il peut être renouvelable ou non renouvelable.

Capital physique (actifs produits). Bâtiments, machines et équipements techniques utilisés dans la production, auxquels s'ajoutent les stocks de matières premières et de produits semi-finis et finis.

Chlorofluorocarbures (CFC). Gaz synthétiques bon marché utilisés comme réfrigérants dans les réfrigérateurs et climatiseurs et comme propulseurs d'aérosols. Alors qu'on les croyait initialement inoffensifs, on sait à présent que les CFC s'accumulent dans l'atmosphère terrestre où ils ont pour effet d'appauvrir la couche protectrice d'ozone et d'emprisonner le rayonnement solaire, contribuant à l'effet de serre (voir gaz à effet de serre). L'emploi des CFC est désormais contrôlé par le Protocole de Montréal, un accord signé par de nombreux pays.

Combustibles fossiles. Charbon, gaz naturel et produits pétroliers formés à partir des restes de plantes et d'animaux ayant vécu il y a des millions d'années. Ils constituent une source d'énergie non renouvelable.

Consommation d'énergie par habitant. Quantité d'énergie consommée pendant une période donnée (en principe, un an) dans un pays, divisée par son nombre d'habitants. Cela comprend, outre la combustion de combustibles fossiles par des machines (les automobiles, par exemple), l'électricité produite par l'énergie nucléaire, l'énergie géothermique, l'hydroélectricité, ainsi que les combustibles fossiles proprement dits. Quelle qu'en soit l'origine, la consommation d'énergie par habitant est exprimée en unités d'équivalent pétrole. Bien que non négligeable dans certains pays en développement, l'énergie tirée de la biomasse — bois de feu, charbon de bois, fumier — n'est pas prise en compte dans cette statistique du fait qu'on ne dispose pas de données fiables à ce sujet.

Contingents d'importation. Limites imposées par l'État sur les quantités de certains biens et services pouvant être importées. Comme les tarifs douaniers, ils s'agit d'un moyen utilisé par les gouvernements pour protéger les entreprises nationales de la concurrence étrangère. Voir protection.

Croissance économique. Évolution d'ordre quantitatif ou expansion de l'économie d'un pays. L'indicateur de croissance économique communément utilisé est l'augmentation en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) ou du produit national brut (PNB) au cours d'une année. La croissance économique revêt deux formes : une économie peut croître de manière « extensive » en utilisant davantage de ressources (telles que le capital physique, humain ou naturel), ou de manière « intensive » en utilisant la même quantité de ressources plus efficacement (de façon plus productive). Lorsque la croissance économique est accomplie avec plus de main-d'œuvre, cela n'entraîne pas d'augmentation du revenu par habitant (voir Chapitre 4). Mais lorsqu'elle résulte d'une utilisation plus productive de toutes les ressources, y compris la main-d'œuvre, elle entraîne une hausse du revenu par habitant et une amélioration du niveau de vie moyen de la population. Une croissance économique intensive nécessite un développement économique.

Défaillances du marché. Situations dans lesquelles une économie de marché n'offre pas à la population la quantité voulue de certains biens et services. Elles peuvent intervenir lorsque le marché ne produit pas assez de biens publics et de biens aux externalités positives, lorsqu'il produit trop de biens aux externalités négatives, lorsque le jeu des monopoles naturels a pour effet de gonfler les prix des produits, et lorsque les agents économiques n'ont pas accès à des informations suffisantes, telles que celles relatives à la qualité de certains biens de consommation. Ces défaillances justifient en général l'intervention économique de l'État, mais il y a toujours un risque de défaillance de l'État lui-même — le genre de situation dans laquelle des déficiences au niveau des processus politiques ou des structures institutionnelles empêchent les mesures gouvernementales d'améliorer effectivement le bien-être social (voir Chapitre 11).

Démilitarisation. Pour un pays, le fait de réorienter son économie dans des domaines autres que la production militaire. Contraire de militarisation.

Démographie. Étude scientifique des populations humaines, notamment en termes d'effectifs, de composition, de répartition, de densité et de croissance, ainsi que des causes et des conséquences socioéconomiques de l'évolution de ces facteurs.

Développement durable. Selon la définition établie par la Commission mondiale pour l'environnement et le développement des Nations Unies (1987) : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » La Banque mondiale a proposé une définition plus opérationnelle (axée sur la pratique), selon laquelle il s'agit d'un processus consistant à gérer un portefeuille d'actifs dans le but de préserver et d'accroître les opportunités offertes aux individus. La notion de développement durable recouvre l'idée de viabilité économique, environnementale et sociale, laquelle peut être assurée par une gestion rationnelle du capital physique, naturel et humain (voir Chapitres 1 et 16).

Développement économique. Évolution d'ordre qualitatif et restructuration de l'économie d'un pays en rapport avec le progrès technologique et social. Le principal indicateur de développement économique est la hausse du PNB par habitant (ou du PIB par habitant), qui témoigne d'une augmentation de la productivité économique et d'une amélioration, en moyenne, du bien-être matériel de la population d'un pays. Développement économique et croissance économique sont étroitement liés.

Économie noire (économie occulte). Ensemble d'activités économiques qui ne sont pas prises en compte dans les statistiques officielles. Il s'agit aussi bien d'activités illégales (ce qu'il est convenu d'appeler le marché noir) que d'activités qui, bien que légales, ne sont pas déclarées ou sont déclarées de manière incomplète pour des raisons d'évasion fiscale.

Économie occulte. Voir économie noire.

Économies en développement à revenu élevé. Économies classées par les Nations Unies parmi les pays en développement alors que leur revenu par habitant devrait les faire figurer parmi les pays développés. Cette classification peut être le fait de leur structure économique ou de l'avis exprimé officiellement par leurs autorités. En 1995, ce groupe comprenait Hong Kong (Chine), Israël, le Koweït, Singapour et les Émirats arabes unis.

Émissions de dioxyde de carbone par habitant. Quantité de dioxyde de carbone émise dans l'atmosphère pendant une période donnée (en principe, un an) dans un pays, divisée par son nombre d'habitants. Un volume important d'émissions résulte de la combustion de combustibles fossiles et de la biomasse — bois de feu, charbon de bois, fumier — pour la production d'énergie.

Épargne. Revenus non affectés à la consommation présente. Voir également taux d'épargne intérieure brute et taux d'investissement intérieur brut.

Espérance de vie à la naissance. Nombre d'années que vivrait un nouveau-né si, à tous les âges de sa vie, ses chances de survie étaient les mêmes que celles prévalant pour le groupe d'âge correspondant lors de l'année de sa naissance. L'évolution de cet indicateur reflète les changements intervenus dans l'état de santé général de la population d'un pays, les conditions de vie et la qualité des soins de santé.

Externalités. Effets que les activités d'une personne ou d'une entreprise ont sur d'autres, sans compensation. Les externalités peuvent nuire ou bénéficier aux autres — autrement dit, être négatives ou positives. Exemple d'externalité négative : la situation créée par une entreprise qui, pour assurer sa production, pollue l'environnement local sans fournir de compensation aux résidents que cela affecte. À l'opposé, l'enseignement primaire peut être créateur d'externalités positives, car il bénéficie non seulement aux élèves du primaire mais à l'ensemble de la société. L'État peut limiter les externalités négatives en réglementant et en taxant les produits qui en créent. Inversement, il peut renforcer les externalités positives en subventionnant les produits qui en sont porteurs, ou en fournissant directement ces produits.

Facteurs de production. Principaux moyens utilisés pour la production, quelle qu'elle soit. Les économistes avaient coutume de distinguer trois facteurs de production : le travail, la terre et le capital. Ils en sont venus, plus récemment, à faire appel aux trois notions du capital : le capital physique (ou produit), le capital humain et le capital naturel.

Fonds monétaire international (FMI). Organisation internationale fondée en 1944, en même temps que la Banque mondiale, en vue de promouvoir la coopération monétaire internationale et de faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial en encourageant l'élimination des restrictions de change, en favorisant la stabilité des changes et en facilitant les règlements entre pays membres.

Gaz à effet de serre. Gaz qui emprisonnent le rayonnement solaire dans l'atmosphère terrestre, créant ainsi un effet de serre susceptible d'élever dangereusement les températures à travers le monde. Ils comprennent l'ozone, le méthane, la vapeur d'eau, l'oxyde nitreux, le dioxyde de carbone et les chlorofluorocarbures (CFC).

Indicateur du développement humain (IDH). Indicateur composite regroupant plusieurs indicateurs sociaux et permettant de faire de larges comparaisons au niveau de plusieurs pays, même s'il fournit peu d'informations spécifiques sur chacun. Utilisé pour la première fois dans le Rapport mondial sur le développement humain (1990) du Programme des Nations Unies pour le développement.

Indicateur nominal. Indicateur calculé au moyen des prix en vigueur à la date du calcul. Une variation d'un indicateur nominal reflète parfois l'évolution des prix du marché plus que tout autre changement (ceux au niveau de l'indicateur réel). Par exemple, en période d'inflation, les salaires nominaux peuvent augmenter alors qu'ils diminuent en valeur réelle.
Dans le cadre des comparaisons au niveau de plusieurs pays, cette expression s'applique également au fait de convertir en une monnaie commune (le dollar des États-Unis, le plus souvent) des indicateurs calculés en unités monétaires locales. Les indicateurs nominaux sont ceux convertis en dollars aux taux de change actuels, tandis que les indicateurs réels sont calculés en utilisant comme facteur de conversion la parité de pouvoir d'achat (PPA).

Indicateur réel. Indicateur économique fondé sur les prix d'une année de base quelconque. Cette approche prend en compte les fluctuations des prix du marché et permet donc de faire ressortir plus clairement les autres facteurs de changements économiques. Dans le cadre des comparaisons au niveau de plusieurs pays, cette expression s'applique également au fait de convertir en une monnaie commune (le dollar des États-Unis, le plus souvent) des indicateurs calculés en unités monétaires locales. Les indicateurs réels sont calculés en utilisant comme facteur de conversion la parité de pouvoir d'achat (PPA), tandis que les indicateurs nominaux sont ceux convertis en dollars aux taux de change actuels.

Indice synthétique de fécondité. Nombre moyen d'enfants qu'une femme aura au cours de son existence, mesuré au niveau d'un pays ou d'une région. Entre 1980 et 1995, l'indice moyen est tombé de 4,1 à 3,1 dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire, et de 1,9 à 1,7 dans les pays à revenu élevé.

Industrialisation. Phase du développement économique d'un pays durant laquelle l'industrie croît plus vite que l'agriculture et finit peu à peu par jouer le rôle moteur dans l'économie.

Industrie. Secteur d'une économie comprenant les industries extractives, le bâtiment, le secteur manufacturier et les secteurs électricité, eau et gaz.

Investissement. Dépenses effectuées par des individus, des entreprises ou des entités publiques pour accroître leur capital. Du point de vue des agents économiques pris individuellement, l'acquisition de droits de propriété pour un capital existant constitue également un investissement. Mais du point de vue d'une économie prise globalement, seule la création de nouveau capital est considérée comme un investissement. L'investissement est une condition nécessaire à la croissance économique. Voir épargne, taux d'épargne intérieure brute et taux d'investissement intérieur brut.

Investissement de portefeuille. Achat d'actions et d'obligations qui, à la différence d'un investissement direct, n'établit pas d'intérêt durable dans une entreprise ni ne permet d'en contrôler effectivement la gestion. Voir investissement étranger direct.

Investissement étranger. Investissement dans une entreprise qui opère en dehors du pays de l'investisseur. Voir également investissement direct étranger et investissement de portefeuille.

Investissement étranger direct. Investissement étranger établissant un intérêt durable dans une entreprise ou permettant d'en contrôler effectivement la gestion. Il peut consister à acheter des parts de capital d'une entreprise basée dans un autre pays, à réinvestir les bénéfices d'une entreprise sous contrôle étranger dans le pays où elle est basée, ou, dans le cas de sociétés mères, à accorder des prêts à leurs filiales étrangères. Selon les règles du Fonds monétaire international (FMI), un investissement constitue un investissement étranger direct s'il porte sur 10 % au moyen des actions de la firme étrangère portant droit de vote, mais beaucoup de pays fixent un seuil plus élevé du fait que 10 % ne suffit pas, dans bien des cas, à établir un contrôle effectif sur la gestion d'une entreprise ou, pour un investisseur, à manifester un intérêt durable dans l'entreprise.

Libéralisation du marché. Processus consistant à éliminer ou à ne plus employer les mesures de contrôle de l'État qui entravent le fonctionnement normal d'une économie de marché — par exemple, le fait de supprimer le contrôle des prix et des salaires et les contingents d'importation, ou de réduire les impôts et les tarifs douaniers. En général, la libéralisation du marché ne signifie pas que l'État s'abstient totalement d'intervenir dans les processus du marché.

Matières premières. Biens qui sont vendus (pour servir à la consommation ou à la production) tels qu'ils ont été trouvés à l'état naturel. Il s'agit par exemple du pétrole, du charbon, du fer et de produits agricoles comme le blé ou le coton. Également appelés produits de base.

Militarisation. Pour un pays, le fait d’orienter son économie vers la production militaire. Contraire de démilitarisation.

Minimum vital. Autre appellation du seuil de pauvreté.

Monopole naturel. Situation résultant du fait que, dans un secteur d'activité donné, une entreprise peut approvisionner l'ensemble du marché à un coût inférieur à ce qui serait le cas si le secteur était composé de plusieurs petites entreprises. Les services de distribution de gaz et d'eau constituent deux exemples classiques de monopoles naturels. Il ne faut pas laisser ces monopoles opérer librement, car ils pourraient en pareil cas accroître leurs prix et leurs bénéfices en limitant leur production. C'est pour empêcher ce genre de situation que l'État réglemente les monopoles de service public ou assure lui-même les services d'utilité publique.

Niveau de vie. Mesure du bien-être (d'un individu, d'un groupe ou de la population d'un pays) établie sur la base du niveau de revenu (représenté, par exemple, par le PNB par habitant) ou de la quantité des divers biens et services consommés (par exemple, le nombre d'automobiles pour 1 000 personnes ou de téléviseurs par habitant). Voir également qualité de la vie.

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Organisation chargée de la coordination des politiques entre pays développés. Les pays membres de l'OCDE échangent des données économiques et mettent en place des politiques unifiées afin d'optimiser leur propre croissance économique et d'aider les pays non membres à se développer plus rapidement. L'OCDE est issue de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), créée en 1948 dans le but d'administrer le Plan Marshall en Europe. Une fois que celui-ci a pris fin, en 1960, le Canada, l'Espagne et les États-Unis ont rejoint les membres de l'OECE pour former l'OCDE.

Organisation mondiale du commerce (OMC). Organisation internationale créée le 1er janvier 1995 pour succéder à l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Elle sert de forum pour les négociations commerciales multilatérales et contribue au règlement des différents commerciaux entre ses pays membres.

Ozone. Gaz qui pollue l'air à basse altitude mais qui, au niveau des couches supérieures de l'atmosphère, forme un mince écran protégeant la vie sur terre des radiations nocives du soleil. Les chlorofluorocarbures (CFC) détruisent cette couche d'ozone.

Paiements de transfert. Montants versés par l'État aux individus en guise de redistribution de la richesse d'un pays. Il s'agit, par exemple, des paiements effectués au titre des pensions, des prestations sociales et des allocations de chômage.

Parité de pouvoir d'achat (PPA). Facteur de conversion indiquant le nombre d'unités de la monnaie d'un pays qui est nécessaire pour acheter sur le marché de ce pays ce que 1 dollar permettrait d'acheter aux États-Unis. En utilisant la PPA plutôt que le taux de change, on peut convertir le PNB par habitant d'un pays, calculé en unités de monnaie nationale, en PNB par habitant en dollars, tout en prenant en compte la différence qui existe au niveau des prix intérieurs des biens considérés. La PPA permet donc de comparer de manière plus précise les PNB de différents pays. Comme les prix sont généralement plus bas dans les pays en développement, le PNB par habitant de ces pays exprimé en dollars PPA est supérieur à leur PNB par habitant exprimé en dollars. Pour les pays développés, c'est l'inverse (voir Chapitre 2).

Pays à économie en transition (pays en transition, économies en transition). Pays qui font le passage du système d'économie à planification centrale à celui de l'économie de marché. Ces pays, parmi lesquels figurent la Chine, la Mongolie, le Viet Nam, les anciennes républiques de l'Union Soviétique et les pays d'Europe centrale et orientale, comptent un tiers environ de la population mondiale.

Pays à faible revenu. Selon la classification établie par la Banque mondiale en 1997, pays dont le PNB par habitant était égal ou inférieur à 765 dollars en 1995.

Pays à revenu élevé. Selon la classification établie par la Banque mondiale en 1997, pays dont le PNB par habitant était égal ou supérieur à 9 386 dollars en 1995. Ce groupe comprend à la fois des pays développés et des économies en développement à revenu élevé.

Pays à revenu intermédiaire. Selon la classification établie par la Banque mondiale en 1997, pays dont le PNB par habitant se situait entre 766 et 9 385 dollars en 1995. Une distinction est en outre faite entre les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (766-3 035 dollars) et les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (3 036-9 385 dollars).

Pays développés (pays industriels, pays industriellement avancés). Pays à revenu élevé, dont la majorité de la population a un niveau de vie élevé. Parfois définis également comme les pays dotés d'un important stock de capital physique, dans lesquels la majorité de la population entreprend des activités hautement spécialisées. Selon la classification de la Banque mondiale, ce groupe englobe toutes les économies à revenu élevé sauf Hong Kong (Chine), Israël, le Koweït, Singapour et les Émirats arabes unis. Selon certaines définitions, les économies en transition à revenu intermédiaire peuvent également figurer dans cette catégorie, les pays en question étant hautement industrialisés. Les pays développés comptent environ 15 % de la population mondiale. Ils sont parfois désignés également sous l'appellation de « pays du Nord ».

Pays en développement. D'après la classification de la Banque mondiale, groupe composé de pays dont le PNB par habitant est d'un niveau faible ou moyen, ainsi que de cinq économies en développement à revenu élevé : Hong Kong (Chine), Israël, le Koweït, Singapour et les Émirats arabes unis. Si ceux-ci figurent dans cette catégorie en dépit d'un revenu par habitant élevé, c'est en raison de leur structure économique ou de l'avis exprimé officiellement par leurs autorités. Plusieurs économies en transition sont classées dans certains cas parmi les pays en développement du fait de leur niveau faible ou moyen de revenu par habitant et, dans d'autres, parmi les pays développés en fonction de leur niveau élevé d'industrialisation. Les pays en développement, dont le nombre dépasse 100, comptent plus de 80 % de la population mondiale.

Pays en transition. Voir pays à économie en transition.

Pays industriels. Voir pays développés.

Pays les moins avancés. pays à faible revenu dans lesquels, selon les Nations Unies, la croissance économique se heurte à des obstacles à long terme, tels que des carences d'ordre structurel et un faible niveau de développement des ressources humaines. Cette classification sert de guide aux bailleurs de fonds et aux pays pour l'octroi de l'aide extérieure.

PIB. Voir produit intérieur brut.

PNB. Voir produit national brut.

PNB par habitant. Au niveau d'un pays, le produit national brut (PNB) divisé par le nombre d'habitants. Reflète le revenu dont disposerait chaque individu si le PNB était réparti de manière égale. Également appelé revenu par habitant. Le PNB par habitant est un bon indicateur de la productivité économique, mais il ne rend pas lui-même compte du niveau de bien-être de la population ou du degré de réussite d'un pays en matière de développement. Il ne montre pas dans quelle mesure le revenu d'un pays est réparti de manière équitable ou non entre ses habitants, ne reflète pas les atteintes causées à l'environnement et aux ressources naturelles par les processus de production, et ne tient pas compte du travail non rémunéré qui peut être effectué au sein des ménages ou des communautés, ni de la production à mettre au compte de l'économie noire (occulte). Il attribue une valeur à tout ce qui est produit, que l'élément en question porte atteinte ou contribue au bien-être général (par exemple, les armes chimiques et les médicaments), mais il ignore en revanche la valeur d'éléments du bien-être individuel tels que les loisirs ou la liberté.

Population active. Ensemble des personnes âgées de 15 à 65 ans qui sont économiquement actives dans un pays. Cela inclut toutes les personnes employées, celles qui sont au chômage ainsi que les membres des forces armées, mais exclut les étudiants et les personnes qui s'occupent d'autrui, telles que les femmes au foyer.

Post-industrialisation. Phase du développement économique d'un pays qui suit l'industrialisation et qui se caractérise par le rôle moteur que joue le secteur des services dans l'économie du pays.

Productivité (productivité économique, rendement). Production de biens et services exprimée sur une base unitaire par rapport aux moyens utilisés : par exemple, par unité de main-d'œuvre (productivité de la main-d'œuvre), d'énergie (comme pour la mesure du PNB par unité d'énergie utilisée) ou de l'ensemble des facteurs de production conjugués (voir Chapitre 2).

Produit intérieur brut (PIB). Valeur de tous les biens et services produits dans un pays au cours d'une année (voir également produit national brut). Le PIB peut se calculer en additionnant tous les éléments de revenu — salaires, intérêts, bénéfices, loyers — ou, au contraire, de dépense — consommation, investissement, achats publics, exportations nettes (exportations moins importations) — d'une économie. Dans l'un ou l'autre cas, le résultat devrait être le même, car une dépense a toujours pour contrepartie un revenu, si bien que la somme de tous les revenus doit être égale à la somme de toutes les dépenses.

Produit national brut (PNB). Valeur de tous les biens et services produits dans un pays au cours d'une année (produit intérieur brut), plus les revenus reçus de l'étranger par les résidents du pays, moins ceux versés aux non-résidents. Il peut être bien inférieur au PIB si les revenus de la production d'un pays vont pour une bonne part à des personnes ou des entreprises étrangères. À l'inverse, si les nationaux ou entreprises d'un pays détiennent un important volume d'actions et d'obligations d'entreprises ou d'organismes publics d'autres pays dont ils perçoivent des revenus, le PNB pourra être supérieur au PIB. Mais pour la plupart des pays, ces deux indicateurs statistiques présentent des différences négligeables (voir Chapitre 2). Le terme « brut » indique que la perte de valeur liée à la « dépréciation » naturelle du capital utilisé pour la production n'est pas déduite de la valeur de la production totale. Si elle l'était, on obtiendrait un indicateur appelé produit intérieur net (PIN), également appelé revenu national. Les termes « produit » et « revenu » sont souvent utilisés de manière interchangeable, et donc l'expression revenu par habitant est également employée pour désigner le PNB par habitant.

Produits manufacturés. Biens produits à partir de matières premières. Il s'agit par exemple des produits pétroliers, de l'acier, des textiles et des produits de cuisson.

Protection. Application de tarifs douaniers, contingents d'importation et autres facteurs limitant les importations. C'est le contraire du « libre-échange ». Les pays y ont recours :

  • pour protéger leurs secteurs d'activité « d'importance stratégique », comme l'agriculture, sans lesquels ils seraient vulnérables en temps de guerre ;
  • pour protéger leurs nouveaux secteurs jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment solides pour soutenir la concurrence sur les marchés mondiaux ;
  • à titre de rétorsion contre les politiques protectionnistes de leurs partenaires commerciaux ;
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les négociations menées dans le cadre de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) ont entraîné une réduction sensible des politiques protectionnistes dans la plupart des pays.

Qualité de la vie. Bien-être global des individus. Il s'agit d'une notion difficile à mesurer (tant au niveau des individus que pour un groupe ou tout un pays), car elle recouvre, outre le bien-être matériel (voir niveau de vie), des éléments immatériels tels que la qualité de l'environnement, la sécurité nationale, la sécurité individuelle, et les libertés politiques et économiques.

Rapport de dépendance économique. Rapport de la population inactive — les personnes de moins de 15 ans ou de plus de 65 ans — à la population active — les personnes âgées entre 15 et 64 ans. En 1996, il était en moyenne de 0,7 pour les pays à faible revenu, de 0,6 pour les pays à revenu intermédiaire, et de 0,5 pour les Pays à revenu élevé.

Ressources humaines. Quantité et qualité globales des moyens humains disponibles pour la production de biens et services. Capacités musculaires et cérébrales des êtres humains. On peut considérer que les ressources humaines recouvrent à la fois la main-d'œuvre au sens propre — qui est essentiellement fonction du nombre d'individus composant la population active d'un pays — et le capital humain.

Ressources naturelles. Ensemble des « dons de la nature » — air, terre, eau, forêts, faune et flore sauvages, minéraux — utilisés par les êtres humains pour la production ou la consommation directe. Elles peuvent être renouvelables ou non renouvelables. Elles englobent le capital naturel, ainsi que les dons de la nature qu'on ne peut stocker (comme la lumière solaire), ou utiliser pour la production (comme un paysage pittoresque).

Ressources naturelles renouvelables. Ressources naturelles qui peuvent être remplacées ou reconstituées, soit par une évolution naturelle soit par une intervention humaine. Les poissons et les forêts sont des ressources naturelles renouvelables. Les minerais et les combustibles fossiles sont des ressources naturelles non renouvelables du fait que leur régénération se fait sur une échelle de temps géologique et non pas humaine. Certains éléments environnementaux — qualité des sols, capacité d'assimilation, systèmes de soutien environnemental — sont qualifiés de semi-renouvelables du fait que leur régénération se fait très lentement à l'échelle humaine.

Ressources non renouvelables. ressources naturelles qui ne peuvent être remplacées ou reconstituées. Voir ressources naturelles renouvelables.

Revenu par habitant. Autre appellation du PNB par habitant.

Services. Biens immatériels dont la production et la consommation interviennent souvent de façon simultanée. Pour prendre un exemple dans le domaine de l'éducation, le cours auquel assistent les élèves — et qui constitue un service pédagogique — est dispensé simultanément par le professeur. Le secteur des services englobe : l'hôtellerie, la restauration, et la vente en gros et au détail ; les transports, l'entreposage et les communications ; les finances, les assurances, l'immobilier et les services aux entreprises ; les services communautaires et sociaux (tels que l'éducation et les soins de santé) ; et les services personnels.

Seuil de pauvreté. Niveau de revenu nécessaire aux individus pour se procurer l'essentiel — nourriture, vêtements, logement — et satisfaire leurs besoins essentiels sur le plan socioculturel. Il évolue avec le temps et varie selon les régions. Également appelé minimum vital.

Seuil de pauvreté international. Niveau de revenu défini par la Banque mondiale en vue de cerner la présence des pauvres à travers le monde, et fixé à 1 dollar par jour et par personne aux prix de 1985 ajustés sur la base de la parité de pouvoir d'achat (PPA). Une personne est considérée comme pauvre si elle vit dans un ménage dont le niveau de revenu ou de consommation journalier est de moins de 1 dollar par personne. Bien que le seuil de pauvreté soit utile pour les comparaisons internationales, il est impossible d'établir un indicateur de pauvreté qui soit strictement comparable d'un pays à l'autre. Le niveau de 1 dollar par jour et par personne est proche des seuils de pauvreté nationaux établis dans les pays à faible revenu, mais nettement inférieur à ceux établis dans les pays à revenu élevé.

Tarifs douaniers. Taxes imposées sur certains biens ou services importés. Le montant prélevé peut représenter un pourcentage de la valeur du bien ou service en question, ou un montant fixe par unité. Les tarifs douaniers servent à accroître les recettes de l'État et à protéger les entreprises nationales de la concurrence étrangère. Voir protection.

Taux brut de scolarisation. Nombre d'inscriptions dans un niveau d'enseignement donné, en pourcentage des effectifs du groupe d'âge correspondant officiellement à ce niveau. Il peut être supérieur à 100 % si certains inscrits sont plus âgés ou plus jeunes que le groupe d'âge en question.

Taux brut de scolarisation primaire. Nombre d'élèves inscrits à l'école primaire, par rapport au nombre d'enfants d'âge primaire (généralement entre 6 et 11 ans). Le taux brut de scolarisation secondaire se calcule de la même façon, mais pour le groupe d'âge des 12 à 17 ans. Pour le taux brut d'inscriptions dans l'enseignement supérieur, les calculs sont basés sur le nombre de jeunes figurant dans le groupe de cinq années d'âge qui suit l'âge en fin d'études secondaires. Ces taux bruts peuvent être supérieurs à 100% du fait que certains inscrits sont plus âgés ou plus jeunes que le groupe d'âge en question.

Taux d'épargne intérieure brute. Taux égal au produit intérieur brut (PIB) moins la consommation des secteurs public et privé, exprimé en pourcentage du PIB. Un taux élevé est généralement indicatif d'un fort potentiel d'investissement pour un pays. Voir également épargne.

Taux d'investissement intérieur brut. Ensemble des dépenses effectuées pour remplacer et accroître le capital physique d'un pays, plus les variations du niveau des stocks de produits, en pourcentage du PIB. L'investissement intérieur brut, au même titre que l'investissement direct étranger, est essentiel à la croissance économique et au développement économique.

Taux de croissance de la population. Augmentation du nombre d'habitants d'un pays pendant une période donnée (en principe, un an), en pourcentage du chiffre de la population en début de période. Le taux de croissance de la population représente la somme de la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité — l'accroissement naturel de la population — et de la différence entre le nombre d'immigrants et d'émigrants — le taux net de migration.

Taux de fécondité. Voir indice synthétique de fécondité.

Taux de mortalité. Nombre de décès au cours d'une année, exprimé en pourcentage de la population ou pour 1 000 habitants.

Taux de mortalité infantile. Sur 1 000 naissances, nombre d'enfants qui meurent avant l'âge d'un an.

Taux de natalité. Nombre de naissances au cours d'une année, exprimé en pourcentage de la population ou pour 1 000 habitants.

Termes de l'échange. Rapport entre les prix à l'exportation et les prix à l'importation. Un rapport d'un niveau élevé est à l'avantage d'une économie, car le pays concerné peut alors financer un gros volume d'importations grâce au produit d'un volume limité d'exportations. En cas de dégradation des termes de l'échange, le pays devra exporter davantage pour se procurer le même volume d'importations.

Union européenne (UE). Organisation internationale régionale comptant la plupart des pays développés d'Europe parmi ses membres. Elle a succédé en 1995 à la Communauté économique européenne (CEE), créée en 1957 pour promouvoir l'intégration économique parmi ses pays membres.