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mise à jour:
January 4, 2005

Exemples d’applications de CA

 

1

Pays
Nigéria

Domaine
Santé

Technologie
Santé des enfants

Détenteurs des Connaissances
Femmes Igbos

Source: Obikeze, D. S. IK K Monitor 5(2) 1997 CIRAN

Application: Rites en matière de soins de santé maternels et infantiles en post-partum et leur observation par les Igbos du sud-est du Nigéria

Pendant une période de quatre semaines après la naissance appelée : ‘omugwo’, la mère et l’enfant sont isolés et celle-ci est dégagée des obligations des travaux ménagers dont s’occupe la grand-mère du nouveau-né. On donne à la mère une soupe chaude faite avec du poisson séché, des yams, beaucoup de poivre et un assaisonnement spécial à base d’herbes appelé ‘udah’, qui provoque des contractions de l’utérus, ce qui favorise l’expulsion des caillots de sang. Ce régime aide à la reproduction du sang perdu pendant la naissance, à restaurer l’énergie, à faciliter la guérison des plaies, ainsi qu’à la restauration du bon fonctionnement des divers organes du corps et favorise la lactation. Pour une femme qui donne naissance pour la première fois, ce temps est utilisé pour recevoir une formation dans l’exercice du métier de parent et en matière de travaux ménagers de la part de sa mère.

Enseignement: Les rites 'Omugwo' doivent être reconnus et intégrés dans les programmes de santé, ainsi que dans les stratégies d’ assistance dans ce domaine.

 

 

2

Pays
Tanzanie / Rwanda

Domaine
Agriculture

Technologie
Agroforesterie

Détenteurs des Connaissances
Agriculteurs Washambaas

Source
Divers rapports GTZ 1980 – 1990, ou contacter : rwoytek@worldbank.org

Application: Transfert du système agricole washamba au Rwanda, adaptation et 're-transfert'.

Les Washambaas des montagnes Usambara en Tanzanie avaient développé un système de culture qui imite la végétation climax de la forêt feuilleuse, en intégrant dans la même parcelle, sur plusieurs niveaux, des plantes annuelles et des plantes vivaces. Ces principes furent transférés à Nyabisindu au Rwanda dans le cadre d'un projet d'assistance GTZ (agence de coopération allemande). Des banquettes de niveau à usage multiple spéciales avec arbustes et plantes à fourrage furent ajoutées au système et 're-transferées' aux Washambaas, une fois que la densité de la population, ainsi que la demande accrue pour du bois à brûler, eurent provoqué un épuisement des sols.

Enseignement: L'imitation de la végétation naturelle est une approche valable pour la conservation des sols. Transférer et ajouter des éléments pour traiter de nouveaux problèmes ajoute de la valeur au système original de culture des terres.

 

3

Pays
Egypte

Domaine
Construction; Energie

Technologie
Architecture

Détenteurs des Connaissances
Architectes, maçons

Source
BASIN News No. 12 1997 Eschborn , ou contacter Schreckenbach H.

Application: Réintroduire l'architecture traditionnelle égyptienne

Suivant une réorientation des politiques nationales de l'énergie, la commission égyptienne de l'énergie atomique a fait des recherches pour déterminer des méthodes de construction permettant d'économiser l'énergie ainsi que les matériaux de construction. Un échange d'expériences au niveau des régions fut organisé et les observations suivantes furent confirmées : les toits en arcs possèdent une surface plus petite que ceux de forme plate (nécessitant donc moins de matériaux de construction) pour couvrir un espace intérieur d'une dimension identique.En outre, comme le montre les simulations sur ordinateur, l'économie en chaleur est de 20 % par rapport aux toits de forme plate. Les toits en arc permettent en effet à l'air chaud de s'élever, laissant l'air plus froid au niveau du sol. D'autre part, des ouvertures en hauteur fournissent une "climatisation naturelle" par ventilation croisée. De plus, des lucarnes au niveau des voûtes et des dômes fournissent 4 à 5 fois plus de lumière que les fenêtres placées plus bas sur les murs verticaux. Moins de surface consacrée aux fenêtres est également nécessaire si l'on veut réduire les volumes à chauffer ou à refroidir. Finalement, des pièces avec des toits en arc procurent un sentiment agréable pour les occupants, ils donnent en effet l'impression d'être moins oppressants que ceux de forme plate.

Enseignement: Faire valider les connaissances traditionnelles par la technologie moderne et faire prendre conscience les praticiens du développement et les décideurs de cet état de fait.

 

4

Pays
Burkina Faso

Domaine
Agriculture

Technologie
Conservation des sols

Détenteurs des Connaissances
Agriculteurs mossis

Source
Warren, D. M., Rajasekaran, B. 1993, Putting local knowledge to good use, International Agricultural Development 13 (4): 8-10

Application: Renaissance des pratiques de terrassement et de collecte des eaux dans le Sahel

Au début du siècle les mossis construisaient des terrasses en alignant des pierres (banquettes de niveau) sur les terres qu'ils cultivaient. Plus tard, à cause de l'instabilité politique, cette pratique fut abandonnée. Après plusieurs sécheresses durant les années 1970, les banquettes furent recréées. Des fosses permettant de conserver l'eau furent ajoutées. Elles étaient remplies de produits organiques afin d'accroître la fertilité des sols. Plus de banquettes en pierre furent ajoutées au fil des ans. Elles atteignent à peu près un mètre de hauteur, forment des terrassements sur les pentes et sont construites durant la morte-saison ou la saison sèche, en utilisant relativement peu de main-d'oeuvre. Les banquettes semi-perméables permettent une infiltration progressive de l'eau et ainsi d'éviter son écoulement trop rapide provoqué par des pluies rares mais fortes. Ceci permet de réduire le risque de mauvaise récolte, ainsi que l'érosion des sols. Durant les sécheresses désastreuses des années 1983 et 1984, les cultures poussèrent sur les terres avec des banquettes, tandis que dans les champs adjacents rien ne poussa. Le Fond International pour le Développement Agricole (International Fund for Agricultural Développement , IFAD) assista le Burkina Faso dans la dissémination de cette technologie au centre du pays, un plateau très peuplé, ou 150 villages possèdent aujourd'hui sur leurs champs des banquettes de pierre. Les récoltes de sorgho ont augmenté d'environ 40 pour cent dans les champs avec des banquettes.

Enseignement: Les pratiques développées localement requièrent un environnement politique et économique favorable. Une approche participative permet aux agriculteurs le choix de la technologie.

 

5

Pays
Ghana

Domaine
Agriculture

Technologie
Recherche et vulgarisation agricoles

Détenteurs des Connaissances
Femmes agriculteurs

Source
ACDI Grain Développement Project

Application: Science au niveau de la base - Projet de développement des céréales au Ghana

Les projets de recherches agricoles financés par l'ACDI et le CRDIC bénéficient de plus en plus des connaissances autochtones, qui ont joué un rôle clé dans le développement de techniques adéquates et dans le suivi des recherches . Un projet de développement des céréales au Ghana appuyé par l'ACDI, s'est mis à l'écoute des agriculteurs, la plupart étant des femmes. Ceci a permis de non seulement déterminer leurs besoins, mais aussi, une fois que de nouvelles variétés améliorées furent développées, de disséminer les connaissances nouvelles. Les femmes agriculteurs jouent aussi un rôle essentiel dans la préservation des céréales utilisées traditionnellement.

Enseignement: Les femmes en tant que détenteurs des connaissances sont des sources importantes d'informations pour la recherche scientifique et sont des agents d'extension crédibles et convaincants.

 

6

Pays
Zimbabwe

Domaine
Environnement

Technologie
Procédés de contrôle

Détenteurs des Connaissances
Jeunes sortant de l'école

Source
University of Florida, Notes CA), contact :mailto:pcmohan@worldbank.org

Application: Des jeunes sortant de l'école contrôlent les effluents menacés par des activités minières.

Dans les communautés entourant Cap Mine au Zimbabwe, des chercheurs locaux ont mené des expériences avec des jeunes sortant de l'école, qui furent couronnées de succès. Ils ont développé des schémas impliquant ces jeunes en tant que surveillants de la qualité de l'eau, dont la tâche consistaient à assister les résidents des communautés à repérer les infiltrations et à diriger le déversement des effluents dans des voies d'eau affectées par des activités minières. Les fermiers ont montré un grand intérêt à mieux comprendre les effets des activités minières sur les réservoirs locaux et les systèmes d'adduction d'eau. L'étude qui en a résulté a ainsi permis d'améliorer les procédés de contrôle de l'impact sur l'environnement des activités de l'industrie en question.

Enseignement: Impliquer les jeunes sortant de l'école dans des activités de contrôle et de surveillance est d'un bon rapport coût-efficacité et permet la création d'un groupe de pression local qui peut avoir une influence sur les actions des pouvoirs publics et du secteur privé. En outre, les jeunes ont ainsi la possibilité de comprendre leur environnement local.

 

7

Pays
Cameroun

Domaine
Elevage

Technologie
Médecine vétérinaire; ethno-botanique

Détenteurs des Connaissances
Gardiens de bétail Fulanis; vétérinaires modernes et traditionnels

Source
Toyang, N. J.et al. Ethno-veterinary medicine practices in the Northwest Province of Cameroon IK Monitor 3 (1995)

Application: Combiner les pratiques vétérinaires ethniques avec les services vétérinaires publiques

Dans la province du nord-ouest du Cameroun des vétérinaires et des membres du personnel du Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales, ainsi que de l'Institut pour la Recherche Animale, ont joint leurs forces dans le cadre d'une coopération avec le Heifer Project International (HPI) autour du projet :''The Ethno-veterinary Medicine/Fulani Livestock Développement Project''. Ce projet a pour but de trouver des solutions aux problèmes liés à la chèreté et à l'offre plutôt aléatoire de médicaments et services vétérinaires, tout en essayant de trouver les moyens d'améliorer la santé des animaux de la région de manière durable, en utilisant de façon complémentaire la médecine vétérinaire indigène et la médecine vétérinaire officielle. Les bénéfices de cette approche sont une réduction de la dépendance vis-à-vis des médicaments et autres produits vétérinaires importés, la possibilité de découvrir de nouveaux médicaments, ainsi que la possibilité d'utilisation de médicaments naturels possèdant moins d'effets secondaires négatifs. Ainsi, la communication et les contacts entre les propriétaires de bétail et les vétérinaires se sont améliorés; la première association de vétérinaires traditionnels du Cameroun fut fondée et une mise en réseau active entre praticiens indigènes et spécialistes officiels de la santé animale fut réalisée. En outre, les traitements traditionnels par les herbes, la classification des plantes actives et les pratiques de transformation des produits alimentaires et laitiers furent documentés.

Enseignement: S'appuyer sur les connaissances autochtones aide non seulement à la réalisation d'objectifs techniques mais permet aussi d'améliorer la communication entre bénéficiaires et experts traditionnels et modernes, ainsi que l'échange et le transfert des connaissances .

 

8

Pays
Mozambique

Domaine
Santé, Education

Technologie
Prévention du SIDA

Détenteurs des Connaissances
Guérisseurs locaux

Source
Green, E.C. Tropical Doctor, Supl. 1, p.1-4, 1997: Participation of traditional healers in AIDS prevention programs

Application : Prévention du SIDA en impliquant les guérisseurs traditionnels dans les campagnes de sensibilisation.

La recherche médicale ethnique au Mozambique a permis d'approfondir la compréhension (biomédicale) des croyances et pratiques liées aux maladies sexuellement transmissibles (MST) en Afrique du Sud, et d'aider à la conception de stratégies de communication culturellement congruentes, dans la lutte contre le SIDA. Les programmes de prévention SIDA/MST qui en ont résulté eurent (entre autre) pour objet l'enseignement des concepts de biologie médicale aux guérisseurs traditionnels en utilisant des symboles, métaphores et concepts d'étiologie déjà utilisés pour expliquer les maladies sexuellement transmissibles familières et reconnues localement. Ceci a beaucoup aidé les guérisseurs à comprendre ces concepts de biologie médicale non familiers et a permis de leur préparer le terrain afin qu'ils soient en mesure de promouvoir le changement de comportement de leurs clients, ainsi que les moyens modernes de prévention, tels que l'utilisation de préservatifs pour hommes.

Enseignement: Impliquer les détenteurs des connaissances traditionnelles (guérisseurs) dans les actions de sensibilisation concernant un domaine psychologiquement et socialement sensible tel que la sexualité, possède un impact plus élevé pour un coût moindre.

 

9

Pays
Sahel (Divers pays du)

Domaine
Elevage animal

Technologie
Reproduction

Détenteurs des Connaissances
Bergers

Source
Köhler-Rollefson, I., IK Monitor 1(3) April 1993. Voir aussi : ''the FAO Domestic Animal Diversity Information System'' (DAD-IS)

Application: Les pasteurs traditionnels en tant que gardiens de la diversité biologique

Les nomades assurent la reproduction de leurs troupeaux sur plusieurs générations afin qu'ils puissent s'adapter aux conditions souvent dures du milieu dans lequel ils vivent. Ceci a permis la production de plusieurs types d'animaux différents, souvent avec des différences si peu marquées, que la science conventionnelle ne les reconnait pas nécessairement. Pourtant, ces animaux ont développé des caractéristiques tellement en rapport avec leur milieu naturel que leur stock génétique est devenu une source précieuse pour les programmes de reproduction. Bien que la méthode de conservation du sperme (cryogénie) préserve le code génétique, elle n'inclue pas l'information adéquate nécessaire pour la reproduction des types. Les pasteurs gardent leurs animaux sur les terres très marginales du Sahel. Leur façon de maintenir leur cheptel, chèvres, moutons, chameaux et chevaux, offrent des indications importantes concernant l'élevage animal dans des zones où d'autres formes d'utilisation de la terre, devant tenir compte des besoins d'une population toujours en augmentaion, ne pourraient se faire.

Enseignement: Bien que les banques du sperme des espèces rares (variétés) préservent le code génétique, elles ne contiennent pas les informations nécessaires à l'élevage animal. S'agissant de terres marginales, la conservation par la pratique in-situ (sur place), est le seul moyen de préservation de la diversité biologique.

 

10

Pays
Kenya, Tanzanie

Domaine
Santé

Technologie
Botanique

Détenteurs des Connaissances
Massais

Source
Sindiga, I. IK Monitor 2(2) December 1994

Application: Connaissances en botanique des masais

En tant que bergers, les massais ont une connaissance étendue des herbes et arbustes qui poussent sur leurs terres de pâturage. Ils distinguent les plantes qui sont bonnes pour l'augmentation de la production de lait de celles qui font grossir le bétail et en améliorent la condition. Ce savoir est particulièrement important pendant les années exceptionnellement sèches, lorsqu'ils doivent prendre des décisions concernant les lieux où ils doivent faire paître le bétail; et aussi, quelles herbes repoussent plus vite que d'autres; et, en fonction de la disponibilité des ressources, quels animaux devraient être éliminés les premiers.

Enseignement: Le savoir des masais concernant la résistance des plantes (herbes) à la sécheresse , est utile pour l'évaluation des ressources des terres à pâturage surexploitées.

 

 

11

Pays
Tanzanie

Domaine
Agriculture

Technologie
Contrôle de l'érosion Nutrition des plantes

Détenteurs des Connaissances
Agriculteurs Matengos. Hautes terres du sud

Source
Rutatora, D.F. IK Monitor 5(2) August 1997

Application: Forces et faiblesses des ' Matengo pits'

Le système de jachère en billons cloisonnés (Matengo pits) est pratiqué sur les pentes les plus raides, pour la culture du mais, des haricots, du blé, des patates douces et quelque fois du tabac, en rotation, sur les collines de Matengo Highlands, sur des terres arables en quantité limitées et sous la pression d'une population très concentrée et en augmentation. Les arbustes et les herbes sont coupés et placés dans des espaces rectangulaires, formant comme une grille posée sur toute la zone. Une série de ces dépôts est placée au travers de la pente le long du contour, et une autre allant du haut au bas de la pente, formant des parterres de tailles variables d'à peu près un mètre carré et de trente centimètres de profondeur. On cultive dans les billons et les parterres des plantes diverses selon un système rotatif complexe. Les résidus des récoltes sont enterrés sous de nouveaux billons, là ou il y avait des fosses l'année précédente et vice versa. Les champs de Matengo sont considérés comme ayant entre 70 et 80% moins d'écoulement d'eau provoqué par la pluie que d'autres champs non traités. Cette pratique a été appliquée pendant plus de 100 ans. Elle reste cependant très laborieuse, la plupart des tâches sont faites par les femmes et elle ne peut être mécanisée.

Enseignement: Ce système pose un défi aux praticiens du développement et aux agriculteurs, afin qu'ils puissent développer ensemble une pratique de culture basée sur les 'Matengo pits', qui possède le même effet sur la conservation des sols et qui, en même temps, diminue le labeur des femmes

 

12

Pays
Nigeria

Domaine
Finances rurales

Technologie
Epargne et crédit

Détenteurs des Connaissances
Fermiers Igalas dans l'Etat de Kogi

Source
Nweze, N.J. IK Monitor 2(2) August 1994

Application: Pratiques financières des communautés d'agriculteurs autochtones

Les communautés agricoles du Nigéria ont développé divers systèmes d'épargne et de crédit. Les fermiers forment généralement des associations de ce type en accordant une importance particulière aux aspects épargne et accès aux ressources sur une base rotative. Certaines de ces associations fonctionnent avec des règles et des statuts. La majorité d'entre elles sont, de fait, fortement réglementées, mais opèrent sur la base de règles formelles non écrites. Pour les membres, l'épargne est obligatoire et doit se pratiquer sur une base régulière, habituellement en fonction des jours de marchés. Les emprunts ne sont pas utilisés pour l'acquisition de produits consommables. Ils sont utilisés pour des usages tels que par exemple le paiement des frais de scolarité ou des travaux effectués dans les fermes. Le remboursement des emprunts est assuré grâce au contrôle social existant au sein de ces sociétés. Les membres ne reçoivent habituellement pas d'intérêts sur les dépôts et les conditions des prêts sont favorables. Il n'est pas fait mention de la manière dont on traite les cas de non remboursement des prêts. On suppose que le contrôle social suffit à assurer la pérennité d'une association d'épargne et de crédit . Cependant, la base de l'épargne est trop réduite pour l'accumulation ou pour des crédits nécessaires à des investissements majeurs. Jusqu'à présent, il semble qu'il y ait eu peu de reconnaissance des pratiques financières autochtones existantes par les institutions formelles de crédit.

Enseignement : Les associations autochtones rurales d'épargne et de crédit existantes ne sont pas encore reconnues par le secteur financier formel. La collaboration sur une base équitable augmenterait l'impact des institutions formelles, ainsi que le potentiel d'investissement dans les zones rurales

 

13

Pays
Népal

Domaine
Développement communautaire

Technologie
Gouvernance et transparence

Détenteurs des Connaissances
Communautés au Népal

Source
Lier l'offre de l'aide alimentaire d'urgence au développement - Une question de bonne gouvernance. Upadhyaya K. et Beier, M., Katmandu 1993

Application: Des communautés assurent la transparence lors de la distribution de l'aide alimentaire

Pour s'assurer que l'aide alimentaire atteint la population ciblée, un programme dit ''Food for Work''(nourriture contre du travail) du gouvernement népalais assisté par GTZ, a déterminé en consultation avec les villageois, qu'utiliser des distributeurs locaux et assurer la supervision de la distribution de nourriture par la communauté, serait la manière la plus appropriée de mener à bien cette tâche. Au lieu de camions couverts, des chariots tirés par des bœufs furent utilisés pour le transport. Cette approche eut plusieurs avantages. Utiliser les chariots a permis aux communautés rurales concernées d'obtenir un revenu supplémentaire, ce qui bien sûr n'aurait pas été possible si des compagnies de transport par camions de la ville avaient été utilisées. La charge d'un chariot correspond à une mesure utilisée localement et les quantités distribuées pouvaient donc être facilement calculées par les membres de la communauté. Les chargements pouvaient ainsi être estimés facilement et par tout le monde, et toute perte ou allocation inappropriée pouvait être remise en cause publiquement. D'autre programmes similaires dans le pays ont fini par adopter cette approche.

Enseignement: Utiliser les unités de mesure et les moyens de transport locaux pour la distribution en gros de riz, dans le cadre d'un programme ''nourriture contre du travail'', facilite la transparence et permet la bonne gouvernance au niveau local

 

14

Pays Sénégal

Domaine
Santé, éducation, organisation

Technologie
Auto-prise en charge

Détenteurs des Connaissances
Groupes de femmes Bambaras

Source
University of Florida, Notes CA, contact : mailto:pcmohan@worldbank.org
Article: Notes CA Octobre 1998

Application: Des sénégalaises en milieu rural abolissent la circoncision féminine dans leur communauté.

Des femmes de Malicounda au Sénégal décidèrent que le problème qu'elles souhaitaient régler étaient la coutume de la circoncision féminine - pratiquée dans les communautés Bambaras/Mandingues et Pulaars, mais non dans celles de la majorité Wolof. En s'informant sur ce qui est pratiqué ailleurs et sur les effets de la circoncision sur la santé et la vie sexuelle des filles, elles développèrent toute une série d'arguments et finirent par convaincre le conseil du village d'abolir officiellement cette pratique. Non satisfaites des résultats, elles constituèrent alors une équipe (comprenant aussi quelques uns de leurs époux acquis à la cause) ayant pour but de rendre visite aux villages avoisinants, y parler aux femmes et les aider à obtenir gain de cause au sein de leur propre communauté pour ce qui concerne l'abolition de la circoncision féminine. En janvier 1998, un congrès regroupant 16 villages de la région - dont les habitants étaient tous de lignage Bambara ou Mandingue-s'était tenu pour discuter des changements à adopter concernant cette pratique et adopter la "Déclaration de Malicounda." On entendit parler de cette initiative jusqu'en Casamance, région du sud du Sénégal, où un autre groupe de 16 villages (de lignage pulaar) a tenu une conférence similaire pour adopter la même déclaration. Le Président Abdou Diouf du Sénégal lui-même proposa que le "Serment de Malicounda soit adopté au plan national.

Enseignement: Mobiliser l'opinion publique contre l'ordre établi peut aider à modifier des pratiques culturelles discriminatoires

 

15

Pays Sénégal

Domaine
Développement communautaire, environnement

Technologie
Auto-prise en charge, diversité biologique, conservation

Détenteurs des Connaissances
Villageoises de Popenguine

Source
University of Florida, Notes CA, contact : Pmohan@worldbank.org

Application: Des efforts communautaires et publiques permettent de remettre en état la réserve naturelle de Kër Cupaam et de contribuer à la diversité biologique.

La flore et la faune de la Réserve Naturelle de Popenguine, où font halte de nombreux oiseaux migrateurs qui suivent la côte atlantique de l'Afrique de l'Ouest, ont été sévèrement endommagées par la sécheresse, l'augmentation des pâturages et la collecte du bois à brûler. Afin de restaurer la réserve, un groupe de femmes créa l'Association des Femmes de Popenguine pour la Protection de l'Environnement. L'association installa un pare feu végétal autour de la réserve, replanta des espèces locales fournies par une pépinière créée à la même époque, et forma de jeunes volontaires venant des zones urbaines environnantes dans le domaine de la conservation de la nature, lesquels finirent également par effectuer la plupart des travaux (physiques) dans la réserve. Les femmes réussirent non seulement à régénérer la biodiversité locale et à restaurer la végétation naturelle de la zone, mais leurs efforts contribuèrent apparemment aussi à la réapparition d'espèces animales que l'on n'avait plus vu dans cette région depuis des années : porcs épics, mangoustes, patas, chacals, civettes, etc. Pendant les huit années qui suivirent, l'association utilisa d'abord ces propres ressources puis d'autres fournies par des bailleurs de fonds. La restauration de l'écologie de la réserve a susciter la création de diverses activités touristiques dont bénéficie réellement la population.

Enseignement: S'approprier les ressources naturelles par le biais des communautés locales contribue à la préservation de la diversité biologique et permet d'obtenir un revenu additionnel.

 

16

Pays Sénégal

Domaine
Associations d'épargne et de crédit

Technologie
Associations d'épargne et de crédit

Détenteurs des Connaissances
Communauté du village de Fandène

Source
University of Florida, Notes CA, contact : pmohan@worldbank.org

Application: Créer des banques locales avec responsabilité de groupe.

Fandène est un village situé à six kilomètres de Thiès au Sénégal. Il était autrefois le siège d'une mission et d'un centre communautaire catholiques. En 1987, les résidents de Fandène créèrent leur propre mutuelle d'épargne et de crédit. Cette mutuelle possède à présent des branches dans vingt villages voisins, musulmans et chrétiens. Ce réseau, dont la branche de Fandène est entièrement autogérée et dont les autres sont en voie de l'être, a progressivement amassé un capital de vingt millions de francs CFA. Les diverses branches reçoivent des demandes de prêts de la part de groupes et d'individus de la région sous forme écrite qu'ils évaluent eux-mêmes. Une assistance technique est également offerte pour aider les emprunteurs à tirer le meilleur bénéfice des prêts qu'ils contractent. Les institutions d'épargne dans chaque communauté collectent les remboursements dont le taux d'intérêt annuel est de 15% et réinvestissent les profits dans leur propre développement institutionnel et dans des programmes de services sociaux locaux. Le réseau de Fandène a aussi constitué des équipes offrant des conseils techniques aux groupes dans des quartiers à bas revenus des villes voisines de Thiès et Dakar, qui souhaitent mettre sur pied leur propre programme d'épargne et de crédit.

Enseignement: Des associations d'épargne et de crédit établies au niveau des communautés locales et contrôlées par elles, facilitent l'accumulation du capital dans les zones rurales.

 

17

Pays Sénégal

Domaine: Santé

Technologie
Santé maternelle et infantile

Détenteurs des Connaissances
Femmes de Saam Njaay, dans la région deThiès

Source
University of Florida, NotesCA, contact : mailto:pcmohan@worldbank.org

Application: Des cliniques autogérées dans la campagne sénégalaise, permettent une amélioration de la santé des enfants.

Un groupe de femmes du village de Saam Njaay au Sénégal a établi un programme de "pesage des bébés" et de santé maternelle. Grâce à des contributions en matériel d'une organisation philanthropique et l'appui de quelques maris, elles étendirent le programme à plus de 15 villages de la région, où les femmes enceintes et les mères de jeunes enfants peuvent se rendre dans une infirmerie pour des consultations et des visites médicales . Le groupe étendit progressivement le contenu du programme qui devint un système complet de médecine préventive, de premiers soins et d'orientation des patients vers le dispensaire régional lorsque nécessaire. Son personnel maintient des fiches détaillées sur les consultations et les traitements et il fut ainsi possible pour le groupe, en début d'année1996, de faire ses propres analyses statistiques, retraçant l'incidence et l'évolution des maladies infantiles dans la région. Ainsi, en tenant compte de plusieurs indicateurs importants, le résultat montre une nette amélioration de la santé des concernés.

Enseignement: S'appuyer sur des organisations locales aide à l'intégration des systèmes de santé traditionnels et modernes pour l'amélioration des soins de santé primaires

 

18

Pays: Burkina Faso

Domaine: Éducation

Technologie
Enseignement primaire. Education des adultes

Détenteurs des Connaissances
Fédération inter-village Nomgana, district de Loumbila

Source
University of Florida, Notes CA, contact : mailto:pcmohan@worldbank.org

Application: Une école primaire de village et une campagne d'éducation des adultes utilisent la langue locale pour faciliter l'apprentissage .

L'association locale Manegbzanga a lancé un programme expérimental utilisant la langue mooré en tant que base pour l'apprentissage du français, dans le cadre d'une campagne d'alphabétisation des adultes. La méthode d'enseignement fut développée avec l'assistance de linguistes de l'université de Ouagadougou. Elle inclue l'apprentissage de la lecture , de l'écriture et de l'arithmétique en langue mooré, qui est aussi la langue de base pour l'enseignement du français. Le programme eut beaucoup de succès et a du faire face à des demandes d'inscription nombreuses de la part d'enfants et d'adolescents, qui n'avaient pu faire l'école primaire. En fin de compte, le programme entier de l'école primaire fut adopté. Il fut mis en œuvre sous la supervision d'instructeurs auparavant au chômage possédant en moyenne neuf ans d'instruction scolaire et spécialement formés dans les nouvelles méthodes. Les tests administrés en Décembre 1996 montrent que les écoliers du centre venaient en tête, avant ceux qui fréquentent l'école primaire de la région faisant partie du système formel, pour le français et les mathématiques, et possédaient en outre une bonne maîtrise de leur langue maternelle écrite. Le niveau de succès des filles (légèrement majoritaire en nombre) du groupe était bien supérieur à celui des garçons.

Enseignement: Outre l'amélioration des performances des élèves quittant l'école, l'utilisation de la langue locale dans le cadre d'un programme d'éducation permet de fournir des emplois à des enseignants et des opportunités nouvelles aux filles.

 

19

Pays: Burkina Faso

Application: Publier dans les langues locales permet l’accès à l’information ainsi que l’augmentation des taux d’alphabétisation..

Dans la région de Gluau au Burkina Faso, à l’est du pays, près de la frontière avec le Bénin, "Tin Tua", une ONG locale établie en 1985 par des membres de la communauté pour ressusciter une campagne d’alphabétisation des adultes qui avait connu peu de succès, a créé un réseau de centres d’alphabétisation dans la langue gulmancéma. Les centres sont présents dans 31 villages de la région. Tous, à l' exception de la capitale du district, manquaient d’écoles primaires. Aujourd’hui, 10,000 étudiants par an fréquentent les centres, dont 41% sont des femmes. Un autre résultat de l’expérience fut le lancement par Tin Tua d’un mensuel : "Labaali", qui a 3 000 abonnés et emploie des journalistes équipés de scooters et de magnétophones opérant dans tous les villages en question.

Enseignement: L’utilisation de la langue locale facilite l’alphabétisation des adultes et en augmente le taux.

Domaine: Education

Technologie: Education des adultes

Détenteurs des Connaissances: Réseau de centres d’alphabétisation dans la région de Gulmu.

Source: University of Florida, Notes CA, contact : pmohan@worldbank.org

 

20

Pays: Ghana

Domaine: Développement social

Application: Une organisation de jeunes introduit la plantation des arbres comme activité commercialement viable et écologiquement saine et permet de résoudre un conflit lié à l’utilisation de la terre.

A Forikrom, une communauté de 6 000 personnes au centre-nord du Ghana, des jeunes gens se sont mobilisés pour intervenir dans un conflit qui est apparu entre un prêtre de la religion traditionnelle locale et des disciples militants, appartenant à une secte protestante, à propos de l’assèchement progressif d’un ruisseau considéré comme étant investi de pouvoirs surnaturels. Les jeunes firent remarquer à juste titre que la déforestation de la zone avait joué un grand rôle dans la perte de la source d’eau, et lancèrent une importante opération de plantation d’arbres, avec l’appui technique de l’Etat et d’ONG, qui fournirent la formation nécessaire. L’initiative a résulté dans le développement de tout un cycle de sessions de formation tenues à Forikrom, l’établissement de la trés rentable culture du teck, ainsi que la diversification progressive des activités agricoles par l’adoption de l’agriculture biologique, sans mentionner l’apaisement du conflit religieux. La communauté est maintenant reconnue à travers toute la région comme spécialiste dans les domaines ci-dessus mentionnés.

Enseignement: Prendre possession des ressources naturelles grâce à une organisation communautaire de base permet de pouvoir utiliser la terre de manière plus rentable et d’obtenir un revenu additionnel, ainsi que de gagner une certaine reconnaissance des compétences et savoirs développés localement.

Technologie: Développement communautaire t

Détenteurs des Connaissances: Villageois de Forikrom, au centre-nord du Ghana

Source: University of Florida, Notes CA, contact :pmohan@worldbank.org

 

21

Pays: Mali

 

Domaine: Développement social

Application: Des associations villageoises parviennent à un accord concernant les prix aux producteurs, grâce aux négociations collectives.


Les associations villageoises ou AV, représentent les producteurs de coton vis-à-vis de la Compagnie Malienne des Textiles (CMDT), dans la région de Koutiala au sud du Mali. En 1989, les représentants des différentes associations régionales avaient réussi ensemble à mettre en échec une politique défavorable adoptée par la CMDT, concernant la responsabilité financière des associations de producteurs. Fortes de ce succès les associations de villages s’unirent une fois encore pour s’opposer à une décision de la CMDT d’augmenter les salaires de son personnel en faisant indirectement payer cette augmentation par les producteurs. Les AV élirent une délégation pour négocier, mais la direction de la CMDT inquiète à cause de l’instabilité politique sévissant à l’époque au Mali , refusa toute négociation avec le mouvement des paysans. En conséquence, les AV appelèrent les producteurs de coton à la grève. Pendant deux mois les associations refusèrent de livrer leur coton à la CMDT. Finalement, la CMDT finit par accepter le principe des négociations collectives avec une ONG représentant les producteurs. Ainsi naissait le SYCOV : Syndicat des Producteurs de Coton et de Vivrier. Cette organisation qui fonctionne en utilisant deux langues, le bambara et le français, a continué à grandir et elle fait à présent partie du paysage institutionnel et politique du Mali, établissant au niveau national le droit légalement reconnu des paysans, de participer à toutes les décisions les concernant. Le SYCOV organise aussi des cours de formation en français écrit et parlé pour les membres représentants des AV d’expression bambara et exige l’utilisation des deux langues pour tous les documents et toutes ses réunions.

Enseignement: L’environnement politique, des besoins pressants et des compétences organisationnelles locales, transforment un syndicat de paysans en un acteur politique national .

Technologie: Développement organisationnel, auto-prise en charge; développement institutionnel , gouvernance

Détenteurs des Connaissances: Associations de villages dans la région de Koutiala

Source: University of Florida, NotesCA,

Contact : pmohan@worldbank.org

 

 

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Pays: Ghana

 

Domaine: Développement social

Application: D’anciens villageois ayant immigré en ville aident leur communauté d’origine.


Pendant plus de 50 ans Mafi-Kumase possédait un accès facile aux institutions d’enseignement primaire et secondaire environnants, grâce à la présence de missionnaires et au dévouement de ses résidents. De nombreux jeunes membres de cette communauté ayant acquis une instruction, allèrent éventuellement s’installer à Accra, à la recherche d’opportunités professionnelles. Comme le veut la tradition, ils maintinrent des relations très étroites avec leur communauté d’origine. En 1960, ils créèrent une association de jeunes appelée "MAKAYA" (Mafi-Kumase Area Youth Association) pour servir de lien avec leur communauté d’origine et appuyer son développement. Par la suite MAKAYA devint la force motrice pour le lancement d’une série d’investissements et d’activités de développement communautaires dans la région du village. Grâce à ses contacts dans la capitale et à l’étranger, l’association a été en mesure de collecter des fonds auxquels les villageois eux-mêmes n’auraient pas pu avoir accès, et de faire en sorte que des réponses favorables soient données par l’administration ghanéenne, particulièrement aux demandes d’autorisations pour divers projets et investissements. En outre, l’association organise chaque année au printemps, à Mafi-Kumase, une conférence et une assemblée générale de trois jours , au cours desquelles les membres de MAKAYA, les résidents du village et les dirigeants locaux discutent des besoins prioritaires de la région, des résultats des projets en cours et des perspectives d’avenir.
Enseignement: D’ancien ruraux forment une association, collectent des fonds pour des transferts et œuvrent à influencer les pouvoirs publics pour obtenir des appuis pour leur communauté d’origine.

Technologie: Auto-prise en charge, développement institutionnel, transfert de ressources financières

Détenteurs des Connaissances: Communauté villageoise de Mafi-Kumase et certains de ses membres urbanisés (région de la Volta)

Source: University of Florida, NotesCA, contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Mali

 

Domaine: Développement social

Application: Des centres de gestion basés dans les villages produisent un deuxième niveau dans la structure de gouvernance locale
Pour améliorer leurs performances en matière de gestion, les associations de village du sud du Mali créèrent en 1993 une institution chargée de l’audit de leurs comptes et de la fourniture d’assistance technique aux leaders locaux pour les questions financières. Cette structure est devenue "Le Centre de Gestion de Koutiala"; dont une nouvelle branche vient juste d’être ouverte à l’Office de la région du Niger. Les membres du personnel du centre sont recrutés dans les associations de villages. Le personnel est formé par et bénéficie de l'assistance technique extérieure, qui joue un rôle réduit. Le contrôle des activités du centre est effectué par un conseil d’administration qui est lié à la Fédération des associations de villages du sud du Mali. Le centre est supposé opérer entièrement sur la base d’un budget provenant des revenus générés par la vente de ses services aux associations de villages. C’est ainsi qu’il est en partie "filiale", propriété de la Fédération, et en partie cabinet d’audit privé. Au stade actuel, le centre est encore partiellement dépendant des financements extérieurs, mais il a réussi à passer la première phase de son existence et être operationnel, et son institutionalisation préliminaire est en cours. De fait, il fournit des services pour lesquels il existe un besoin et génére des revenus. Le centre démontre ainsi que des associations locales sont capables de devenir financièrement indépendantes en offrant des services de plus en plus complexes.


Enseignement: Les centres de gestion démontrent l’aptitude des associations locales à devenir financièrement indépendantes, grâce à un processus d’appropriation.

Technologie: Développement institutionnel; Auto-prise en charge

Détenteurs des Connaissances: Associations de villages au sud du Mali

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

24

Pays: Mali

Domaine: Développement d’enterprise

Application: Le développement des compétences dans le secteur informel décline aprés l’abandon de la composante alphabétisation d’un programme de formation.

En 1991 un programme appuyé par les bailleurs de fonds visait à améliorer le niveau des compétences des propriétaires de petites industries et des artisans du secteur informel dans la capitale. Comme résultat, des associations d’artisans furent formées, des mutuelles d’épargne et de crédit furent établies, gérées par l’association. Des sessions de formation en gestion, en petite comptabilité et concernant diverses approches en matière d’innovation technologique furent organisées. Des prêts furent fournis pour l’investissement. Le programme a permis à de nombreux artisans du secteur informel d’acquérir de nouvelles compétences techniques et de s’associer afin d’améliorer les conditions de travail et obtenir les crédits nécessaires. En outre, les associations ont réussi à gagner plusieurs contrats que les artisans n’auraient jamais été capable d’obtenir à titre individuel et purent donc ainsi accéder à un marché plus grand pour leurs produits. Cependant, la composante alphabétisation du programme a eu peu de succès. Trés peu de participants acquirent les compétences nécessaires à la prise en charge complète de la gestion des nouvelles associations; où purent bénéficier de la confiance nécessaire pour pouvoir traiter avec les institutions commerciales banquaires et présenter des offres compétitives pour obtenir des contrats pour des produits manufacturés. En outre, le niveau des activités commença à plafonner après le retrait de l’Organisation Mondiale du Travail et le futur, d’aprés les rapports les plus récents, demeure pour le moins incertain.
Enseignement: Le manque d’instruction et les difficultés d’accès à l’information dues à l’analphabétisme, nuisent aux organisations d’auto-prise en charge qui, sans cela, pourraient réussir.

Technologie: Secteur informel

Détenteurs des Connaissances: Artisans du secteur informel à Bamako

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication ), contact : pmohan@worldbank.org ou l’Organisation Internationale du Travail: ‘’International Labor Organisation’’, ILO

 

 

25

Pays: Niger

Domaine: Développement social , environnement

Application: Limites à l’auto-gouvernance dans le cadre de programmes de gestion des ressources naturelles.
Cette initiative est un programme de gestion des ressources naturelles novateur, qui vise à assurer la sécurité alimentaire, la conservation des ressources naturelles, ainsi qu’à promouvoir le contrôle local du procesus du développement dans 50 communautés. Il devait débuter avec le développement commercial des ressources en terres boisées, grâce à la planification de l’utilisation des terres au plan régional et à une meilleure organisation de la fourniture d’intrants agricoles. Il devait aussi inclure l’établissement de conseils d’agriculteurs qui dirigeraient toutes les activités de conservation des sols au niveau du département. L’approche retenue pour la mise en oeuvre impliquait des négociations honnêtes avec les homologues des villages, la participation active de la population dans le diagnostic des problèmes liés à l’environnement et le développement d’interventions nouvelles . Elle incluait également la prise en compte des avis des anciens et des opinions exprimées par tous les groupes de dépositaires d’enjeux. Cependant, les composantes alphabétisation ou formation technique ne furent pas intégrées dans le projet. Les difficultés ont été augmentées par le fait que dans cette zone rurale, le taux d’alphabétisme est l’un des plus bas au monde. La traduction des contrats dans la langue locale a en fait nécessité beaucoup de temps, bien que n’étant utile qu’à une petite minorité des habitants du village. Le manque de "capitalisation intellectuelle" générée par le projet, semble avoir essentiellement oeuvré contre la prise de responsabilité au plan local pour toute l’opération. En outre, les trés modestes compétences techniques des participants ne leur ont pas permis de capitaliser sur le potentiel que de nouveaux investissements financiers et agricoles auraient créés et que les concepteurs du projet espéraient susciter.
Enseignement: La participation, l’utilisation de la langue locale, l’implication des dépositaires d’enjeux, l’utilisation des connaissances autochtones sont des conditions nécessaires mais non suffisantes au succès des projets. Sans leur appropriation intellectuelle par la population locale, les innovations ne peuvent être soutenables.

Technologie: Renforcement des institutions, auto-prise en charge,
gestion des ressources

Détenteurs des Connaissances: Association d’agriculteurs dans la région de Filingué

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication) contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Sénégal, Burkina Faso

Domaine: Education

Application: La renaissance de la langue pulaar dans le Sahel

Depuis 1986 l'organisation"ARED" (Association pour la Recherche sur l'Education) s'est dédiée à la publication de matériel de lecture en langue pulaar pour les apprenants du nord ouest du Sénégal. Ceci constitue un des effort déployés au Burkina Faso, y compris celui coordonné par l'APESS (Association Peulh pour l'Education et la Science), pour assurer la promotion de l'utilisation des différentes variantes régionales de la langue fulfuldé, qui est celle des Peulhs-un groupe ethnique ancien que l'on trouve du nord du Cameroun à la côte atlantique, mais qui rarement constitue la majorité dans les régions ou il est présent. Les activités de l'ARED ont été énergiquement appuyées par des représentants des associations pulaar qui ont émigré en Arabie Saoudite, en Egypte, au Maghreb et en Europe. Cet appui a permis à l'ARED de produire toute une série de livres et de journaux en langue pulaar et de donner un nouvel élan à la campagne d'alphabétisation des adultes. Savoir lire et écrire en pulaar est devenu symboliquement un honneur dans les sociétés villageoises de cette partie du Sénegal, et les campagnes d' alphabétisation lancées sur cette base ont grandement contribué au renouveau culturel dans toute la région.

Enseignement: L'alphabétisation des adultes est plus facile lorsqu'elle est basée sur les langues locales, et peut ainsi contribuer au renouveau culturel d'un groupe ethnique minoritaire.

Technologie: Education des adultes

Détenteurs des Connaissances: Associations des utilisateurs de la langue pulaar dans le Sahel

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org
pmohan@worldbank.org

 

27

Pays: Niger

Domaine: Développement social

Application: Une coopérative de bûcherons gère et commercialise des produits forestiers

Les bûcherons de Makalondé et Kouré vendent du bois à brûler aux gens se rendant à, ou venant de Niamey. Ils décidèrent de former des coopératives afin de mieux organiser leurs activités et préserver les ressources forestières. Ils demandèrent ainsi l'aide du projet dit "Projet Energie" de Niamey et purent ainsi prendre part à plusieurs courtes sessions de formation sur l'extension forestière. Aujourd'hui, leurs affaires rapportent en moyenne 200 000 Frs. CFA par an et par bûcheron, plus 400 000 francs pour la communauté, également chaque année, qui sont en grande partie réinvestis dans des programmes sociaux localement conçus. Cependant, la production est en diminution à cause de la distance des lieux où se trouvent les arbres morts, dont la quantité susceptible d'être collectée est par ailleurs limitée par les bûcherons eux-mêmes. Afin de mieux conserver la base de leurs ressources, ceux-ci ont déterminé leur propre quota d'arbres à abattre, qui se trouve être bien en deça de celui autorisé par l'administration d'Etat en charge des forêts. Dans le cadre de leurs activités, les groupes (de bûcherons) commencèrent à planter de nouveaux arbres. En même temps, les membres des coopéeratives prenaient conscience qu'ils étaient encore incapables de gérer seuls et avec succès leurs affaires. Toute la comptabilité par exemple est tenue par le seul membre de la communauté (un marabout) qui sache lire et écrire. C'est ainsi, qu'à présent, ils sont en train d'établir un centre local d'alphabétisation.

Enseignement: Fondée sur un besoin et sur une demande effective, une cooperative de production s'appuie sur l'éducation de base pour améliorer sa gestion.

Technologie: Auto-prise en charge

Détenteurs des Connaissances: Bûcherons de Makalondé

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: d'Afrique australe

Domaine: Education

Application: Arrangements permettant d'entrer dans des universités des pays d'Afrique australe,'à un âge mûr'.

Un certain nombre d'universités de pays d'Afrique australe ont décidé d'adopter un programme permettant à des étudiants potentiels d'âge mûr, ayant dépassé l'âge scolaire, d'accéder à l'enseignement supérieur. Ceci constitue une priorité d'une importance particulière pour des pays, tels que l'Afrique du Sud, où l'instabilité due à la révolution sociale a dénié à de nombreux étudiants potentiels l'opportunité de suivre des études universitaires normales. Au Zimbabwe et au Botswana, 10 à 20% des étudiants appartiennent à cette catégorie. Une étude concernant leurs caractéristiques, leurs réussites et leurs échecs, démontre qu'ils réussissent mieux que la moyenne, mais qu'ils sont singulièrement sous-représentés dans les sciences naturelles, où les préjudices à leur encontre de la part des enseignants, ainsi que le manque de cours de rattrapage disponibles à l'extérieur, ne permettent qu'à trés peu d'entre eux de répondre aux exigences de ces études.

Enseignement: En permettant à des candidats 'ayant dépassé l'âge' d'accéder à l'université, les perspectives locales peuvent être intégrées dans la science académique.

Technologie: Enseignement supérieur

Détenteurs des Connaissances: Enseignants

Source: Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication ), contact: pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Ghana

Domaine: Développement social

Application: Redéfinir la gouvernance locale

En 1979 les résidents de Nwodua, un village de 640 personnes situé à 20 kilomètres de Tamale dans le nord du Ghana, ont mis sur pied leur propre programme d'alphabétisation des adultes avec l'assistance d'enseignants de villages voisins. Ces instructeurs étaient payés en nature, par du travail effectué dans leurs champs. Ils étaient remplacés, lorsque ce petit "salaire" cessait de leur convenir. Le groupe d'adultes nouvellement alphabétisés s'engagea par la suite à convaincre l'évêché de l'église catholique d'établir une école primaire à Nwodua, et s'arrangea pour que le village devint le centre d'un nouveau projet d'alphabétisation fonctionnel dans la région de Dagbani. Un des résultats du rôle joué par le village dans le projet d'alphabétisation régional, fut l'établissement d'une "école primaire pour adultes " permanente, au sein de la communauté. Les membres du groupe réussirent par la suite à utiliser ses réalisations initiales pour obtenir des differentes ONG et agences de coopération l'appui nécessaire pour d'autres activités, telles que : l'établissement d'une pépinière à usage commercial et d'une fabrique de savon, l'acquisition et la mise en opération d'un moulin et la construction d'une nouvelle route qui lie le village à la route principale de la région. Cependant, l'aspect le plus remarquable de cette expérience est sans doute la manière dont les résidents de Nwodua ont remodelé le système de gouvernment de leur communauté, afin de pouvoir exécuter les activités du programme. Une large part d'autorité a été transférée le plus facilement, du chef traditionnel à un "Comité du Développement Général" élu, dont les membres sont les initiateurs des divers projets. Ce comité a créé à son tour toute une série de sous-comités aux fins de supervision des différents projets socioéconomiques en cours.

Enseignement: Des villageois réalisent la valeur de l'instruction, mettent sur pied, par eux-mêmes, un programme d'alphabétisation des adultes et transforment progressivement leur communauté.

Technologie: Gouvernance

Détenteurs des Connaissances: Villageois de Nwodua

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : mailto:pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Développement social

Application: Développement de la petite industrie pour les femmes

En 1990 dans le district de Goughin à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, des femmes formèrent leur propre groupe "Song Taaba", afin de réunir la somme de 150,000 Francs CFA ($300), pour constituer un capital pour des investissements. Elles purent ainsi -grâce à des compétences nouvellement acquises-- s'enganger dans la fabrication de beurre "soumbala", de savon et de beurre d'arachide, tout en commercialisant leurs produits et en assurant elles-mêmes la tenue des comptes, ainsi que les comptes-rendus des séances des réunions de leur association. L'alphabétisation avait en effet contribué au développement de ces compétences et avait aussi fourni le cadre institutionnel pour cette importante initiative de femmes. Cependant, le programme d'alphabétisation seul, n'a pas permis de doter les participantes des compétences requises pour la gestion et le développement d'affaires du type mentionné. Manquant de confiance en leurs propres aptitudes pratiques, les membres choisirent donc en guise de personnel, des femmes qui avaient soit fréquenté l'école primaire elles-mêmes ou qui avaient des filles à l'école primaire ou secondaire, susceptibles de les assister dans leur travail. Cette solution n'a pas trés bien fonctionné et petit à petit les membres nouvellement alphabétisés occupèrent les postes de gestion. Le groupe obtint le statut de coopérative en 1992 et réussit en 1995 à commercialiser douze tonnes de soumbala, parmi d'autres produits. 'Song Taaba' est à présent en train d'établir un réseau de groupes de femmes à travers tout le centre du pays, afin de pouvoir collaborer ensemble à la promotion de leurs produits. Le groupe a, dans le même temps, étendu son programme d'alphabétisation, afin de permettre aux membres de ces groupes nouvellement formés, d'acquérir les compétences nécessaires pour les affaires.

Enseignement: Des femmes orientées vers les affaires réalisent la valeur de l'alphabétisation pour une meilleure gestion.

Technologie: Education des adultes, auto-prise en charge

Détenteurs des Connaissances: Groupe de femmes d'affaires "Song Taaba"dans le district de Goughin

Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Ouganda

Domaine: Education

Application: Fournir une éducation primaire de base aux enfants ayant quitté l'école.

Afin de permettre à des enfants ougandais qui n'ont pas été en mesure de fréquenter l'école primaire d'acquérir une instruction de base, un programme d'alphabétisation et de développement d'aptitudes en calcul et de ''compétences nécessaires à la vie'', fut conçu avec l'assistance de bailleurs de fonds. Cependant, la réaction au programme fut modérément enthousiaste, a cause semble-t-il de la tradition en Afrique de l'Est, qui veut que les écoles informelles céées à partir d'initiatives locales, finissent par intégrer le système formel. Poutant, deux résultats inatendus et intéressants sont à signaler : (1) les filles ont su saisir cette occasion bien plus que les garçons et, (2) les résultats à travers les districts se sont avérés inversement proportionnels au nombre d'ONG; surtout parce que ces dernières avaient tendance à provoquer des distortions dans ce qu'on pourrait appeler ''le marché de l'action volontaire locale'' et des instructeurs à faible coût, en fournissant gratuitement les notes polycopiées et de généreux suppléments de salaires pour les participants.

Enseignement: Fournir un complement à l'éducation formelle peut permettre d'obtenir un impact plus élevé, si les systèmes locaux d'éducation non-formelle sont considérés dans la mise en oeuvre des projets.

Technologie: Education primaire

Détenteurs des Connaissances: Enseignants

Source: University of Florida, NotesCA (à publier), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Ghana, Burkina Faso, Guinée

Domaine: Education

Application: Ecoles coraniques (musulmannes) en tant qu'alternatives à l'éducation formelle

Trois communautés ouest-africaines - Kambguni au sud-est du Ghana, Menengou au nord du Burkina Faso et Niagara dans l'est de la Guinée - fournissent des exemples frappants d'un type de développement des ressources humaines longtemps présent dans la région mais rarement reconnu officiellement. Il s'agit de l'application dans des activités de développement, d'aptitudes à la lecture et de compétences techniques acquises grâce à l'instruction musulmanne. Dans les trois cas, des adultes formés dans les écoles coraniques ont pu assumer les fonctions clés de comptabilité dans des entreprises locales et communautaires. Dans les cas guinéen et burkinabé, des ONG ont joint leurs efforts et ont aidé au développement de systèmes comptables et de matériel de formation agricole, utilisant l'alphabet arabe pour la transcription des langues africaines locales.

Enseignement: Se baser sur les systèmes traditionnels d'éducation permet l'alphabétisation et éventuellement de fournir des opportunités d'emploi aux jeunes qui n'ont pas fréquenté les écoles formelles.

Technologie: Education primaire

Détenteurs des Connaissances: Enseignants des écoles coraniques à : Kambguni/ Ghana, Menengou/ Burkina Faso et Niagara/ Guinée

Source: University of Florida, NotesCA (à publier), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Mali

Domaine: Education

Application: Utiliser les programmes d'alphabétisation dans les langues africaines pour faire de la formation pour les entreprises locales

Des jeunes appartenant à une association locale ont démarré un programme d'alphabétisation dans leur communauté en appui à une initiative de création d'entreprises. La langue locale, le bambara, est utilisée dans ce programme. Une association professionnelle fut ainsi formée. Afin de pouvoir en faire partie, les candidats doivent d'abord passer un examen écrit de langue bambara. Seuls ceux qui réussissent à cet examen peuvent se présenter aux élections pour les postes de direction de l'association. Les comptes concernant les revenus et les dépenses sont tenus en bambara . A peu près la moitié du personnel est composée de diplômés de l'enseignement primaire ou de personnes qui ont quitté l'école après trois à huit ans de scolarité. En outre, tous ont pris des cours d'alphabétisation pour apprendre l'écriture en bambara et pour se rafraichir la mémoire en matière d'arithmétique. L'association de jeunes gère une série d'entreprises locales avec l'aide de personnes formées dans le cadre du programme. Le groupe a été en mesure d'obtenir d'une banque commerciale (et récemment de rembourser) un crédit de 32 millions de Francs CFA .

Enseignement: L'utilisation de la langue locale pour l'instruction est source de cohésion au sein d'une association professionnelle, et fait partie des exigences formelles requises pour faire fonctionner cette association de manière économique.

Technologie: Alphabétisation

Détenteurs des Connaissances: Communauté bambara à Niono-Coloni

Source: Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Soudan

Domaine: Education

Application: Service de distribution du courrier par des enfants des rues

Les programmes fonctionnant avec les enfants des rues à Khartoum, la capitale du Soudan, ont découvert que ceux-ci ne pouvaient ni être incités, ni contraints à retourner dans les écoles qu'ils ont quitté ou qu'ils n'ont jamais fréquenté. En vertu de la dure expérience qu'ils ont acquise dans les rues et de la nécessité de ne compter que sur eux-mêmes, ils sont en effet devenus des adultes de manière précoce et doivent être traités comme tels. Le programme le plus réussi pour leur enseigner à être plus responsable et les doter simultanément de nouvelles compétences, est celui qui a capitalisé sur leur savoir acquis dans la rue, pour les aider à créer leur propre affaire, en tant que porteur de courrier à bicyclette, transportant des paquets prioritaires d'un lieu à l'autre, à travers les rues encombrées de la capitale. Comme le dit un proverbe ouest africain, "Envoie un garçon là ou il veut se rendre".

Enseignement: S'appuyer sur les expériences des enfants des rues dans une métropole du tiers-monde, pour leur permettre de créer leur propre affaire.

Technologie: Alphabétisation

Détenteurs des Connaissances: Communauté bambara à Niono-Coloni

Source: Source: University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Sénégal

Domaine: Développement du secteur privé

Application: Normes régissant la formation dans le secteur informel

''Le Groupement d'Intérêt Economique des Artisans du Cuir'' fut formé il y a huit ans pour traiter des difficultés auxquelles faisaient face ses soixante membres pour l'obtention de matières premières (cuir, peaux, colle, teintures, caoutchouc, tissu, fil, etc.), ainsi que ceux liés à l'augmentation du prix de ces intrants, exacerbée par une dévaluation de la monnaie. Aujourd'hui, l'association sert son secteur en instituant des normes, ainsi que des méthodes pour la formation des apprentis, en aidant à la commercialisation de la production et en s'assurant que la fourniture des intrants se fait régulièrement. Comme beaucoup d'autres "groupements d'intérêt économiques" créés dans le pays ces dernières années, le travail artisanal du cuir ne constitue pas une activité d'entreprise moderne ou une profession officiellement régulée. A cause de la nature complementaire du commerce du cuir avec celui d'autres produits de l'artisanat et le nombre important de personnes qu'il emploie, il est considéré comme un des piliers du secteur économique informel sénégalais.

Enseignement: Les associations de producteurs du secteur informel, formées sous des pressions économiques, deviennent éventuellement fournisseurs de services à leurs membres sans pour autant devenir partie intégrante du "secteur formel ".

Technologie: Formation d'associations professionnelles

Détenteurs des Connaissances: Association des producteurs de cuir de Dakar

Source: Source: University ofFlorida, IK-Notes (en voie de publication), contact: pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Santé

Application: Des pharmacies et des cliniques créées localement supplémentent les services de santé publique

Un réseau de pharmacies gérées par la communauté fut créé afin de fournir des médicaments de base, contribuer aux efforts d'éducation en matière de santé et enregistrer les informations sur l'incidence des maladies. La ''Cooperative League of the United States of America''(CLUSA) a fourni la formation nécessaire à la bonne exécution de ces nouvelles tâches. Le conseil administration du réseau a organisé la formation en coopération avec les représentants élus de chaque communauté participante. Le résultat en fut que, durant cette même période, les indicateurs de santé se sont améliorés rapidement.

Enseignement: L'appropriation et le contrôle au niveau local des services de santé permettent d'augmenter leur impact sur la santé publique

Technologie: Soins de santé primaire

Détenteurs des Connaissances: Réseau de pharmacies de village du sud du BF

Source:University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

37

Pays: Afrique du Sud

Domaine: Santé

Application: Intégrer l'éducation non-formelle dans la réforme du système scolaire officiel

La République d'Afrique du Sud a eu à faire face à d'énormes changements en matière d'éducation avec la fin de l'apartheid et l'accession de la majorité au pouvoir. Parmi les défis auxquels il a fallu faire face, figuraient la conception d'un programme d'enseignement qui reflète l'histoire, les aspirations et les besoins de la population dans son ensemble; ainsi que celui qui consistait à répondre aux besoins en matière de formation continue de nombreux jeunes, dont la scolarité avait été interrompue à cause des soulèvements sociaux qui accompagnèrent la transition. La plupart des initiatives concernant la réforme du système éducatif semblent venir du secteur informel, dans lesquels des ONG et le gouvernement se sont impliqués en créant des stratégies permettant aux adultes qui ne sont pas inscrits de poursuivre leur éducation secondaire, et, en élaborant des approches et des contenus (de programmes) répondant à leurs besoins. Les résulats ont été proposés comme modèles pour le renouveau de l'éducation formelle, et la controverse qui s'en est suivi, offre des indications du potentiel et des pièges de la réforme d'un système éducatif conduite par le secteur informel.

Enseignement: Les ONG jouent un rôle intermédiaire important dans la conception d'un nouveau système éducatif qui intégre les besoins locaux

Technologie: Soins de santé primaire

Détenteurs des Connaissances: Réseau de pharmacies de village du sud du BF

Source:University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact : pmohan@worldbank.org

 

38

Pays: Mali

Domaine: Education

Application: Des forgerons traditionnels produisent des outils agricoles modernes

La Compagnie Malienne des Textiles (CMDT), une enterprise semi-publique du sud du Mali impliquée dans la promotion et le marketing du coton, s'est engagée dans un programme d'aide aux forgerons traditionnels des villages, afin qu'ils puissent améliorer leurs techniques de travail ainsi que leurs aptitudes en comptabilité. Ceci devant leur permettre de répondre à la demande croissante en matériel agricole de meilleur qualité ainsi qu'en matière de réparation, également d'équipement ou de matériel agricoles. Les participants purent ainsi apprendre de nouvelles méthodes de travail du métal, developper leurs aptitudes en fabrication et réparation de matériel agricole essentiel, améliorer leurs aptitudes à lire et à écrire, mais aussi obtenir le capital de départ nécessaire à l'extension de leurs entreprises ainsi qu'à pouvoir servir une clientèle plus large .Les services de ces "forgerons modernisés" ont été un élement essentiel dans le développement économique du sud du Mali, durant la dernière décennie.

Enseignement: Se baser sur les artisans traditionnels et le savoir existant, facilite l'introduction de nouvelles technologies et permet d'assurer la durabalité de la mécanisation agricole.

Technologie: Formation professionnelle

Détenteurs des Connaissances: Forgerons au sud du Mali

Source:University of Florida, NotesCA (en voie de publication), contact: pmohan@worldbank.org

 

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Pays: Mozambique

Domaine: Droit coutumier

Application: Des institutions traditionnelles locales assurent l'allocation de manière pacifique des terres au Mozambique, aprés les conflits qui s'y sont tenus.

Suivant l'accord de paix de 1992, sur une période de deux ans, à peu prés un tiers de la population - approximativement cinq millions de mozambicains - y compris des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur des frontières, retournèrent à leurs villages. Nombreux parmi eux avaient passé entre dix et quinze ans loin de leur village. Entre temps, d'autres personnes déplacées avaient occupé leurs demeures et leurs champs. Répondre aux besoins en terres et logements des personnes qui retournèrent dans leur région, sans retirer à ceux qui s'y étaient entre temps installés leurs moyens d'existence, a nécessité une importante entreprise de redistribution des terres. Les estimations les plus pessimistes considèrent que 500 000 transactions concernant des terres se sont faites sur une période de deux ans, prés d'un quart de million de transactions par an. Ces transactions furent toutes effectuées au niveau local par des autorités locales et/ou traditionnelles, utilisant des connaissances autochtones et des capacités locales. Aucune assistance extérieure d'aucune sorte, de la part du gouvernement, de donateurs ou d'ONG n'eut lieu. Cette réallocation massive et rapide a permis aux petits porteurs mozambicains de réactiver l'économie, qui connue une croissance basée sur une impressionnante augmentation de la production agricole. En deux ans aucun conflit ne fut rapporté, excepté dans les cas où le gouvernement avait alloué des terres communales à des intérêts d'affaires extérieurs.

Enseignement: L'allocation à grande échelle de terres basée sur le droit coutumier, s'est avérée plus rapide, moins chère et moins susceptible d'engendrer des conflits.

Technologie: Allocation de terres

Détenteurs des Connaissances: Autorités villageoises traditionnelles

Source: Roberto Chavez, Représentant résident de la Banque mondiale à Maputo de from 1993 à 1997

 

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Pays: Mozambique

Domaine: Santé

Application: Traitement du syndrome post traumatique dans le Mozambique d'aprés-guerre, grâce à des guérisseurs locaux où il y eu plus d'un million de morts civils et militaires.

Au moment de l'accord de paix de 1992, prés de 90 000 combattants avaient survécu au conflit. Les antagonistes des deux bords avaient fait preuve d'une grande brutalité et commis des actes d'atrocités. C'est ainsi que des enfants soldats furent forcés de tuer des membres de leur propre famille pour démontrer leur loyauté aux rebelles. La guerre a causé beaucoup de chocs et de traumatismes, autant chez les civils que chez les combattants. Il n'y avait pas de psychothérapeutes dans le pays pour fournir des traitements (formels) du syndrome post traumatique. Cependant, les guérisseurs traditionnels eurent à traiter de nombreux cas de taumatismes, conséquences de la guerre. En effet, des enfants soldats dont des ONG étrangères se sont occupés, étaient fréquemment amenés chez les guérisseurs traditionnels pour suivre une thérapie. Bien qu'il n'y ait pas de statistiques sur le nombre de cas traités, l'Association des Guérisseurs Traditionnels du Mozambique déclarait que la charge de travail due à ce à quoi on se réferrait comme ''cas mentaux'' causés par la guerre, avaient augmenté considérablement après l'accord de paix. Le processus pour le traitement de ces cas implique des rituels longs et complexes qui varient d'un groupe ethnique à l'autre. Cependant, ils possédaient quelques traits communs : accepter et reconnaitre les atrocités commises ou dont on souffre; demander pardon à l'esprit de la, ou des victimes, ainsi qu'aux membres de leurs familles qui ont survécu; compenser les victimes ou leurs familles, habituellement avec du bétail ou d'autres biens. Des similarités avec des approches thérapeutiques occidentales furent aussi observées.

Enseignement: Il existe un grand potentiel de solutions locales dans les cas de désastres et de situations d'aprés guerre, qui peut être utilisé dans les opérations de secours ou d'assistance.

Technologie: Psychothérapie, PSTST

Détenteurs des Connaissances: Guérisseurs locaux, Mozambique, AMETRAM

Source: Roberto Chavez, Représentant résident de la Banque mondiale à Maputo de 1993 à 1997, Dr. James Gordon, directeur Center for Mind-Body Medicine

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Santé

Application: Utilisation de plantes médicinales pour traiter des problèmes de santé, à la fois des humains et des animaux d'élevage.

On estime que plus de 1000 espèces de plantes en Tanzanie sont utilisées par la médecine traditionnelle pour le traitement de maladies humaines et que plus de 80% des tanzaniens en dépendent. Plus de 100 espèces de plantes sont considérées comme efficaces dans le traitement de 38 différentes conditions pathologiques d'animaux d'élevage, dans les régions d'Arusha, du Kilimanjaro et d'Uhaya. L'utilisation vétérinaire des plantes est répandu dans les communautés de pasteurs deTanzanie, sans être limitée à ces seuls groupes.

Enseignement La connaissance des pratiques de la médecine traditionnelle n'a pas encore suffisamment imprégné les pratiques médicales conventionnelles en Tanzanie, une opportunité ratée pour des traitements peu coûteux.

Technologie: Médecine et médicine vétérinaire

Détenteurs des Connaissances: Maasais, Wapares, Wamerus, Illarusas du nord de la Tanzanie

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Biodiversité

Application: Les tabous permettent de limiter l'abattage des arbres dans la steppe maasai.

Abattre les arbres au hasard est tabou dans la culture des maasais. Seules des prières rituelles, dites avant l'abattage en tant que signes d'amour et d'intimité vis-à-vis de l'arbre, peuvent permettre d'éviter les implications de la violation du tabou. Le rituel n'est exécuté que si un besoin bien déterminé est spécifié à l'avance. Les arbres, rares dans la steppe, ne sont pas seulement utiles pour la fabrication d'outils et de matériel de construction, pour la médecine, pour fournir de l'ombre ou du fourrage, ils sont aussi reconnus pour leur association avec d'autres espèces de plantes et leur intéraction avec l'environnement. Ils servent d'indicateurs de sources d'eau, à déterminer les voies de passage pour le bétail et sont bénéfique pour la faune. Au fil du temps, les maasais ont appris - et intégré cette expérience dans leurs rituels-comment utiliser judicieusement leurs ressources naturelles tout en préservant leur environnement.

Enseignement: Les attitudes culturelles vis-à-vis des plantes (espèces) aident à la préservation de la biodiversité.

Technologie: Environnement. Conservation

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Environnement

Application: Prévisions météorologiques sur la base de l'astronomie et de l'écologie. Les maasais utilisent alternativement certains de leurs pâturages naturels en fonction des saisons. Ceci requiert de prendre des décisions au bon moment quant à où et quand effectuer les déplacements. Les maasais sont en mesure de prédire les sécheresses, ainsi que les maladies liées au changement de température, par l'observation du mouvement des corps célestes combinée avec celle de la date d'émergence de certaines espèces de plantes (ex: Ole Kitolya). De tels " signaux précurseurs " de désastres écologiques sont utilisés pour déterminer toute mesure préventive, se préparer à atténuer les dégats et décider de la manière dont la communauté va utiliser les ressources naturelles. De la même manière, des estimations concernant la fertilité des animaux peuvent être tirées de ces prévisions, avec des implications sur le niveau des taux de peuplement et la densité. Il faut signaler que ce type de connaissances n'a pas encore fait l'objet d'études et de recherches.

Enseignement: L'expertise traditionnelle en astronomie et en prévision météorologique, combinée à la météorologie agricole conventionnelle, peut permettre d'améliorer les prévisions locales concernant les moissons et celles liées à la sécurité alimentaire.

Technologie: Météorologie agricole

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

44

Pays: Tanzanie

Domaine: Environnement

Application: L'utilisation des plantes et des animaux détermine leur classification

Les maasais et les barabaigs apprennent les noms des animaux et des plantes, les caractéristiques de leur comportement et les facteurs écologiques qui permettent à ses plantes de bien venir. Ils acquièrent la connaissance de la classification des plantes et peuvent décrire les facteurs édaphiques et topographiques qui influencent leur distribution et les lieux où elles se trouvent. Ils font des inventaires des espèces et enregistrent celles qui disparaissent. Ils assignent des noms aux plantes et animaux nouveaux. La classification reflète l'utilisation des plantes pour usage médical, social, économique ou culturel, ou d'autres caractéristiques déterminantes, comme celles concernant les plantes vénéneuses. Quelque fois, des traits biologiques ou écologiques des espèces sont reflétés dans les noms qui leur sont donnés. Ces classifications des espèces importantes sont alors incorporées dans les croyances culturelles/ religieuses, les tabous, les mythes ou les légendes.

Enseignement: Une classification qui est basée sur l'utilisation des espèces peut aider à déterminer les exigences de la conservation

Technologie: Botanique. Classification des plantes

Détenteurs des Connaissances: Les Maasais, Barabaigs et Ogieks (Wandorobo)

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

45

Pays: Tanzanie

Domaine: Agriculture

Application: Intégrer l'agriculture dans l'utilisation pastorale des terres dans la région des plaines en Tanzanie du nord.

Les routes migratoires saisonnières des troupeaux des pasteurs s'étendent sur plusieurs centaines de kilomètres, assurant ainsi une utilisation équilibrée des zones de pâturage. Il y a cependant des périodes durant lesquelles la nourriture est insuffisante. Afin de faire face à cette situation, les pasteurs pratiquant l'agriculture (activités agro-pastorales) développèrent trois stratégies : fournir de la nourriture de manière sélective pendant la courte migration, réserver certaines prairies et adopter les pratiques agricoles des communautés de fermiers voisines. Durant les années sèches, les tiges de plants de mais et la paille de légumineuses constituent un supplément à la diète habituelle. D'autre part, les déchets de moisson sont utilisés pour couvrir les sols afin de diminuer l'impact des fortes pluies, retenir l'eau et réduire l'évaporation par la rétention de l'eau dans le sol. L'engrais animal ("Olchala/ M'modiok Oo-nkishu") est utilisé en tant que matière organique nutritive pour les plantes.

Enseignement: Les pasteurs adoptent et adaptent les pratiques agricoles pour éviter les conséquences des sécheresses

Technologie: Agro-pastoralisme

Détenteurs des Connaissances: Fermiers Illarusas, Maasais

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Science vétérinaire

Application: La classification des noms des maladies du bétail permet aux maasais de partager leurs connaissances en matière de diagnostic et de prévention. Les pasteurs maasais connaissent bien par leurs noms divers types de maladies qui attaquent/affectent leur cheptel/bétail. Ils ont développé un glossaire de noms de maladies qui les aide à les diagnostiquer, prévenir et guérir. Les diagnostics des maladies animales sont faits sur la base des symptomes, des causes, ou des vecteurs connus de la dite maladie. Ces connaissnces sont souvent comparables à celles, conventionnelles, des vétérinaires modernes. Les maasais possèdent des compétences assez étendues en matière de diagnostic des maladies contagieuses du bétail, ainsi que des interventions indiquées, y compris la chirurgie et les inoculations. Un exemple intéressant de ces connaissances concerne le traitement et le contrôle de la fièvre catarrhale maligne, connue localement comme "inkutukie olchangit". Bien que les maasais n'aient pas de remède à cette maladie, ils gardent leur bétail strictement éloigné des gnous et des eaux de surface où ceux-ci boivent habituellement durant la période d'accouplement. Pendant des siècles, les maasais étaient convaincus que les gnous étaient les porteurs silencieux de la fièvre catarrhale maligne.

Enseignement: Les taxonomies autochtones existantes peuvent permettre d'améliorer les connaissances des maladies du bétail.

Technologie: Taxonimie

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: IDRC ''Grassroots Indicators for Desertification'' (1996

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Botanique, institution de santé

Application: Partage des connaissnces médicales chez les maasais.

Les connaissances concernant l'utilisation médicale des plantes ne sont pas également distribuées au sein de la société. Les gardiens de troupeaux acquièrent progressivement, grâce à un processus par étapes, des connaissances sur leur milieu, le gardiennage du bétail, etc. Ils apprennent également quelques applications de base et rudimentaires des plantes médicinales. Ces connaissances générales, cependant, sont limitées aux applications simples. Des connaissances plus complexes de l'utilisation des plantes, en particulier concernant la santé reproductive ainsi que la santé mentale, appartiennent aux guérisseurs qui sont présents dans tout groupe ou village. Ils acquièrent leurs connaissances des parents, des anciens, et par l'apprentissage et l'experience. Le guérisseur en chef, le "laibon", cependant, "hérite" ces connaissances. En acquérant les connaissances par héritage (ce qui évidemment n'exclut pas la formation, l'apprentissage et l'expérience), les "laibons" sont les gardiens des connaissances médicales. Ceci assure un certain niveau de qualité, et on pourrait se reférer à eux en tant que "praticiens généralistes".

Enseignement: La distribution hiérarchique des connaissances médicales assure leur application de manière étendue, ainsi que leur protection durable.

Technologie: Plantes Médicales, gestion des connaissances

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source:MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Education

Application: Acquisition et partage des connaissances .

Les maasais et les barabaigs du nord de la Tanzanie ont développé et maintenu des connaissances traditionnelles et des pratiques de gestion et de conservation des ressources biologiques desquelles ils dépendent. Leurs connaissances et pratiques sont empiriques, basées sur l'observation continue, influencées par leur grande dépendance des ressources naturelles. Les connaissances sont incorporées dans les croyances culturelles et religieuses, les tabous, le folklore ou les mythes, autant que dans l'expérience pratique des individus. Les connaissances sont communiquées aux jeunes durant les divers étapes de l'enfance et de l'adolescence. Ceci contribue a l'accumulation de tout un stock de connaissances en matière de santé humaine et animale, en météorologie agricole et concernant l'utilisation de la terre. Une combinaison de méthodes culturelles, empiriques et hiérarchiques permet d'assurer la sauveguarde et l'expansion des connaissances, ainsi que l'efficacité des pratiques existantes. En préférant les concepts utilitaires aux concepts hiérarchiques ou théoriques, les connaissances sont plus facilement partagées. Les résultats probants sont des agents correctifs puissants dans la détermination de l'utilité des connaissances existantes, et constituent des "motivations " pour les développer plus encore.

Enseignement: Les systèmes de connaissances autochtones sont souvent orientés vers l'application. Introduire de nouveaux concepts devrait se faire en utilisant des approches qui sont basées sur, ou compatibles avec les systèmes existants.

Technologie: Institution, gestion des connaissances

Détenteurs des Connaissances: Maasais Barabaigs

Source:MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: Education

Application: Connaissances en matière de soins de santé du bétail des pasteurs maasais, acquises lors d'apprentissages culturellement déterminés.

Les compétences des maasais en matière de santé animale sont dérivés de toute un série d'expériences écologiques acquises en effectuant certains travaux traditionnels. Durant une certaine période de temps, les garçons, filles et guerriers d'une famille sont répartis en équipe, afin de garder différents types de bétail, en fonction des exigences de l'économie pastorale. Par cette pratique de gardiennage, les maasais acquièrent une connaissance intime de la flore et de la faune. Ils développent des compétences en appliquant divers traitements à base de plantes, ainsi que leurs connaissances concernant les effets de ces traitements sur divers lignées génétiques par sexe et groupe d'âge. Ils se forment également à apprendre au bétail à éviter les plantes venimeuses. C'est grâce à la transhumance et à l'utilisation successive de portions différentes de terres de pâturage que les maasais peuvent nommer chaque plante trouvée dans leurs grands pâturages et pâtures, décrire son appétence pour différentes espèces, son caractère saisonnier et nutritif, sa toxicité (si c'est le cas) et ses avantages médicaux.

Enseignement: Comprendre la complexité du milieu et faire en sorte qu'il reste productif, demandent un apprentissage à long terme.

Technologie: Education non-formelle. Elevage animal

Détenteurs des Connaissances:Maasais

Source:MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

50

Pays: Tanzanie

Domaine: Environnement

Application: Le pastoralisme maasai est une forme d'utilisation de la terre viable, dans le cadre d'un environnement fragile.

Les maasais parcourent les terres d'Afrique de l'Est depuis plus de deux millénaires. Les techniques d'élevage, l'observation du milieu, l'utilisation des terres, ainsi que les caratéristiques de la transhumance se reflétent dans la culture des maasais. La division du travail en fonction du sexe et de l'âge; ainsi que la musique, les légendes, la langue, les rituels, le processus de prise de décision et les intéractions avec les communautés voisines sont toutes liées aux exigences de leur activité économique première : l'élevage du bétail. Malgré les constantes pressions extérieures (le commerce d'esclaves, le colonialisme, la sédentarisation dans les villages suivant l'indépendance de la Tanzanie et "l'occidentalisation"), les maasais ont su préserver une culture différente. Cette culture les a aidé à assurer leur existence. Cependant, la croissance de la population en Tanzanie et au Kenya pose un danger à ce mode de vie, par l'expansion des terres cultivées, les pressions d'ordre culturel et la modernisation. Seul le temps permettra de savoir si la culture si distincte des massaais les a doté de la flexibilité et de l'adaptabilité nécessaires aux nouvelles conditions, sans pour cela perdre leur identité.

Enseignement: La culture pastorale des maasais est à la croisée des chemins sous la pression des influences culturelles modernes

Technologie: Conservation de l'environnement.Gestion des terres de pâtures

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source:MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

51

Pays: Afrique de l'Est

Domaine: Environnement

Application: Les sociétés traditionnelles en Afrique de l'Est utilisent des plantes sauvages pour différents usages et moyens de survie

L'Afrique de l'Est et spécialement la Tanzanie, possèdent une des flores les plus riches de l'Afrique tropicale. Les basses terres, les hautes terres, la région des lacs intérieurs, grâce à un climat variable produisent une multitude de biotopes : forêts avec arbres à feuilles (semi-) caduques ou humides, savane et steppe, forêts Miombo; toutes contribuent à cette exceptionnelle biodiversité. Quelques unes des espèces possèdent une valeur économique considérable pour la population rurale. On en fait un usage médical, diététique ou culturel. On les utilise dans la construction ou l'artisanat. Les communautés commercialisent localement certaines de ces plantes. Cependant, cette commercialisation se fait rarement au delà du niveau local.

Enseignement: Etudier la valeur commerciale de diverses plantes sous-utilisées peut permettre de générer des revenus pour les communautés rurales.

Technologie: Biodiversité

Détenteurs des Connaissances: Communautés rurales est- africaines

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

52

Pays: Tanzanie

Domaine: Culture

Application: : Produire du vin à partir du miel pour des usages culturels et rituels, est une activité importante des femmes maasais.

L' "Enaisho Olotorok" (breuvage local fait à base de miel d'abeille) possède une grande importance symbolique pour les maasais et est directement lié à ces rituels et cérémonies qui sont considérés parmi les plus sacrés. L' "Enaisho Olotorok" est préparé uniquement pour l'utilisation cérémonielle et non pour être bu pour le plaisir et n'est pas vendu dans le commerce. Il est préparé pour les cérémonies les plus significatives de la culture maasai, comme pour les prières à caractère psychosomatique, les circoncisions, les mariages et lors des célébrations des promotions obtenues avec l'âge. Les femmes sont les spécialistes, qui préparent le breuvage. L'importance de ces rituels et cérémonies pour lesquels l'Enaisho Olotorok est produit souligne aussi l'importance du rôle des femmes au sein de la communauté.

Enseignement: Comprendre le rôle des femmes dans les cérémonies est essentiel à la compréhension de leur rôle dans la société des maasais.

Technologie: Agro-alimentaire

Détenteurs des Connaissances: Femmes maasais

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

53

Pays: Tanzanie

Domaine: Culture

Application: Produire du vin à partir du miel pour des usages culturels et rituels, est une activité importante des femmes maasais.

L' "Enaisho Olotorok" (breuvage local fait à base de miel d'abeille) possède une grande importance symbolique pour les maasais et est directement lié à ces rituels et cérémonies qui sont considérés parmi les plus sacrés. L' "Enaisho Olotorok" est préparé uniquement pour l'utilisation cérémonielle et non pour être bu pour le plaisir et n'est pas vendu dans le commerce. Il est préparé pour les cérémonies les plus significatives de la culture maasai, comme pour les prières à caractère psychosomatique, les circoncisions, les mariages et lors des célébrations des promotions obtenues avec l'âge. Les femmes sont les spécialistes, qui préparent le breuvage. L'importance de ces rituels et cérémonies pour lesquels l'Enaisho Olotorok est produit souligne aussi l'importance du rôle des femmes au sein de la communauté.

Enseignement: Comprendre le rôle des femmes dans les cérémonies est essentiel à la compréhension de leur rôle dans la société des maasais.

Technologie: Agro-alimentaire

Détenteurs des Connaissances: Femmes maasais

Source: MARECIK N. Ole-Lengisugi; F. Ole-Ikayo

 

54

Pays: Tanzanie

Domaine: Agriculture

Application: Substituer les fertilisants organiques aux engrais chimiques, et traiter les cultures organiquement.

Les petits fermiers wasukumas utilisent du compost vert et du fumier pour accélérer la croissance des cultures précoces. Pour la fumure de couverture de leurs champs, ils utilisent un mélange liquide fait de fumier à base d'excréments de chauve-souris, de cendres obtenues après incinération d'ordures de cuisine, d'éléments composant les monticules construits par les termites, de fumier à base d'excréments de volaille et de chèvre, en quantités traditionnellement déterminées. Ces mélanges non seulement fournissent de l'azote en concentrations élevées (fumier de volaille et de chauve-souris) mais fournissent également d'autres minéraux (cendres). Pour traiter les maladies qui affectent leurs cultures, le traitement des plantes est une pratique commune. Ceci permet de contrôler la noctuelle du maïs, les tiques du bétail et la Hispa armigera (qui affecte le riz) en utilisant l'extrait de "Tephrosia" ou le traitement par poudrage de Neem. Les récoltes sont protégées en utilisant des produits botaniques connus pour offrir une protection sur une longue période de temps.

Enseignement: Utiliser les méthodes locales de traitement des cultures et de lutte contre les parasites permet de réduire les risques pour la santé, ainsi que la dépendance sur des fertilisants chimiques importés, et contribue aussi à assurer la sécurité alimentaire locale.

Technologie: Culture des céréales

Détenteurs des Connaissances: Fermiers wasukumas

Source: MARECIK Alphonce S. Mahuyemba, P.O.B. 195 Kahama, Tanzania

 

55

Pays: Tanzanie

Domaine: Santé

Application: Les guérisseurs traditionnels traitent de manière effective les symptômes du SIDA et fournissent des avis et conseils médicaux aux patients.

Les malades du SIDA Wadigos et Washambaas de la région de Tanga dans le nord-est de la Tanzanie, reçoivent des avis et conseils médicaux et des traitements des guérisseurs locaux. Divers applications à base de plantes, ainsi que des avis et conseils médicaux ont effectivement permis de réduire de manière substantielle l'impact des infestations secondaires sur les malades du SIDA. Ces malades, de la région de Tanga, déclarent qu'ils ressentent moins de douleurs liées aux symptômes du SIDA, après avoir reçu les traitements des guérisseurs, en comparaison aux traitements reçus dans les hôpitaux. Les améliorations observées comprennent la disparition des problèmes de la peau, l'amélioration de l'appétit, le retour de la vision en l'espace de deux semaines seulement. S'appuyant sur les résultats d'une enquête indiquant que les guérisseurs traditionnels ont un meilleur accès aux patients, le groupe de travail régional sur le SIDA est en train de reconsidérer son approche du traitement du SIDA et des MST. La fourniture d'avis et de conseils médicaux, ainsi que le traitement des maladies par les guérisseurs se sont également avérés comme étant plus abordables pour les plus pauvres.

Enseignement: Intégrer les guérisseurs locaux dans les stratégies de prévention et de traitement du SIDA permet d'améliorer l'efficacité des approches et l'accès aux patients les plus pauvres.

Technologie: Traitement du SIDA

Détenteurs des Connaissances: Guérisseurs Wadigos et Washambaas

Source: MARECIK Amand Hayman, Tan-zania Wildlife Ecology and Conservation. Pour plus d'info. contacter : D. Scheinman

 

56

Pays: Tanzanie

Domaine: : Culture

Application : Les croyances traditionnelles fournissent un cadre de référence pour la vie sociale et les activités productives.

Une étude de la mythologie et des croyances religieuses des datogas montre que leur vision du monde est intimement liée à leur environnement physique et à leur mode de production en tant que pasteurs. Les codes moral et légal sont dérivés de leur mythologie, ainsi que de leur dépendance vis-à-vis de l'activité de gardiens de bétail. Leurs rapports avec les groupes ethniques voisins à prédominance maassais ne sont pas toujours pacifiques et sont quelquefois déterminés par le transfert forçé du bétail d'un groupe à l'autre. La dépendance vis-à-vis des vaches trouve son origine dans le mythe de ruminants sauvages tels que l'Élan. C'est ainsi que l'environnement naturel (dont le bétail dépend et fait partie) est autant respecté et révéré que les animaux domestiques. L'origine légendaire des vaches est plus documentée que celle des humains. Les chasseurs et cueilleurs d'autrefois se sont transformés en cultivateurs et gardiens de troupeau, vivant dans les conditions difficiles d'un climat semi-aride.

Enseignement : La mythologie Datoga fournit une base pour une approche participative des programmes de protection de la vie sauvage dans la région.

Technologie: Local institutions

Détenteurs des Connaissances: Datoga (Barabaig) Community in Mbulu District in Arusha Region

Source: MARECIK, Tan-zania Wildlife Ecology and Conservation, Mogan R. Lacey "Milk to the Sunrise" (1998)

 

57

Pays: Tanzanie

Domaine: : Culture

Application : Garçons et filles sont élevés dans une culture favorisant la polygamie et les mariages multiples.

Polygamie et mariages multiples sont des caratéristiques de la culture des maasais, qui permettent d'accroitre la force de travail disponible dans les ménages. Les jeunes gens sont élevés avec l'idée qu'il faut accumuler des têtes de bétail afin de pouvoir se permettre d'épouser plus d'une femme. Les jeunes filles sont élevées de manière à ce qu'elles aient différents guerriers en tant que petits amis et amants. Ainsi, il arrive que plusieurs d'entre elles partagent un même guerrier (et vice versa). L'intensité de telles relations varie en fonction du choix de ceux qui sont impliqués. Ces relations multiples où on s'engage assez tôt, sont considérées comme une préparation pour l'établissement et le maintien de rapports harmonieux au sein d'une famille productive et d'un ménage communautaire, dans le cadre du mariage polygame.

Enseignement : Les travailleurs de la santé doivent être conscients de ce type de situation lors de l'élaboration de campagnes de sensiblisation concernant les maladies sexuellement transmissibles (MST).

Technologie: Santé publique

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK, Tanzania Wildlife Ecology and Conservation, Amy McCormick ''Threads of Women's Lives : Co-wife relations in Maasailand'' (1998)

 

58

Pays: Tanzanie

Domaine: Education

Application : Les contes sont les moyens traditionnels de lier le passé au présent et de transférer les valeurs ethiques d'une génération à l'autre.

Par le biais des contes, les anciens maasais présentent des illustrations des différentes manières de faire utilisées dans le passé et transmettent ainsi, de manière tacite, des valeurs aux jeunes. Les méthodes et styles des narrations sont d'une qualité telle, qu'elles permettent de retenir l'attention de l'audience tout en mettant en exergue les éléments importants du récit. Des chants exprimés avec des voix différentes, certain gestes, des déclarations codifiées, sont quelques unes des techniques utilisées pour dire ces contes. Par exemple, la narration du vol de vaches commence par ''Lolong'o lay'', qui veut dire ''victime de mon bouclier''. La participation du public est importante, les auditeurs expriment leur accord en répliquant ''eee'' pour oui et ''mm''pour d'accord, tout en respirant profondément (mmh).

Enseignement : Les méthodes traditionnelles de transfert de l'information pourraient être utilisées dans les campagnes de sensibilisation, ou dans le cadre de la préparation participative des projets

Technologie: Education non formelle

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK, Tanzania Wildlife Ecology and Conservation, Emily S. Friedberg ''Oral Fixation''

 

59

Pays: Tanzanie

Domaine: : Culture

Application :Travail de décoration des femmes Maasais.

Les femmes Maasais sont les créatrices de beaux bijoux pour les guerriers, qui leur servent de modèles. En tant que jeunes filles, elles conçoivent de jolis bracelets portés au bras, au niveau du coude, à la jambe et à la taille par leurs amants guerriers. En tant que jeunes femmes mariées, elles font des ornements pour les boucles d'oreilles des guerriers, des ceintures pour qu'ils portent l'épée et elles gravent sur leurs corps des emblèmes tribaux. Elles conçoivent des colliers ornés de leurs propres motifs, de plusieurs dimensions et de différents modèles. Elles font de la broderie sur vêtements, sur ceux des guerriers, ceux des membres des communautés voisines (non-Massais), ou même pour les touristes. En tant que mères, elles fabriquent des ceintures pour leurs filles, décorées d'ornements trés colorés. Elles décorent également les calebasses qui servent à garder le lait de vache. En tant que femmes agées, elles deviennent les gardiennes et dépositaires de cet art. Les femmes Maasais possèdent des aptitudes certaines en matière de décoration.

Enseignement : Tenir compte des aptitudes des femmes Maasais en matière d'arts décoratifs pour leur fournir des opportunités de travailler également sur les tissus modernes, leur permettrait d'obtenir un revenu supplémentaire et d'améliorer leur statut économique et social.

Technologie: Artisanat

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK, Tanzania Wildlife Ecology and Conservation, Megha Majmudar ''Beauty and Beadwork among the Maasai'' (1998)

 

60

Pays: Tanzanie

Domaine: : Culture

Application : La circoncision féminine chez les Massais est un élément central dans la manière dont se manifestent les rôles dans leur culture

La société Massai est une société patriarcale. Les mariages des filles sont déterminés par les parents mâles. Le chef de famille mâle décide quand les filles de la famille doivent être circoncises, quand les marier et à qui. Se marier signifie abandonner tous ses droits de jeunes filles ainsi que l'existence heureuse avec les guerriers (voir entrée 57). La circoncision est la porte d'entrée dans la vie conjugale. Toutes les filles Maasais sont circoncises et échangées contre des vaches à l'occasion du mariage Les femmes non circoncises sont considérées comme des jeunes filles et ne seront pas mariées. La circoncision est donc considérée comme symbole de maturité et de responsabilité, un rite de passage de l'état de pubescence à celui de femme mariée. La circoncision en tant que pratique sociale confère à la femme le respect social au sein de la communauté et la reconnaissance du fait qu'elle est prête pour le mariage et en mesure d'avoir des enfants. Il faut noter qu'ici, l'oppression féminine est considérée comme étant associée à la pratique du mariage forcé des filles pubescentes.

Enseignement : Traiter de la question de la circoncision féminine nécessite une compréhension approfondie de l'histoire, des relations de pouvoir et de son rôle culturel spécifique dans la société.

Technologie: Développement social

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARACIK, Tanzania Wildlife Ecology and Conservation, Courtney Snegroff, ''Female Circumcision in Maasai Culture'' (1998)

 

61

Pays: Tanzanie

Domaine: Environnement

Application : La surveillance de la condition des terres de parcours par l'observation de la faune et de la flore.

Les pasteurs maasais pratiquent un contrôle quotidien de l'état de leur base de ressources pour déterminer les tendances concernant les conditions des terrains de parcours et afin d'en détecter les signes avant-coureurs de détérioration. Pour s'assurer de la fiabilité des évaluations, ils ont développé diverses techniques d'échantillonnages et d'enquêtes. Ils observent divers types de fourrage dont se nourrissent le bétail et les animaux sauvages. Ils en examinent la qualité, la quantité et la condition. Des indicateurs communs utilisés sont : le rendement laitier quotidien, la couleur et la texture des fourrures des animaux, la consistance des fumiers des animaux sauvages et des vaches, et l'empiètement de la savane. Aucun de ces indicateurs n'est utilisé de manière isolée, c'est plutôt leur combinaison qui fournit au pasteur expérimenté les premières indications sur la condition des terres de parcours et sur les changements qui peuvent l'affecter. Sur la base de ces observations, les gardiens de troupeaux décident de la manière dont ils vont gérer la situation ou des stratégies à adopter pour faire face à la sécheresse.

Enseignement : Les indicateurs utilisés par les pasteurs pour la surveillance des terres de parcours peuvent être utilisés pour faire partie des systèmes d'alerte avancée, non seulement pour les terres de parcours, mais aussi pour la sécurité alimentaire

Technologie: Gestion des ressources naturelles

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK, N. Ole-Lengisugi, Indigenous Knowledge and Skills in Combatting Desertification and Drought (1998)

 

62

Pays: Tanzanie

Domaine: Elevage des animaux

Application : Les pratiques vétérinaires dans la prévention des maladies contagieuses et dans la chirurgie.

Les pasteurs maasais ont développé leur propres stratégies de prévention et de traitement des maladies contagieuses du bétail, telles que la peste bovine, la péripneumonie contagieuse bovine, l'anthrax/charbon symptomatique, la fièvre aphteuse et la brucellose, parmi beaucoup d'autres. Les herbes médicinales et les préparations à base de plantes sont utilisées comme désinfectants, comme anesthésiques, styptiques, pyrétiques anti-inflammatoires, stimulateurs de l'appétit et agents anti-microbiens. Déterminer les voies d'acheminement du bétail et séparer les animaux malades des autres, sont d'autres éléments de ces stratégies, basées sur des indications précoces des maladies. Les techniques chirurgicales concernaient les corrections des luxations, les réductions des fractures compliquées, les castrations, les opérations obstétricales, les corrections dentaires, les ouvertures et fermetures des orifices des artères, les ablations des organes de la vue défectueux, etc.

Enseignement : Les pratiques vétérinaires traditionnelles constituent une approche peu coûteuse pour l'hygiene du bétail et pour son maintien en bonne santé.

Technologie: Science vétérinaire

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: MARECIK, N. Ole-Lengisugi (1998).

 

63

Pays: Kenya

Domaine: Santé

Application : Utilisation de plantes aux effets antibiotiques

La communauté Giriama dépend des forêts côtières ''arabuho-sokoke'' pour les produits médicaux, la nourriture, etc. Les membres de cette communauté utilisent des plantes pour prévenir ou traiter les maladies infectieuses, les blessures, les boutons, la gale, la diarrhée, la disenterie, la gonococcie et la syphilis. Les annonacées (annonaceae), les papilionacées (fabaceae), les vitacées (vitaceae) sont les familles de plantes les plus communément utilisées. Les tests en laboratoire confirment que la plupart des plantes utilisées traditionnellement pour traiter les infections bactériennes et fongiques, ont eut des effets puissants sur les agents pathogènes testés. Les forêts ''arabuho-sokoke'', uniques en leur genre, sont des biotopes menacés d'extinction, à cause, entre autre, de l'expansion des établissements humains. En cas de disparition de ces forêts, les Giriamas perdraient leur source de plantes médicinales et bon nombre d'espèces uniques de la faune et de la flore, perdraient également leur 'habitat'.

Enseignement : Les connaissances des giriamas sont utiles pour la gestion des ressources menacées d'extinction et fournissent une base pour leur utilisation durable.

Technologie: Botanique

Détenteurs des Connaissances: Giriamas du sud-est du Kenya

Source: MARECIK, N. Ole-Lengisugi (1998).Doris Mutta

 

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Pays: Tanzanie

Domaine: : Élevage des animaux

Application : Une série de pratiques et de stratégies assure la santé reproductive du cheptel.

Les pasteurs Maassais et d'autres ont développé un certain nombre de méthodes pour contrôler et influencer les taux de reproduction et la santé de leur cheptel. Les mesures comprennent : le contrôle des cycles d'accouplement, la sélection et l'abattage des animaux, le renforcement de la libido, les stratégies de sevrage, l'obstétrique du cheptel et les accouchements manipulés. Ces mesures sont appliquées pour assurer la bonne santé d'un animal en particulier, ou pour contrôler le taux de reproduction de tout le cheptel, afin qu'ils réagissent de manière appropriée aux conditions créées par l'environnment et celui des terres de parcours.

Enseignement : Les méthodes des pasteurs constituent des moyens peu coûteux de contrôle de la capacité des charge de bétail et des densités ainsi que du surpâturage.

Technologie: Science vétérinaire traditionnelle

Détenteurs des Connaissances: Maassais. Pasteurs est-africains

Source: MARECIK, N. Ole-Lengisugi (1998) Munyua, et. al.

 

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Pays: Zimbabwe, Mozambique

Domaine: :Culture

Application : Le totémisme est à l'origine des liens unissant les gens, favorisant la coexistence pacifique et constituant un point de départ pour mener ensemble des actions de développement

Une étude des mécanismes qui permettent de faire face aux imprévus tels que guerres et famines dans le nord-est du Zimbabwe a montré que les communautés de cette région frontalière avec le Mozambique,ont cherché à obtenir leur assistance respective et l'ont offerte de la même manière. Ceci s'est fait pour ce qui concerne l'offre d'un refuge, le partage des ressources et même l'éducation des enfants. Ici, les relations sont déterminées par des totems communs. Un totem est un symbole qui représente l'identité d'un groupe donné partageant la même généalogie en tant que clan. Le totem est un objet ou un phénomène de la nature, respecté par ceux qui le considèrent comme sacré, agissant comme une force liant entre eux tant les groupes que les individus. Le totem peut être un mammifère, un oiseau, un poisson ou un reptile. La vie d'une personne est gouvernée par des règles et des normes de comportement, centrées autour de la philosophie du totem. Par exemple, dans les cultures exogames, des personnes du même totem ne se marient pas, parcequ'elles sont considérées comme étant frère et soeur. Dans certaines communautés, une personne décédée n'est pas enterrée sans la participation d'au moins une personne qui partage le même totem que la mère de cette personne décédée. Les valeurs et croyances concernant les totems contribuent à unifier les gens et leur confèrent une identité. Les communautés ont tout à gagner de ce type de relations établies entre elles.

Enseignement : Ceux qui travaillent avec les communautés ont besoin de comprendre les mécanismes et les valeurs qui se manifestent dans le totémisme, pour les programmes de développement ou pour mener à bien les efforts en faveur de la paix dans les zones de conflits

Technologie: Capital social. Résolution des conflits

Détenteurs des Connaissances: Communautés et familles du nord-est du Zimbabwe

Source: ZIRCIK

 

66

Pays: : Zimbabwe

Domaine: Environnement. Santé

Application : Les tabous restreignent l'utilisation abusive des plantes médicinales

Les travailleurs du développement rejettent souvent certaines croyances et comportements comme étant basés sur des superstitions et en négligent les valeurs et fonctions intrinsèques. Dans beaucoup de cas, les superstitions (c'est à dire les tabous) n'ont pas la vocation de transmettre des faits 'scientifiques' mais de façonner la pensée et de contrôler le comportement. Les tabous sont des règles 'sociales' assimilées grâce au processus de socialisation. La peur est liée à la croyance que les violations conduisent à l'infliction de punitions. Les tabous qui ''réglent'' l'extraction des éléments curatifs des plantes ont pour fonction de préserver les plantes médicinales. Par exemple, l'écorce d'un arbre utilisée médicalement doit être enlevée en faisant face aux côtés est et ouest de l'arbre. Des portions d'écorce provenant d'autres côtés de l'arbre sont considérées comme étant sans effets, car on a manqué à cette règle. L'arbre peut ainsi survivre à l'enlèvement de certaines parties de son écorce et est donc par la même géré de manière durable.

Enseignement : Les communautés pourraient considérer le développement de nouveaux tabous pour la bonne gestion des ressources naturelles devenues rares.

Technologie: Biodiversité. Botanique médicale

Détenteurs des Connaissances: Maasais

Source: ZIRCIK, Gelfand M. 1979, Growing Up in Shona Society, Mamba Press, Gweru

 

67

Pays: : Zimbabwe, Mozambique

Domaine: : Environnement. Santé

Application : Les valeurs traditionnelles et les mythes empêchent la contamination de l'eau douce minérale

Dans les régions du centre et de l'est du Zimbabwe et de l'ouest du Mozambique, les populations locales ont diverses manières de protéger les sources d'eau. L'une d'elles consiste à interdire aux membres des communautés d'utiliser des ustensiles ménagers pour puiser l'eau d'une source. Il n'est pas permis d'utiliser des pots, des tasses ou des seaux qui proviennent de la maison. Les membres des communautés doivent plutôt utiliser une gourde spéciale appelée mukombe, qui est à disposition prés de la source de manière permanente pour cet usage. Le mukombe possède une trés longue poignée, ce qui empêche les mains et les doigts (de la personne qui puise l'eau) de tremper dans l'eau de la source, permettant ainsi d'éviter les dangers de contamination. Les tabous et les coutumes font respecter l'interdit.

Enseignement : Le contrôle de l'eau ainsi que certains programmes d'assainissement pourraient s'améliorer si les planificateurs des projets reconnaissent et apprécient les coutumes existantes, qui oeuvrent en faveur de l'utilisation et de la maintenance de telles installations de manière durable

Technologie: Gestion des ressources naturelles. Hygiène.

Détenteurs des Connaissances: Communautés rurales dans le centre et l'est du Zimbabwe et l'ouest du Mozambique

Source: ZIRCIK

 

68

Pays: Zimbabwe

Domaine: Education

Application : Utilisation des tabous dans l'éducation des enfants pour leur inculquer un certain type de comportement.

Les enfants au Zimbabwe savent que ''s'asseoir sur un chemin ou une route cause des furoncles sur les fesses''. À partir de leur expérience directe ou indirecte, les enfants savent que les furoncles peuvent être très douleureux, en particulier lorsqu'on essaie d'en extraire le pus. Ils voient leurs camarades en souffrir et dévelopent ainsi la crainte de s'asseoir sur les chemins et les routes. Cette crainte les empêche de se trouver sur le chemin du bétail et des véhicules de toutes sortes et de ne pas être écrasés. Des principes similaires sont appliqués dans d'autres domaines de l'éducation, comme dans la gestion des ressources. Bien que du point de vue scientifique ce message puisse être faux, sa vérité réside cependant dans le fait que les enfants sont effectivement exposés aux dangers, en s'asseyant sur les chemins et sur les routes.

Enseignement : S'appuyer sur les croyances et tabous dans un contexte de développement exige la compréhension de l'impact que l'on désire obtenir sur le comportement.

Technologie: Education informelle

Détenteurs des Connaissances: : Les anciens et les parents

Source: ZIRCIK , Sadomba W.Z., 1996, Use of Taboos and Proverbs as Oral Archives of Indigenous Knowledge ; Gelfand M. 1979, Growing up in Shona Society, Mambo Press, Gweru

 

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Pays: : Zimbabwe

Domaine: Agriculture

Application : La terre qui compose les fourmilières, utilisée comme engrais, permet d'accroitre la fertilité des sols dans les zones semi-arides

A cause de la l'insuffisance des terres et du manque de ressources financières, de petits agriculteurs du Zimbabwe améliorent la fertilité de la terre agricole pauvre en y répandant de la terre provenant des fourmilières. Avant de planter, cette terre est débarassée des monceaux faits par les termites, puis étalée de manière égale et mélangée au sol sablonneux. Les fourmis blanches sont considérées comme des insectes utiles et sont protégées, car elles fournissent aux agriculteurs un engrais naturel bon marché. Lorsqu'ils prennent de la terre des fourmilières, les agriculteurs s'assurent que celles-ci ne sont pas détruites, afin de pouvoir s'en servir encore plus tard, aprés une certaine période de reconstitution. On rapporte que la productivité de ces terres ainsi traitées, a augmenté.

Enseignement : A cause de contraintes spécifiques, les fermiers développent des solutions basées sur les ressources locales

Technologie: Nutrition des plantes

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs dans les districts de Chivi et Zaka

Source: ZIRCIK , Institute of environmental studies (University of Zimbabwe)

 

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Pays: : Zimbabwe, Mozambique

Domaine: Agriculture

Application : Les fermiers appliquent toute une série de techniques de buttage pour la conservation des sols et des eaux.

La technique de buttage Ngare ou Mhindu consiste à former et aligner des mottes de terre sur un champ, avant de semer. On sème certaines graines au sommet de ces mottes et d'autres cultures à la volée. Les billons permettent de contrôler l'érosion et de conserver l'eau. Les billons Ngare sont placés en travers des champs pour réduire la vitesse d'écoulement des eaux de pluies et de ruissellement. Ces billons canalisent l'eau en excès vers les bordures des champs couverts d'herbes. Les études ont montré que la technique de buttage ngare ou mhindu est, sur les pentes escarpées, supérieure à celle des bourrelets de niveau. Un autre type de buttage est le miwundo en couche élevée, utilisé particulièrement pour la culture des patates douces, qui permet dans les zones humides, le drainage des eaux en excès. Le buttage s'est avéré particulièrement efficace pour le maintien de l'équilibre en eau nécessaire aux différentes variétés de cultures, même dans le cadre de la culture mixte. Les plantes demandant plus d'eau sont plantées dans les bandes inférieures où l'eau abonde, tandis que celles qui ont besoin de moins d'eau le sont au sommet du billon qui se trouve être bien drainé.

Enseignement : Ses techniques ont été apprises par les scientifiques qu'ils ont développé en ''billons cloisonnés'' et disséminé dans d'autres régions d'Afrique

Technologie: Contrôle de l'érosion. Conservation des sols et des eaux

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs

Source: ZIRCIK , Sadomba W.Z., The Impact of Settler Colonization on Indigenous Knowledge in Agriculture. Wageningen (1999). Hagmann J. et al. 1996, in Reij C. et al (eds.), Sustaining the soil : Indigenous soil and water conservation in Africa, Earthscan.

 

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Pays: Zimbabwe

Domaine: Sécurité alimentaire, santé

Application : Séchage au soleil des fruits, des légumes et des insectes comestibles

Le séchage au soleil des aliments est habituellement fait de deux manières principales. Une des méthodes, utilisées généralement pour les légumes, consiste à les immerger dans de l'eau salée bouillante durant quelques minutes, ce qui permet d'éviter la perte des élements nutritifs. Les légumes sont alors séchés au soleil durant à peu près trois jours et stockés dans un endroit sec. Cette méthode est également appliquée pour le séchage des chenilles, des termites, des fourmis blanches et autres insectes comestibles. Une autre méthode consiste tout simplement à placer les aliments directement au soleil. Ces aliments sont d'abord salés, s'il y a danger de pourriture durant le processus de séchage, comme ce peut être le cas pour les champignons ou les tomates. Le séchage au soleil des aliments est une activité importante pour les femmes puisqu'elles sont responsables de la préparation des repas en toutes saisons

Enseignement : Le séchage au soleil des aliments est une technologie abordable, demandant peu ou pas d'intervention dans la plupart des cas

Technologie: Nutrition, conservation des aliments

Détenteurs des Connaissances: Femmes âgées

Source: Farm Information Network

 

72

Pays: Zimbabwe

Domaine: Environnement

Application : Contrôle "spirituel" des terres protégées

Les coutumes traditionnelles et sytèmes de croyances religieux fournissent des moyens de conservation de l'environnement en réservant de vastes zones pour la croissance naturelle et la vie animale. Marambatemwa (littéralement :''lieux qui résistent à l'abattage'') sont des réserves écologiques dont les frontières sont définies par les esprits de la terre. En outre, la manière de se conduire des individus qui y pénétrent est définie par ces esprits. Des régles empêchent les humains d'y perturber pour ainsi dire l'ordre naturel des choses. Même des animaux chassés qui échouent dans ces zones, sont considérés comme étant protégés par les esprits de cette terre. Les fruits doivent être mangés sur les lieux et non emportés chez soi, car ils doivent servir à nourrir d'autres animaux sur place. Aucun arbre n'est coupé. Il n'est même pas permis de faire des commentaires sur des objets naturels à la forme apparemment bizarre. On fait respecter ces régles par la menace de punitions infligées aux transgresseurs par les esprits. Les punitions peuvent être de se perdre et d'être dans l'impossibilité de rentrer chez soi, ou d'être attaqué par les animaux sauvages.

Enseignement : Les zones écologiques préservées de cette manière sont souvent mieux entretenues que les réserves de chasse protégées par la loi et administrées par des procédures adminstratives

Technologie: Gestion des ressources naturelles, conservation.

Détenteurs des Connaissances: Communautés villageoises

Source: ZIRCIK, Association of Zimbabwe Traditional Environmental Conservationists (AZTREC)

 

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Pays: Zimbabwe

Domaine: Education

Application : Les valeurs, tabous et coutumes reconnaissent les pouvoirs régénérateurs des femmes et élévent leur statut dans la société.

Les femmes possèdent un caractère sacré car elles ont le pouvoir de régénération grâce à leur fécondité. Ceci est reflété dans un certains nombre de valeurs, de croyances et de tabous. Novembre est connu comme étant Mwedzi wembudzi, le mois de la chèvre. Novembre marque la période de régénération de la flore et de la faune suivant les premières pluies. Grâce à l'abondance de nourriture, les herbivores de toute sorte entament la reproduction et le mois de novembre est celui ou ce processus de régénération atteint son maximum. C'est ainsi que durant ce mois il est interdit de se marier. Ce tabou permet d'éviter de tuer accidentellement des animaux en gestation pour les cérémonies de mariages (ou autres). La punition encourue pour s'être marié durant le mois de novembre est la rupture du mariage sans raisons ou une autre calamité telle que l'impossibilité d'avoir des enfants. Cette reconnaissance des pouvoirs régénérateurs de la nature est particulièrement marquée en ce qui concerne les femmes. La menstruation est comprise comme un processus de communication avec la nature. Pendant cette période, les femmes sont exemptes de certaines tâches telle que la participation à la brasserie de la bière utilisée pour des raisons spirituelles. Dans beaucoup de communautés du Zimbabwe, les ancêtres principaux du clan tiennent généralement une femme ancêtre (mbonga) responsable des amulettes porte-bonheurs du clan. Les femmes peuvent devenir des esprits influents comme Mbuya Nehanda, qui a conduit une rebellion contre les colons britanniques et qui fut pendue en 1898. Ces valeurs et croyances placent la femme dans une position sociale élevée et lui confèrent un grand respect.

Enseignement : Les approches concernant les questions de genre doivent s'appuyer sur les valeurs positives des sociétés locales

Technologie:

Détenteurs des Connaissances: Hommes et femmes des provinces de l'est et du centre du Zimbabwe

Source: ZIRCIK, Sadomba W.Z., 1996, Using Taboos and Proverbs as Oral Archives of Indigenous Knowledge (Utiliser les tabous et les proverbes comme archives orales des connaissance autochtones).

 

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Pays: Cameroun

Domaine: : Santé

Application : Accouchement traditionnel à Nso

Une accoucheuse traditionnelle du village de Mbinon à Nso (division de Bui, province du nord-ouest du Cameroun), fait mention de deux types de feuilles de plantes permettant de faciliter la naissance. La première est la feuille d'une plante de la famille 'malvaceae', qu'elle utilise dans les cas ordinaires. La seconde est celle d'une plante de la famille 'acanthacae', qu'elle aplique aux femmes qui ont un passé d'accouchements difficiles et à celles qui donnent naissance pour la première fois. Les feuilles fraichement cueillies sont diluées et une partie du liquide est répandue dans la salle d'accouchement. Un quart du liquide est donné à boire à la future mère tandis que le reste est utilisé pour lui faire un massage au niveau de la taille, du ventre et de la région du pubis. Ceci favorise une plus grande contraction de l'utérus et la dilatation du col utérin pendant l'accouchement qui s'en trouve ainsi facilité. Si l'expulsion du placenta ne se fait pas dans une limite de temps raisonnable, on donne à la future mère des herbes à mâcher dont elle avale le jus. On rapporte que le taux de succès de ces pratiques est extraordinairement élevé.

Enseignement : Les méthodes traditionnelles d'accouchement sont accessibles même aux plus pauvres et pourraient être utilisées en complément de celles appartenant à la médecine moderne.

Technologie: Soins de la mère et de l'enfant

Détenteurs des Connaissances: Sages-femmes traditionnelles

Source: : Mankoiy Martha Fango, NSO, Dr. Wirmum Clare Kinyu, Mefopla Research center ; CIKO

 

75

Pays: Cameroun

Domaine: : Santé

Application : Amélioration du système immunitaire des malades du SIDA grâce aux méthodes traditionnelles de préparation de la nourriture

Au Centre Mefopla à Bamenda au Cameroun, le système immunitaire des malades du SIDA est renforcé grâce à l'utilisation de plantes médicinales locales riches en enzymes. Il s'agit de matières grasses extraites de plantes telles que le soja, la noix de cajou, le karité et des fruits sauvages. En outre, on encourage les patients à consommer des légumes contenant beaucoup de fibres alimentaires qui aident à nettoyer le système. Bien que ces diètes et thérapies nutritionnelles ne guérissent pas la maladie, elles améliorent néanmoins le système immunitaire. Les thérapies impliquent également l'élimination des aliments et boissons liés au stress comme le café, le thé noir, le sel, la farine blanche ainsi que le riz blanc riche en glucides. Le traitement est efficace et permet de réduire les symptômes physiques et psychologiques de la maladie tels que les éruptions cutanées, les syndromes respiratoires, le stress et la dépression.

Enseignement : Les jus à base de produits naturels, la nourriture et les préparations médicinales traditionnelles, peuvent permettre d'améliorer le système immunitaire des malades du SIDA, provoquent bien moins de fatigue et sont également moins chers que les traitements basés uniquement sur les médicaments.

Technologie: Nutrition

Détenteurs des Connaissances: Guérisseurs traditionnels, anciens.

Source: Dr. Wirmum Clare Kinyuy, Mefopla Research Ceneter, CIKO

 

76

Pays: Cameroun

Domaine: Agriculture

Application : Méthodes de fertilisation des sols et techniques de culture intensive autochtones des agriculteurs de la plaine Ndop

Les agriculteurs de la plaine Ndop ont une méthode traditionnelle pour maintenir et augmenter la fertilité des sols ainsi que pour accroitre la production agricole sur de petits lopins de terre inondés. Ils produisent et appliquent sur de petites parcelles, une quantité d'engrais vert équivalente à à peu près 30 à 60 Kg d'azote par hectare. Ils utilisent le système ''ankara'', qui consiste à épandre et enfouir des matières organiques sur et dans les billons. Les matières organiques répandues sont ensuite brûlées, ce qui permet d'augmenter la quantité de potasse et de phosphore dans le sol. Des cultures de couverture sont pratiquées pour supprimer les mauvaises herbes sur les terres en friche. Pour tirer profit de ces terres riches inondées, les agriculteurs pratiquent différentes cultures successivement par an (culture commerciale avant et après celle du riz). Pour maintenir les substances nutritives minérales, les agriculteurs répandent des sédiments volcaniques altérés. Les zones inondées peuvent aussi être utilisées pour la pêche

Enseignement : : Les méthodes autochtones utilisées au Cameroun pour maintenir ou accroitre la fertilité des sols et le rendement des cultures, ressemblent à ces autres méthodes développées dans d'autres régions du monde.

Technologie: Techniques de culture

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs de la plaine Ndop, Upper Nun Valley NWP

Source:Dr. Cornélius M lambi CIKO

 

77

Pays: Cameroun

Domaine: Secteur privé

Application : Réponse à la crise économique au Cameroun de la part des femmes des zones rurales

Le Cameroun a connu une sévère récession économique durant les dernières treize années, caractérisée par une chute des prix agricoles, une pression démographique sur des terres agricoles en nombre limité, ainsi que des réductions d'effectifs dans le secteur public, des réductions de salaire et une dévaluation de 50% du Fr CFA en Janvier 1994. Ceci a rendu la vie difficile pour à la fois les ménages ruraux et urbains. Confrontées à cette situation, des femmes ont essayé de générer des revenus par la pratique de l'artisanat : chaussures, sacs et fabrication de savon. La production de ces articles n'est pas nouvelle, mais c'est la créativité dont ont fait preuve ces femmes qui fait la différence. Elles fabriquent du savon en utilisant de l'huile de palme et de la soude caustique. Toute une série de sacs (sacs pour écoliers, sacs à main, sacs-cabas) ainsi que des chaussures sont fabriqués en utilisant des matériaux disponibles localement. De vieux sacs de sisal, des cartons, du plastique, du fil et de la laine sont collectés et recyclés. Seules les semelles pour les chaussures sont achetées. Les coûts de production sont trés bas et les produits sont compétitifs par rapport à ceux fabriqués ailleurs dans le pays ou importés, parcequ'ils sont non seulement différents mais aussi moins chers.

Enseignement : En situation de crise économique des femmes répondent immédiatement aux besoins du ménage et font preuve d'esprit créatif en trouvant des solutions locales aux problèmes.

Détenteurs des Connaissances: Femmes de la province du sud-ouest du Cameroun

Source: D.N. Ngwasiri ; CIKO

 

78

Pays: Cameroun

Domaine: : Agriculture

Application : Des agriculteurs répondent à la pression démographique sur les terres agricoles en intensifiant leur production, grâce à une stratégie axée sur l'utilisation minimum d'intrants extérieurs

Le secteur agricole du Cameroun fait face aujourd'hui à deux problèmes principaux. Les zones côtières aux terres fertiles sont confrontées à l'exode rural, tandis que deux provinces -celles de l'Ouest et du Nord-ouest-sont confrontées à une pression démographique excessive sur les terres. Ceci a occasionné des conflits fonciers interminables, la dégradation des ressources et l'empiétement sur la forêt, qui perd environ 75 000 hectares par an en faveur de l'agriculture. Les agriculteurs de Toumi ont intensifié leur système agricole, combinant cultures mixtes et polyculture, afin de faire face au problème de l'insuffisance des terres. Ils gardent cochons, canards, poissons, oiseaux et abeilles sur moins d'un hectare de terre. Les papayes, les poivriers, la canne à sucre et d'autres cultures sont plantés autour des étangs à poissons. Presque tout est recyclé. Le résidu des récoltes sert à nourrir les cochons et leurs déjections ainsi que celles des canards et des oiseaux servent à nourrir les poissons. Le fumier est produit grâce à un mélange de résidu de récoltes et de déjections de cochons et canards.

Enseignement : Les stratégies adoptées par les agriculteurs pour intensifier leur production alors qu'ils ont difficilement accès aux engrais chimiques, intègrent l'élevage animal et l'utilisation de produits biologiques recyclés.

Technologie: Techniques de culture

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs du village de Toumi dans le Bamendjou dans la Province de l'Ouest

Source: Prof. C.N. Ngwasiri; CIKO

 

79

Pays: Cameroun

Domaine: Agriculture

Application : Stockage à long terme du manioc pour les périodes de sécheresse et de mauvaise récolte

Les Balongs du Cameroun possèdent une technologie traditionnelle de transformation du manioc (Manihot esculenta) pour en faire un produit appelé "Kumkum" qui peut être conservé jusqu'à cinq ans. Les racines fraichement récoltées sont pelées, lavées et mises dans de l'eau pendant trois à cinq jours, période qui leur permet de fermenter naturellement et de devenir plus tendres. Elles sont ensuite retirées de l'eau et moulues en une pâte fine, puis placées dans un panier de roseaux et couvertes de feuilles de plantain. On place des objets lourds tels que des pierres sur la pâte pour en extraire la liqueur en excès. On prend quelques 200 à 300 grammes que l'on pétrit à la main pour en faire des boules que l'on met sur une sorte de platforme placée au dessus du sol afin de leur permettre de sécher. Avec, sur le site, un feu constamment allumer les boules sont progressivement enduites de fumée. Durant la période de stockage, qui varie d'un à cinq ans, le produit n'est pratiquement jamais attaqué par les insectes ou les maladies. Lorsque nécessaire, l'enduit noir sur les boules est essuyé et elles sont alors roulées-dans une farine fine, dont on fait une pâte en y ajoutant de l'eau chaude . Ces boules sont ensuite utilisées dans la préparation de soupes ou de ragoûts .

Enseignement : Les méthodes traditionnelles de stockage pourraient être considérées dans les préparations pour les catastrophes.

Technologie: : Technologie postrécolte

Détenteurs des Connaissances: Agricultrices du littoral et des provinces du sud-ouest du Cameroun

Source: Dr. Festus Numfor; CIKO

 

80

Pays: Cameroun

Domaine: Agriculture

Application : Agriculture communale comme résultat du manque de main-d'oeuvre

La division Manyu de la province du sud-ouest du Cameroun a connu un exode rural excessivement élevé, au point que les villageois en nombre réduit étaient incapables de fournir la main-d'oeuvre nécessaire à l'accomplissement des travaux agricoles. C'est ainsi que les habitants du village de Ossing ont réintroduit le partage du travail pour faire face à ce problème. Trois groupes de 78 agriculteurs (42 hommes et 36 femmes) cultivent ensemble la même parcelle de terre. Le groupe besongatabe cultive du cacao, celui des agriculteurs agborkem des plantains, tandis que les jeunes appartenant à ce dernier groupe cultivent des légumes, du mais et du melon. Grâce à un système de division du travail bien élaboré, les travaux de la ferme sont effectués durant toute l'année, sans qu'aucun des groupes n'y quatre mois par an. Ils ont ainsi le temps de s'occuper de leur propre ferme ou même de travailler en ville.

Enseignement : Ce modèle de gestion d'une ferme est non seulement applicable dans les cas de manque de main-d'oeuvre, mais peut également fournir des solutions pour les zones avec une densité de population élevée et de nombreux litiges fonciers

Technologie: Gestion des exploitations agricoles, agriculture communale

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs Ossing de la division Manyu dela province du sud-ouest du Cameroun

Source: Prof. C.N. Ngwasiri, CIKO

 

81

Pays: Cameroun

Domaine: Environnement

Application : Les Fulanis utilisent des herbes pour combattre les parasites des animaux d'élevage

Les pasteurs nomades ou semi-nomades de la province du nord-ouest du Cameroun considèrent que les maladies sont les causes principales de la faible production du bétail. L'offre en déclin des services vétérinaires à eu pour résultat la résurgence des maladies parasitaires. Afin de faire face à la situation, les fulanis ont adopté à nouveau des stratégies introduites par des pasteurs (fulanis également) venus au Cameroun à la fin du siècle dernier de pays voisins comme le Nigéria et le Tchad. Une étude de quelques pratiques vétérinaires indigènes indique que certaines plantes des familles termnalia, vernonia, solanum et khaya possèdent un certain degré d'activité anthelminthique fiable.

Au Centre Mefopla à Bamenda au Cameroun, le système immunitaire des malades du SIDA est renforcé grâce à l'utilisation de plantes médicinales locales riches en enzymes. Il s'agit de matières grasses extraites de plantes telles que le soja, la noix de cajou, le karité et des fruits sauvages. En outre, on encourage les patients à consommer des légumes contenant beaucoup de fibres alimentaires qui aident à nettoyer le système. Bien que ces diètes et thérapies nutritionnelles ne guérissent pas la maladie, elles améliorent néanmoins le système immunitaire. Les thérapies impliquent également l'élimination des aliments et boissons liés au stress comme le café, le thé noir, le sel, la farine blanche ainsi que le riz blanc riche en glucides. Le traitement est efficace et permet de réduire les symptômes physiques et psychologiques de la maladie tels que les éruptions cutanées, les syndromes respiratoires, le stress et la dépression.

Enseignement : Les remèdes vétérinaires traditionnels constituent une réponse fiable et peu coûteuse à la réduction des services publics et au coût élevé des services vétérinaires et des médicaments conventionnels. Ces pratiques traditionnelles peuvent être reproduites ailleurs au Cameroun et dans d'autres pays avec une flore similaire

Technologie: Santé des animaux

Détenteurs des Connaissances: Pasteurs fulanis de la province du nord-ouest

Source: : C. Ndi , H. Bayemi, R. Njwe, Tchoumboue, H. Njakoi, N. Mopoi, M. Njakoi, Sali-Django, CIKO

 

82

Pays: Cameroun

Domaine: Environnement

Application : Les lois traditionnelles 'kfwifon' protègent la forêt naturelle en en réglementant l'utilisation.

Les forêts de la montagne Kilum, qui hébergent des espèces endémiques d'oiseaux ainsi que d'autres animaux, sont parmi les rares forêts de montagne d'Afrique centrale et de l'ouest qui existent encore. Seize villages de la chefferie Oku, qui se trouvent prés de la forêt, en dépendent pour leur susbsistance. Des plantes médicinales provenant de ces forêts sont récoltées et exportées vers l'Europe et les Etats-Unis. Depuis son installation dans la région il y a un siècle, le peuple Oku a géré les ressources de la forêt en fonction de régles définies et mises en exécution par un conseil/institution appelé Kwifon, existant avant la mise en place de l'administration coloniale européeenne. Kwifon conçoit la réglementation qui concernent l'accès aux ressources de la forêt, leur répartition et leur conservation. Le chef communique les régles lors d'annonces publiques. L'institution possède un réseau d'information qui lui permet de savoir tout ce qui se passe sur le territoire de la chefferie. Le peuple Oku attribue sa capacité d'identifier ceux qui ne respecte pas ses ordres et injonctions à des pouvoirs mystiques.

Enseignement : Les méthodes indigènes sont efficaces pour la conservation et la régulation de l'utilisation des forêts naturelles

Technologie: Gestion des ressources naturelles

Détenteurs des Connaissances: Villageois de la Chefferie Oku, institution Kwifon, habitants de la province du nord-ouest.

Source: C.N. Ngwasri, CIKO

 

 

83

Pays: Cameroun

Domaine: Environnement

Application : Les Bakas habitant les forêts, possèdent une connaissance intime des plantes médicinales et autres.

Prés de 40 000 Bakas vivent dans la forêt équatoriale de la province sud-est du Cameroun. Les Bakas possèdent possèdent une grande connaissance des ressources de la forêt, leur unique source de susbsistance. Ils y trouvent diverses tubercules sauvages, des fruits, des feuilles, des animaux, du poisson et du miel. En mars 1998, pour tester leurs connaissances en matière de ressources provenant de la forêt, nous avons interviewé un groupe d'hommes et de femmes Bakas qui avaient quitté la forêt et qui s'étaient installés dans le village de Dioula au sud-est du Cameroun. Ils se sont avérés connaitre de nombreux types d'arbres aux feuilles à usage médicinal, ainsi que des fruits, du bois, des écorces et des racines. Les Bakas possèdent la réputation de guérisseurs efficaces, ce qui s'explique par cette connaissance intime qu'ils ont des produits de la forêt, laquelle pourrait être trés utile à l'industrie pharmaceutique ainsi qu'à celle du bois.

Enseignement : Les connaissances médicales traditionnelles des Bakas pourraient être exportées vers d'autres régions du Cameroun. Leurs connaissances en matière de produits forestiers peuvent contribuer à réaliser une exploitation durable des forêts de ce pays, où la mauvaise exploitation du bois en forêt se manifeste par des pertes de 23 à 35% pour chaque arbre abattu.

Technologie: Gestion des ressources naturelles

Détenteurs des Connaissances: Bakas des provinces de l'est et du sud

Source: Prof. C.N. Ngwasiri, CIKO

 

 

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Pays: Bénin

Domaine: Transformation des produits alimentaires

Application : Méthodes traditionnelles de fabrication du fromage simples et peu coûteuses

Au Bénin, de nombreuses familles gagnent leur vie en fabricant et commercialisant du fromage, localement mais aussi au Niger voisin. La méthodologie utilisée est simple et peu coûteuse.. En plus d' ingrédients tels que du lait et des feuilles calotropis procera (une feuille fraîche par litre de lait), le matériel suivant est nécessaire : Une marmite (de préférence en terre cuite), un tamis (0,5 mn), du linge fin en coton, un foyer amélioré ou une cuisinière à gaz, une louche en bois, un mortier et un pilon en bois.

Enseignement : La méthode béninoise de fabrication du fromage pourrait être intégrée dans les opérations de mini laiteries/fromageries dotées d'un materiel d'un certain niveau de technicité et de coût. Cette méthode pourrait aussi être utile aux communautés locales lorsqu'il y a surproduction de lait, permettant également de générer un revenu supplementaire. Ce fromage est considéré comme étant une excellente source de protéines.

Technologie: Fabrication de fromage

Détenteurs des Connaissances: Communautés locales

Source: SIATA, Dr. Abel Dossoumou, contact : mailto:gtz.siata@fasonet.bf

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Système de rotation des cultures des Nounis du Burkina Faso

Les Nounis du village de Bagounsio, dans la Province de la Sissili au Burkina Faso, sont très sensibles aux variations de fertilité du sol qui affectent leurs terres. Ainsi, pratiquent-ils la rotation des cultures, qui consiste en la succession sur une base annuelle de différentes cultures sur une même parcelle . Cette succession peut se faire dans un ordre bien déterminé ou au hasard. Les Nounis font se succéder la culture de l’igname, du sorgho, du maïs et celle du mil sur une même parcelle. Cette pratique permet une utilisation plus équilibrée des éléments nutritifs du sol, de réduire les risques encourus en cas de sécheresse et/ou par les insectes nuisibles, ainsi que de diversifier la production.

Enseignement : La rotation des cultures aide au maintien de la fertilité du sol et permet une diversification des cultures sur une petite échelle. Cependant, il convient d’effectuer des études plus poussées avant d’introduire de nouvelles cultures, notamment commerciales ou d’autres variétés.

Technologie: Rotation des cultures comme stratégie de sauvegarde des ressources naturelles par la.

Détenteurs des Connaissances: Nounis du village de Bagounsio (Province de la Sissili, Burkina Faso)

Source: David K. PODA, Mémoire de fin d'études / Agronomie, IDR, Université de Ouagadougou, juin 1989, M4290.

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Les cordons pierreux comme pratique traditionnelle de lutte contre l'érosion chez les agriculteurs Mossis du Yatenga.

Cette pratique en vogue, qui consiste à aligner judicieusement des pierres au travers d’un champ suivant des courbes de niveau, a pour objectif de freiner la vitesse des eaux de ruissellement, de permettre qu’un maximum s’infiltre dans le sol, tout en évacuant l’excédent. Cette pratique a permis de récupérer des sols dégradés ou jusque-là inaptes à la culture, d’augmenter la production agricole, et a été transférée avec succès à d’autres communautés du Burkina Faso et de pays voisins

Enseignement : Les cordons pierreux constituent une technique efficace pour réduire la vitesse des eaux de ruissellement et permettre leur infiltration dans le sol.

Technologie: Contrôle de l’érosion des sols par la technique des cordons pierreux.

Détenteurs des Connaissances: Paysans Mossis du Yatenga

Source: CILSS, Thomas Toni DORO, 1991, Burkina Faso ; et Ferdinand Dabiré : «Revolutionary conservation : Villages successfully use stones against erosion »,West Africa , September, 11-17, 1989

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Classification traditionnelle des sols chez les Mossis et son utilisation pour déterminer les types de cultures appropriées.

Les Mossis possèdent un système de classification des sols dont l’importance et l’utilité ont été confirmées par des études scientifiques formelles. Les différents types de sols identifiés par les agriculteurs Mossis le sont selon des caractéristiques telles que : texture, couleur, consistance, localisation géographique, fertilité et drainage. Cette classification leur permet d’établir quatre classes principales de sols auxquelles correspondent des spéculations bien précises.

Enseignement : Cette classification des sols permet aux agriculteurs locaux de mieux appréhender les options possibles quant au choix des cultures, ainsi que la nature de l’écosystème local.

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Technologie: Classification des sols.

Détenteurs des Connaissances: Mossis du Yatenga ( Villages de Ranawa et d'Aorêma

Source: Basga E. DIALLA ( IK Monitor 1 (3) 1993 CIRAN ) ; ainsi que : Projet PATECORE, BP 271, Kongoussi, Tél. 45-71-43, Burkina Faso : «The Mossi indigenous soil classification in Burkina Faso».

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Pratique traditionnelle d’association des cultures permettant d’augmenter la sécurité alimentaire des ménages.

A Aribinda au Burkina Faso, les agriculteurs recherchent un rendement optimal en cultivant sur la même parcelle des variétés à cycle long et d’autres à cycle court, comme le mil ou le sorgho. Cette pratique permet de répartir les risques entre un grand nombre de variétés et d’augmenter ainsi les chances d’obtenir une récolte, c’est à dire qu’au cas où l’une des spéculations venait à être défaillante, une autre produirait.. Les semences de mil de cycles différents étant mélangées puis semées sur une même parcelle, la récolte est effectuée au fur et à mesure de la maturation. En spéculant sur la combinaison des cycles végétatifs, ces agriculteurs s’assurent une certaine sécurité alimentaire en réduisant les risques liés aux aléas de la pluviométrie.

Enseignement : Cette stratégie de réduction des risques, bien qu’utile pour assurer une certaine sécurité alimentaire des ménages, est incompatible avec la pratique des cultures commerciales et devrait être soigneusement ré-évaluée avant l’introduction de nouvelles variétés.

Technologie: Association de cultures (système de production)

Détenteurs des Connaissances: Les groupes Songhays, Mossis et Kurumbas d’Aribinda dans le nord du Burkina Faso.

Source: : « L'ombre du mil : un système agropastoral sahélien en Aribinda ( Burkina Faso) » de Dominique GUILLAUD, Editions de l'ORSTOM, Collection A travers Champs , Paris, 1993.

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Techniques anti-érosion basées sur les connaissances des paysans locaux, qui consistent en l’application d’engrais biologiques et en la récupération des eaux

Les pratiques traditionnelles de conservation des sols des Mossis, comme celles qui consistent en l’épandage de fumier naturel à base de déchet animal, l’installation de petits bassins versants, le paillage, la jachère, la plantation de bandes de végétation suivant les courbes de terrain et le reboisement, sont considérées par les spécialistes formels comme écologiquement pertinentes et efficaces, lorsque combinées avec la mise en place de cordons pierreux.

Enseignement : La vulgarisation des techniques agricoles est facilitée lorsque celles-ci sont basées sur l’amélioration des connaissances des paysans, en particulier lorsqu’on souhaite introduire de nouvelles techniques agricoles ou de nouvelles variétés.

Technologie: Contrôle de l'érosion des sols

Détenteurs des Connaissances: Mossis du Yatenga (Villages de Ranawa et d'Aorêma )

Source: : Basga E. DIALLA ( IK Monitor 2 (1) 1994 CIRAN ) ; ainsi que : Jean Yves MARCHAL (1986), «Vingt ans de lutte antiérosive au nord du Burkina Faso», Cahiers ORSTOM, Série Pédologie XXII (2) : 173-180

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agriculture

Application : Les structures traditionnelles d’entraide informelles des Bissas remplissent une fonction vitale en assurant la cohésion sociale au niveau du village et entre les différents villages.

Les Bissas ont su combiner harmonieusement dans la pratique de l’agriculture, le travail collectif et le travail individuel. On trouve deux formes courantes d’organisation traditionnelle: le Yawole  ou Susoaaga : « invitation de culture », chez les Mossis; et le Yewole ou Songtaaba, qui est une association d’entraide en cours surtout chez les jeunes Bissas, pratiquant par exemple l’agriculture de groupe pour le compte de leur belle-mère ou sur leurs propres parcelles. Ces structures traditionnelles d’entraide sont informelles et elles se manifestent de façon saisonnière et épisodique. Elles remplissent une fonction sociale vitale en contribuant à la cohésion au sein du village et entre les différents villages.

Enseignement : LLes formes d’organisation traditionnelle à vocation d’entraide, émanant des populations elles-mêmes et s’appuyant sur leurs valeurs (pratiques et savoirs techniques ), renforcent la cohésion sociale et constituent une base solide pour les activités de développement durable.

Technologie: Organisation traditionnelle d'entraide

Détenteurs des Connaissances: Bissas du Boulgou

Source: Basga E. DIALLA, Claude BATIONO, Maxime S. OUEDRAOGO, DMP / MOB, juin 1998 (document inédit), Ouagadougou , Burkina Faso ; ainsi que : Dr Bernard Lédéa OUEDRAOGO : «Association Internationale Six «S», BP 100, Ouahigouya Tél :55-00-38 (BurkinaFaso).

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Santé

Application : Les multiples vertus thérapeutiques de la papaye. Les tradipraticiens du Burkina Faso utilisent les feuilles, graines et racines de papaye pour soigner divers maux. C'est ainsi que les feuilles vertes écrasées et mélangées au manioc et consommées en boisson permettent de traiter l'ictère. En application locale, elles sont utilisées pour le traitement des panaris et de la blennorragie. En outre, ces mêmes feuilles de papaye concassées dans de l'eau salée et consommées en boisson servent à traiter la jaunisse. Ces pratiques se sont avérées efficaces.

Enseignement : Le potentiel de la papaye, que l'on retrouve dans la plupart des jardins particuliers situés des régions tropicales et sub-tropicales, n'a pas encore été pleinememnt exploité par les organismes de santé publique.

Technologie: Médecine traditionnelle par les plantes

Détenteurs des Connaissances: Les tradipraticiens du Burkina Faso.

Source: : Delphine OUEDRAOGO, Arbre et Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de l'Aménagement Forestier, Ouagadougou, Burkina Faso, AD N°23,2e trimestre 1988, 22-24.

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Santé

Application : Traitement par les herbes des morsures de serpent. En guise de traitement des morsures de serpent, les paysans Mossis de Boussou préconisent, entre autres, de se procurer deux racines de feretia apodanthera, ou finninga en langue mooré, de les mâcher et d'en avaler le jus. Cette formule, affirment les paysans de Boussou, est surtout efficace pour les cas de morsures de vipère ou de naja.

Enseignement : Le traitement par les herbes des morsures de serpent est une pratique commune chez les Mossis. .

Technologie: Traitement des morsures de serpent

Détenteurs des Connaissances: Les paysans Mossis de Boussou (Yatenga)

Source: Henri Y. KABORE et Dieudonné NIKIEMA, INADES-Formation, ET. 48, janvier 1992, Ougadougou, Burkina Fas. «Les pratiques et savoirs paysans en matière de santé humaine dans le Département de Boussou ( Province du Yatenga)» ( Rapport d'étude).

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Santé

Application : Traitement de la rougeole chez les Mossis .Les paysans Mossis du Département de Boussou traitent la rougeole grâce à un remède obtenu en faisant macérer des crottes de poule dans de l'eau, qui est par la suite filtrée pour être utilisée dans la préparation d'une bouillie faite avec de la farine de céréale (mil ou sorgho), que le malade doit consommer.

Enseignement : La médecine traditionnelle a pu développer des traitements efficaces, comme ceux des Mossis pour la rougeole, qui devraient pouvoir être vérifiés par la médecine moderne, pour le bénéfice des communautés locales.

Technologie: : Traitement de la rougeole

Détenteurs des Connaissances: Les paysans Mossi de Boussou ( Yatenga)

Source: Henri Y. KABORE et Dieudonné NIKIEMA, INADES-Formation, ET. 48, janvier 1992, Ougadougou, Burkina Fas. «Les pratiques et savoirs paysans en matière de santé humaine dans le Département de Boussou ( Province du Yatenga)» ( Rapport d'étude).

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Santé

Application : : Les vertus thérapeutiques multiples de la pharmacopée traditionnelle au Burkina Faso. Au Burkina Faso, le piliostigma reticulatum est une plante faisant partie de la pharmacopée traditionnelle, qui est trés utilisée par les tradipraticiens de ce pays pour soulager les céphalées, les névralgies dentaires, les inflammations buccales et les oreillons. Les feuilles mâchées sont utilisées contre les vertiges; bouillies avec des feuilles de guiera et de securidaca, elles permettent de soigner la syphilis, les chancres, la bronchite, le paludisme, les ulcères phadégéniques. En décoction (pour des bains, ou en boisson), elles sont utilisées pour traiter les crises d'épilepsie. Les rameaux feuillus préparés également en décoction sont sensés être efficaces contre les hémorroïdes; et sont aussi utilisés pour les frictions du thorax afin de soigner les affections pulmonaires.

Enseignement : La connaissance des pharmacopées traditionnelles peut aider la médecine moderne à mieux répondre aux besoins locaux en matière de santé.

Technologie: Pharmacopée traditionnelle (le "semellier")

Détenteurs des Connaissances: Les tradipraticiens du Burkina Faso

Source: Delphine OUEDRAOGO, Arbre et Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de l'Aménagement Forestier, Ouagadougou, Burkina Faso, AD n°24, 1e trimestre1999, 27-29 : « Piliostigma reticulatum ou le petit arbre qui guérit plaies et ulcères »

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Environnement/Agriculture

Application : Régénération des ressources forestières grâce à la technique dite du "Zaï forestier" Pour faire face à la dégradation des ressources naturelles et à la désertification, les agriculteurs Mossis du Yatenga au Burkina Faso ont développé quelques techniques traditionnelles de restauration du capital agro-écologique. Ils utilisent la technique dite du zaï forestier de récupération des sols dégradés. Le zaï est un micro- bassin (de 20 à 30 cm de diamètre sur 15 à 20 cm de profondeur ) creusé dans le sol à l'aide d'une daba. La méthode du zaï forestier est une technique qui consiste à entretenir les ligneux qui ont poussé naturellement dans les micro-bassins. Ceux-ci sont issus de la germination de graines d'arbres qui se trouvaient par hasard dans la matière organique répandue dans les trous zaï. Il faut remarquer que ces semences ont tout d'abord été prétraitées naturellement en passant par le tube digestif des animaux.

Enseignement : Cette technique simple et qui a fait ses preuves, montre comment les agriculteurs développent des approches novatrices pour faire face à la dégradation des sols et à la déforestation. Elle pourrait être étudiée, évaluée et exploitée dans le cadre de programmes de vulgarisation agricole..

Technologie: Agroforesterie

Détenteurs des Connaissances: Agriculteurs Mossis du Yatenga.

Source: Dieudonné NIKIEMA, INADES-Formation, Envi. 3, 1781(2), décembre 1995, (Rapport de recherche), Ouagadougou, Burkina Faso. - CILSS : Reflets Sahéliens, n°19, août 1993. M.BAUMER : «Agroforesterie et désertification», ICRAF- CTA,1987. A. YOUNG : « Agroforestery for soil conservation », ICRAF-CAB International, 1989.

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Agroforesterie

Application : Un système agroforestier original de restauration des sols. Un paysan Mossi octogénaire du Passoré pratique depuis plusieurs décennies la régénération naturelle de l'arbre acacia albida. Ce paysan a réussi à faire «coloniser» son champ par l'acacia albida, en utilisant une méthode simple qui consiste à blesser les racines de la plante pour provoquer des rejets par drageonnage. Ces drageons se développent et deviennent des arbres adultes au bout de sept ans. Le paysan blesse alors les racines latérales de ces arbres, d'où sortent d'autres drageons, et ainsi de suite...

Enseignement : Cette technique agroforestière originale est efficace, mais le processus est lent. Elle pourrait être améliorée et vulgarisée avec l'appui des organismes du développement.

Technologie: Multiplication naturelle de l'arbre acacia albida par drageonnage.

Détenteurs des Connaissances: Un agriculteur Mossi du Passoré.

Source: Dieudonné NIKIEMA, INADES-Formation, Envi. 3,1781(2),décembre 1995, (Rapport de recherche), Ouagadougou, Burkina Faso. « L'agroforesterie en milieu rural, le cas du plateau central du Burkina Faso » (Rapport de recherche).

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Médecine vétérinaire

Application : Système de classification des maladies animales chez les Peuls. La santé des animaux constitue une préoccupation majeure pour les pasteurs et agropasteurs du Burkina Faso, qui ont souvent recours aux remèdes traditionnels à base de plantes. Ces pratiques sont surtout développées chez les éleveurs Peuls, tels ceux de Roangtenga, Gemsgo et Guebadin, qui ont mis au point tout un système de classification des maladies animales. Deux groupes de maladies sont ainsi distingués, celles ayant des causes "surnaturelles" et celles possédant des causes physiques matérielles descriptibles. Cinq éléments ont été retenus comme base de la taxonomie des pathologies par les éleveurs Peuls : la localisation physique de l'affection sur le corps de l'animal, un signe caractéristique majeur de l'affection, la ressemblance des signes cliniques de la maladie avec un objet connu, la cause connue de l'affection, le mal lui-même lorsqu'il est visible comme pour les plaies par exemple. Ce système de classification des maladies permet aux Peuls de diagnostiquer les maladies animales les plus communes et de déterminer un traitement approprié.

Enseignement : Ce système de classification des maladies Peul pourrait être utile à d'autres communautés pour le diagnostic et le traitements des dites maladies.

Technologie: Classification des maladies animales

Détenteurs des Connaissances: Peuls de Roangtenga, Gemsgo et Guebadin.

Source: Dr Hamidou TAMBOURA et al., mai 1997, Grant n°821 BUF, ( African Development Foundation ) «The recovery and utlisation of Fulani pastoralists indigenous knowlege on animal healthcare, herd management and ethnoveterinary medecine, and its sharing with Mossi agriculturalists in Burkina Faso »(Rapport de recherche).

 

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Pays: Burkina Faso

Domaine: Système de communication autochtone

Application : Moyens de communication traditionnels des Mossis, utilisant le tambour, comme moyen de communication universel, et les soufflets de forge au sein de la caste des forgerons. Des forgerons Mossis utilisent les soufflets de forge pour scander des rythmes, qui sont en fait des messages codés transmis par ce moyen et qu'eux seuls peuvent comprendre; alors que le tambour est utilisé dans les zones rurales pour véhiculer des messages destinés à un public plus large.

Enseignement : Le mode de communication par les soufflets de forge est limité à la caste des forgerons; celui des tambours permet de toucher un auditoire large et varié et pourrait servir à véhiculer des messages de sensibilisation dans les zones rurales.

Technologie: Soufflets de forge et tambours

Détenteurs des Connaissances: Forgerons du Burkina Faso

Source: Lidia CALDEROLI, Ethnographie 92, 1(1996) Printemps n°119 Titre : «Notes sur le langage des soufflets chez les forgerons Mõose (Wubr-tenga- Burkina Faso): une forme de communication de travail»; et Junzo KAWADA, Institut de Recherches sur les Langues et Cultures d'Asie et d'Afrique, Tokyo, Japon.

 

99

Pays: Burkina Faso

Domaine: Droit coutumier

Application : Allocation des terres au Burkina Faso selon le droit coutumier. Dans les collectivités rurales du Burkina Faso les terres sont allouées au nom de tout le groupe ethnique, clanique ou familial par ce qu'on appelle le "chef de terre", 'Tengsoaba' chez les Mossis. Dans le cadre des coutumes foncières, le "chef de terre" est le plus prôche descendant du premier occupant des lieux. Cette qualité lui confère le satut d'intermédiaire entre les vivants, les parents morts et les puissances invisibles, copropriétaires des terres. Il distribue les terres aux familles, aux ménages et aux individus selon leurs besoins. Tout membre du groupe (propriétaire collectif) possède un droit d'usage et d'exploitation permanent qui se transmet de père en fils; les étrangers intégrés dans le groupe reçoivent des terres, mais sous forme de prêt. Leurs droits restent provisoires et précaires.

Enseignement : L'explosion démographique a un impact sérieux sur le système d'allocation traditionnelle des terres. Le fait que la terre appartiennent en principe à l'Etat pose un autre problème, rendant nécessaire le dialogue entre institutions formelles et informelles pour le bénéfice des populations concernées.

Technologie: Appropriation des terres

Détenteurs des Connaissances: "Chefs de terre"et chefs de village au Burkina Faso.

Source: Souleymane OUEDRAOGO, Inspecteur des Domaines, Ouagadougou, Burkina Faso, juin 1993, (IIMI): « Quel(s) régime(s) foncier(s)pour les aménagements hydro-agricoles »

 

100

Pays: Burkina Faso

Domaine: Droit coutumier

Application : Le droit coutumier et l'accès de la femme à la propriété de la terre Le droit coutumier foncier exclut la femme de la propriété de la terre, qu'elle exploite au nom de son mari chef de famille. Bien que les dispositions de la 'Réorganisation Agraire et Foncière' au Burkina Faso ouvrent l'accès à la propriété terrienne à tous, les traditions demeurent vivaces en milieu rural où la femme reste confinée dans une situation d'utilisatrice temporaire des terres.

Enseignement : La ségrégation dont sont victimes les femmes concernant l'accès à la propriété terrienne dans le droit coutumier devrait être corrigée, car les femmes qui représentent souvent au moins la moitié de la population, effectuent l'essentiel des tâches domestiques et agricoles.

Technologie: Accès de la femme à la propriété fonciere

Détenteurs des Connaissances: Chefs de terre, chefs de villages

Source: K. DAKIE, Arbre et Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de l'Aménagement Forestier, Ouagadougou, Burkina Faso, AD n°23, 4e trimestre, 1998.

 

Pratique no. : 101

Pays : République Démocratique du Congo

Domaine : Transformation des produits alimentaires

Technologie : Défibrage

Détenteurs des connaissances : Les Kongos et les Tekes

 

 

 

Source : Luzietoso Nguala, Bazabana Jean Jacques Magloire, du GREDA : Groupe de Recherche et d’Expertise sur le Développment des savoir-faire locaux en Afrique (Montpellier, France); et les rapports ORSTOM Congo.

Lien :

Contact :  Nguala.Luzietoso@Wanadoo.Fr

Application : Défibrage de la pâte rouie de manioc par tamisage,  appelé « pompage » à Kinshasa et  « sula » à Brazzaville,  grâce à une technique mise au point par des migrants.

En République Démocratique du Congo, les Kongos et les Tekes défibrent presque complètement la pâte rouie qui sert de matière première à la fabrication des kwanga (chikwangue, bâton ou pain de manioc). Cette opération traditionnellement effectuée aux peignes est longue et pénible. Des citoyennes du Congo-Brazzaville qui avaient émigré en République Démocratique du Congo entreprirent de trouver une solution au problème. Elles innovèrent en remplaçant le peignage par le tamisage. Cette technique nouvelle qui permet un gain de temps important fut transferrée aux habitants du Congo-Brazzaville par les migrantes congolaises lorsqu’elles retournèrent dans leur pays. La technique avait été auparavant adoptée par les Brazzavillois. 

Enseignement : Les relations directes entre immigrés et autochtones peuvent constituer une source d’information et de formation et devraient être encouragées.

Pratique no. : 102
Pays :
République Démocratique du Congo

Domaine : Développement social

Technologie : Développement institutionnel

Détenteurs des connaissances :

 

Source : Groupe de recherche et d’expertise sur le développement des savoir-faire locaux en Afrique (Montpellier, France)

Lien :

Contact :  Nguala.Luzietoso@Wanadoo.Fr

Application:  Des femmes membres de tontines utilisent souvent des biens à la place de  l’argent pour faire face a sa constante dévaluation et dépréciation   

Les femmes de Kinshasa et d’autres cités africaines utilisent souvent le système d'épargne et de credit appelé tontine, où les participants versent régulièrement des cotisations d’un montant fixe destinées à un fonds commun, lequel est alloué  à tour de rôle à chacun des membres, généralement désignés par tirage au sort. Lorsque chaque membre a reçu le fonds une fois, le cycle recommence. Cependant étant donné la constante dévaluation et dépréciation de l’argent, ces femmes on décidé d’utiliser des biens au lieu de l’argent, qui peuvent être des vêtements, un article ménager, un réfrigérateur, où des articles qui permettent de créer une petite affaire commerciale. Ainsi, elles doivent non plus déterminer le montant de l’argent à verser, mais le bien  de référence. Cette pratique est aussi utilisée par des femmes africaines qui vivent en Europe et leur permet d’acquérir un bien ou un article dont elles ont besoin malgré leur moyens limités.  

 

Enseignement : Utiliser des biens à la place de l’argent peut permettre aux membres des tontines d’acquérir des biens et d’autres articles dont ils ont besoin malgré la modestie de leur revenu

 

Pratique no. : 103

Pays : Congo

Domaine : Agro-industrie

Technologie : Fabrication du vin de palme

Détenteurs des connaissances : Agriculteurs Kongo-mori

 

Source : J. J. Magloire BAZABANA, (GREDA) Groupe de recherche et d’expertise sur le développement des savoir-faire locaux en Afrique (Montpellier, France)

Lien :

Contact :  Nguala.Luzietoso@Wanadoo.Fr

ApplicationDes méthodes de fabrication de vin de palme qui datent du 16ème siècle sont  encore utilisées par les agriculteurs kongo-mori.

Le vin de palme est produit localement par les agriculteurs Kongo-mori et est vendu dans des conteneurs de 10 litres dans les zones rurales ainsi que dans les villes. Ils utilisent des méthodes de fabrication qui datent du 16ème siècle, à l’époque du royaume du Kongo. Ce vin est fabriqué par les hommes seulement. Il existe deux méthodes de préparation: une directement à partir de la palme, qui donne un type de vin appelé n’samba; et une autre qui implique de couper les arbres et qui permet de produire un vin appelé m’bulu. Ces vins sont trés appéciés par les populations locales et constitent un marché important dans la capitale Brazzaville.

Enseignement : En combinant pratiques traditionnelles et techniques modernes, les organizations de développement peuvent tirer le maximum des savoir-faire locaux. 

Pratique no. : 104
Pays :
Congo

Domaine :  Création d’entreprise

Technologie :  Poterie

Détenteurs des connaissances : Badongos de Bouenza

 

Source : J. J. Magloire BAZABANA, Groupe de recherche et d’expertise sur le développement des savoir-faire locaux en Afrique (Montpellier, France)

Lien :

Contact :  Nguala.Luzietoso@Wanadoo.Fr

Application: Les Badongos utilisent une technique de fabrication de poterie utilisant une argile spéciale qu’on trouve dans la région de Bouenza. 

Les Badongos de la région de Bouenza fabriquent des cruches à base d’une argile locale. Ils utilisent pour ce faire une technique trés ancienne transmise de génération à génération. La production de poterie leur permet de générer des revenus réguliers. Les cruches sont largement utilisées par les populations locales dans les zones urbaines et rurales en tant que méthode naturelle de conservation de l’eau fraîche.

Enseignement : Les savoir-faire locaux efficaces et générateurs de revenues devraient etre reconnus et promus par les organisations de développement.

 

Pratique no. : 105

Pays : 
Burkina Faso

Domaine :  Agro-industrie

Technologie :   Fabrication de Yoghourt

Détenteurs des connaissances : Fabricants béninois

 

Lien :

Contact: Nguala.Luzietoso@Wanadoo.

 

Source: Paul BOM KONDE, (GREDA) Groupe de Recherche et d’Expertise sur le Développement des Savoir-faire Locaux en Afrique, (Montpellier, France).

Application: Une technique de fabrication de yoghourt est transmise d’une communauté nationale à l’autre grâce à une formation dispensée en la matière.

‘Akpan’ est le nom d’un yoghourt préparé à partir de maïs. La méthode de fabrication a vu le jour au Bénin et a été transmise au Burkina Faso dans le cadre du projet AVAL (Action de valorisation des savoir-faire agroalimentaires locaux en Afrique de l’Ouest). Un groupe de femmes d’affaires dans la restauration et la petite agro-industrie appelé « Ri-Noodo, » et/ou «Les bons plats » basé à Ouagadougou (Burkina Faso) a entrepris, après avoir testé le marché, la fabrication à une relative grande échelle de yoghurt, utilisant la méthode originaire du Bénin qu’elles avaient acquise grâce à une session de transmission du savoir faire organisée par AVAL. Ce dernier a également encouragé ces femmes à partager ce savoir faire acquis avec d’autres au Burkina.

Enseignement : Des études ou des tests de marché devraient être faits avant de s’engager dans des transferts de savoir faire d’une communauté à l’autre

 

Pratique no. : 106
Pays :
Mali

Domaine : Santé

Technologie :  Médecine traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Les Dogons




Source: Association malienne pour les connaissances traditionelles (AMACOTRA)

BPE 2666, ACI 2000 Avenue Cheikh Zayed, Bamako, Mali. Tel: (223) 29 1504

Lien :

Contact:

Application: Les Dogons utilisent une plante aux propriétés contraceptives pour s’attaquer à la question des jeunes mères non-mariées et pour contrôler les naissances.

Les Dogons du village de Guinoubanou (district de Kani, région de Bandiagara) au Mali utilise une plante aux propriétés contaceptives depuis les temps les plus anciens. Les dogons sont sensibles à la question des jeunes mères non-mariées, car cela peut ternir la réputation de la famille. Ils sont également concernés par la santé des femmes, qui sont considérées comme un pilier essentiel de la structure familiale. Ainsi, les filles sont poussées par leur parents à pratiquer une certaine forme de contrôle des naissances. On leur donne une préparation à base d’herbes à consommer chaque mois, au début de la menstruation. Cette préparation est aussi utilisée par les femmes qui viennent d’accoucher afin d’aider à leur rétablissement et également pour des raisons d’espacement des naissances.

La famille Tapily du village de Guinoubanou est la gardienne de ce savoir depuis des générations.

Enseignement : Les methods traditionnelles de contrôle des naissances lorsqu'elles sont efficaces et

sûres devraient être considérées aux fins d'utilisation par les organisations de  

développement. 

Pratique no. : 107

Pays :
Mali

Domaine : Santé

Technologie : Médecine traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Villageois de Diomana

 

 

Source: Association malienne pour les connaissances traditionelles (AMACOTRA)

BPE 2666, ACI 2000 Avenue Cheikh Zayed, Bamako, Mali. Tel: (223) 29 1504

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Contact:

Application: Une poudre médicinale anti-venimeuse est préparée selon un rituel qui renforce la cohésion sociale.

Le village de Diomana dans le district de Niéna (région de Sikasso) est le seul au Mali a posséder le secret d’une poudre médicinale anti-venimeuse. Cette poudre est reconnue comme étant un traitement efficace contre les morsures de serpent par les habitants de la capitale régionale Sikasso et ceux de 80 villages voisins, ainsi que par les médecins et patients locaux. Cette poudre médicinale obtenue à partir d’écorces d’arbres est préparée durant une cérémonie annuelle qui dure deux jours et à laquelle participent les habitants de la région. Les écorces sont collectées par un petit groupe d’initiés mâles du village. Elles sont ensuite écrasées dans des mortiers par un autre groupe d’initiés mâles.

     

Enseignement : Le rituel qui accompagne la préparation de cette poudre médicinale anti-venimeuse assure une fonction de maintien de la cohésion sociale.

Pratique no. : 108

Pays : Ouganda

Domaine : Santé

Technologie :  Technologie de l’information et de la communication

Détenteurs des connaissances : Sage-femmes traditionnelles

 

 

Source: “The Challenge and opportunities of Information and Communication Technologies (ICTs) in the health sector.” par Maria G. N. Musoke, préparé pour le African Development Forum (ADF) ’99; Maria G. N. Musoke, Makerere University, Uganda

Lien :

Contact: lip97mgm@sheffield.ac.uk

 

Application: Les sage-femmes traditionnelles en utilisant certaines technologies de l’information contribuent à la réduction de la mortalité liée à la maternité

Le projet pilote de service de santé d’urgence en mulieu rural : Rural Extended Services and Care for Ultimate Emergency Relief (RESCUER), lancé en Ouganda dans le district d’Iganga, s’est attaqué au problème du taux élevé de mortalité liée à la maternité. Le projet a donné les moyens à un réseau de sage-femmes traditionnelles d’établir des partenariats avec les centres de santé afin d’offrir des soins de santé aux femmes enceintes. Ceci a résulté en une meilleure orientation des patientes, ainsi qu’en l’augmentation des services de soins offerts à un plus grand nombre de femmes enceintes. La technologie moderne a été utilisée pour permettre aux sage-femmes

de référer les patientes aux centres de santé. Ceci a impliqué l’installation d’un système de communication radio VHF utilisant l’énergie solaire et comprenant des stations fixes dans les centres de santé, des talkie walkies et des véhicules radios dans les ambulances des hôpitaux de référence ainsi que dans le véhicule du médecin-conseil. Un impact notable du projet fut que la mortalité infantile a décliné de plus de 50% sur une période de trois ans. 

 

Enseignement: Habiliter en leur offrant des moyens et responsabiliser les sage-femmes traditionnelles, peut permettre d’étendre la zone d’intervention des services de santé publique et réduire le taux de mortalité liée à la maternité.


Pratique no. : 109

Pays :
Cameroun

Domaine : Agro-industrie

 

Technologie : Fabrication de sel

Détenteurs des connaissances : Communautés Moundangs et Toupouris

 

 

 

Source: Zingno, P.R. C/O CIKO, P. O. BOX 8437, YAOUNDE, CAMEROON

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Contact: ngwasiri@camnet.cm

Application: Les Moundangs et les Toupouris du nord du Cameroun utilisent une préparation à base de tiges de sorgho, appelée “garlaka”, en tant que succédané au sel.

Le nord du cameroun est une région de production de bétail de premier plan où le sel est en trés grande demande. En 1994, aprés la dévaluation du franc CFA, le prix du sel a augmenté de 400% et depuis lors, l’offre de ce produit a été irrégulière avec un prix fluctuant. Pour faire face à cette situation, les Moundangs et les Toupouris qui vivent dans la région (district de Mayo-Kebbi) ont développé un savoir-faire qui permet de fabriquer un succédané au sel à partir de tiges de sorgho séchées. Avant d’être utilisées à cet effet les tiges de sorgho ne servaient aucun usage. Ces tiges sont rassemblées et brulées et les cendres sont tamisées et bouillies dans de l’eau jusqu’à devenir blanchâtres. Aprés s’être refroidi, le liquide est laissé à coaguler. A ce stade, il est prêt pour la consommation en tant que succédané au sel. Deux autres intrants seulement sont nécessaires pour la fabrication : du feu et de l’eau. Ce sel appelé “garlaka” est produit par et vendu par les femmes, ce qui leur permet de gagner jusqu’à  250.000 francs CFA par an.

Enseignement : Connaitre les diverses utilisations de certaines plantes peut aider à faire face à certaines pénuries de produits de première nécéssité et même à générer un revenu pour certains membres des communautés rurales 

Pratique no. : 110

Pays : Cameroun

Domaine : Agriculture

Technologie :  Fertilisation du sol

Détenteurs des connaissances : Agriculteurs Foulbe

 

Source: Mballa, A. C/O CIKO, P. O. BOX 8437, YAOUNDE, CAMEROON

Lien :

Contact: ngwasiri@camnet.cm

 

Application: Les agriculteurs Foulbe de Garoua dans la Province Nord du Cameroun utilisent une technique de fertilisation du sol qui leur a été transferrée avec succès de la République du Chad voisine.

 

Les agriculteurs Foulbe de Garoua, au nord du Cameroun, utilisent les cornes des bovins domestiques pour fertiliser le sol des vergers et des champs. Une paire de cornes provenant d’un bovin qui vient d’être tué sont placés sur le sol à une distance de 40 à 75 centimètres d’un arbre. Les cornes attirent certains insectes qui tout en s’en nourrissant fertilisent le sol avec leurs sécrétions. Dans les champs et vergers où cette méthode a été appliquée, les rendements des récoltes auraient augmentés de prés de 75%, comme l’indique le Centre de recherches agronomiques de Garoua.   

Enseignement : Les institutions de vulgarisation agricole pourraient promouvoir l’utilisation de certains fertilisants biologiques développés et produits par les communautés locales et transférés avec succès d’un pays à l’autre.

 

Pratique no. : 111

Pays : Niger

Domaine : Education

Technologie :  Autorite Traditionnelle

 

Détenteurs des connaissances :

 

 

Source: Souleymane Anza, IPS, and Global Information Network: Mai Manga Therese, CTPSF (Comité Technique pour la Promotion de la Scolarité des Filles), Ministère de l’éducation, Niamey, Niger; and, Unicef - West and Central Africa, Boite Postale 443, Abidjan 04, République de Côte d'Ivoire, tel : (225)20.213.131

Lien :

Contact : WCARO@PO302A01

Application:  Des chefs traditionnels utilisent leur influence pour promouvoir l’instruction des filles.

Au Niger, d’aprés les statistiques officielles, seul un tiers des enfants fréquente l’école, et le taux de fréquentation des filles est même moindre (25,3%). Plusieurs raisons, plus particulièrement d’ordre socio-économique et culturel expliquent cette situation, qui se trouve être pire dans les zones rurales. La plupart des parents sont généralement d’accord pour envoyer leur enfants à l’école, mais bon nombre d’entre eux la considère comme peu adaptée aux filles, alors que d’autres trouvent qu’elle ne les prépare pas à assumer leurs rôles d’épouses et de mères, tandis que dans les zones rurales elle est considérée comme empéchant ces filles de se marrier à un âge approprié (généralement entre 12 et 13 ans). Du 8 au 9 mars 2000, un symposium national financé par l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), sur “le rôle des chefs traditionnels dans la survie, la protection et le développement des femmes et des enfants”, a rassemblé plus de 200 de ces chefs (aux niveaux des provinces, districts et villages). Un des résultats de la conférence fut qu’ils se mirent d’accord pour développer des stratégies de persuasion de leurs communautés respectives d’envoyer leurs filles à l’école. Ils expliqueront que plus les filles sont instruites, plus leur vie sera facile plus tard, aux plans économique et social, et qu’une femme instruite gère mieux les finances et la petite affaire familiale et qu’elle peut également contribuer au succès des enfants à l’école. D’aprés le coordinateur de “l’Unité technique pour la promotion de l’instruction des filles”, créé par le gouvernement du Niger, grâce à de telles actions, 40% des filles devraient pouvoir intégrer l’école d’ici la fin de l’an 2000.    

Enseignement : Grâce à leur autorité morale, les chefs traditionnels peuvent influencer leurs communautés afin de réaliser certains objectifs du développment nécessitant un changement de comportement

 

Pratique no. : 112

Pays : Ethiopie

Domaine : Communication

Technologie :  Moyen de communication traditionnel

Détenteurs des connaissances : La communauté des Afars

 

 

 

Lien :

Contact: mailto::%20EHNRI@telecom.net.et

 

Application: Chez les Afars, le terme ‘dagu’ désigne un moyen de communication traditionnel qui permet de transmettre l’information efficacement et rapidement

Au sein de la société Afar, toute information qui affecte le ou contribue au bien-être des individus ou du groupe leur est transmise en une journée grâce à un moyen de communication traditionnel de bouche à oreille appelé ‘dagu’. L’authenticité et la validité des messages doivent d’abord être confirmées par les anciens qui bénéficient généralement de la confiance des membres de la communauté. Les messages ont généralement trait à des évènements tels que mariages, funérailles, ou à d’autres questions d’ordre économique ou sociale. 

Enseignement : Les méthodes de communication traditionnelle de bouche à oreille lorsqu’elles sont efficaces peuvent être envisagées pour transmettre des messages concernant des questions de développment au sein d’une communauté ou d’une communauté à l’autre.

Source: Akalu Woldemariam, Association for the Promotion of Indigenous Knowledge (APIK) Addis Ababa University P.O. Box 1176 Addis Ababa, Ethiopia, Tel/Fax: +251-1-550655

Pratique no. : 113

Pays : Ethiopie

Domaine : Santé

Technologie :  Pharmacopée traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Communautés locales

 

Source: Akalu Woldemariam, Association for the Promotion of Indigenous Knowledge (APIK) Addis Ababa University P.O. Box 1176 Addis Ababa, Ethiopia, Tel/Fax: +251-1-550655

Lien :

Contact: EHNRI@telecom.net.et

Application: Les communautés à travers l’Ethiopie utilisent une mixture à base de poudre de café et de miel appelée ‘mar ba buna’ pour traiter la diarrhée

‘Mar ba buna’ est le nom d’une mixture faite à base de poudre de café et de miel, utilisée comme traitement de la diarrhée par diverses communautés locales d’Ethiopie et considérée comme efficace. Le café est torréfié et moulu et le miel est collecté de préférence au mois d’octobre, durant la floraison de nombreuses espèces de fleurs. On mélange dans un bol 50 à 100 grammes de café fraîchement moulu avec une quantité égale de miel. La mixture est ensuite consommée par le patient, dont la diarrhée est censée cesser aprés la première prise de ce médicament traditionnel. 

 

Enseignement : Facile à préparer et d’un bon rapport qualité prix, les préparations médicales traditionnelles lorsque leur efficacité est prouvée, pourraient être transmises d’une communauté à l’autre.

 

Pratique no. : 114

Pays : Ethiopie

Domaine : Production artisanale

Technologie :  Fabrication d’encre

Détenteurs des connaissances : Communautés locales

 

Source: Akalu Woldemariam, Association for the Promotion of Indigenous Knowledge (APIK) Addis Ababa University P.O. Box 1176 Addis Ababa, Ethiopia, Tel/Fax: +251-1-550655

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Contact: EHNRI@telecom.net.et

Application: Une encre à base d’herbes et d’argile, traditionnellement utilisée pour écrire sur des parchemins est également utilisée sur du papier.

‘Kalam’ qui signifie encre en Amharic, est donc une encre préparée localement et utilisée par les scribes et les membres du clergé pour écrire sur des parchemins depuis des siècles. Sept plantes différentes entrent dans la composition de cette encre. Elles sont cueillies et déposées sur le sol pour sécher au soleil. Elles sont  ensuite moulues et mélangées avec de l’argile et de l’orge grillée. La mixture est alors conservée pendant 6 mois et remuée une fois par jour pendant les 4 à 5 premiers mois. A la fin de cette période, le mélange est devenu plus dur et peut être brisé en plusieurs morceaux et dissous dans de l’eau dans un bol ou une bouteille. Les textes écrits avec cette encre endure l’épreuve du temps pendant des siècles, comme le prouvent les parchemins gardés dans les monastères du pays.

 

Enseignement : Cette méthode de préparation de l’encre offre un bon rapport qualité prix et pourrait être transferrée à d’autres communautés.  L’encre pourrait également être produite en grande quantité en combinant la méthode traditionnelle de préparation avec les technologies modernes.   

Pratique no. :  115

Pays : Ethiopie

Domaine : Agriculture

Technologie :  Conservation des sols

Détenteurs des connaissances : Agriculteurs du nord du pays

 

Source: Association for the Promotion of Indigenous Knowledge (APIK) Addis Ababa University P.O. Box 1176 Addis Ababa, Ethiopia, Tel/Fax: +251-1-550655

Lien :

Contact: EHNRI@telecom.net.et

Application: Un haricot appelé ‘gebeto’ est planté dans les champs du nord de l’Ethiopie plusieurs mois avant l'ensemencement pour restaurer la fertilité des sols

Les agriculteurs du nord de l’Ethiopie, particulièrement dans la région d’Agaw Mider utilisent une sorte de haricot appelé ‘gebeto’ en tant que fertilisant. Ce haricot, au goût trés amer n’est pas apprécié des oiseaux et est planté dans les champs quelques six mois avant les semences de maïs, de blé ou d’autres céréales. La plante qui pousse n’est pas cueillie mais est laissé à sécher pour devenir un fertilisant naturel. Les agriculteurs labourent ensuite leurs champos et l’ensemencent. Il a été rapporté que grâce à cette méthode de fertilisation naturelle la production a augmenté de manière substancielle. Le haricot ‘gebeto’ est aussi utilisé à des fins médicales. Au nord de l’Ethiopie, on en fait cuire une poignée, qui, consommée chaque matin, est censée réduire la tension artérielle.

Enseignement : Les méthodes traditionnelles de fertilisation des sols devraient pouvoir être étudiées, préservées et leur utilisation promue.


Pratique no. : 187

Pays :
Madagascar

Domaine : Santé

Technologie :  Médecine traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Les guérisseurs traditionnels

 

Source:  National Geographic, avril 2000

Lien :

Contact: : nayachi@worldbank.org

 

 

Application: Les ‘ombiasys’ (guérisseurs), principaux agents de santé pour la population locale développent  des traitements complémentaires efficaces pour des maladies comme la malaria.

A Madagascar les ‘ombiasys’ sont des guérisseurs et pharmaciens traditionnels. Ils sont connus pour avoir développé une connaissance profonde des plantes et pour celle des artéfacts sacrés utilisés pour invoquer leur pouvoir de guérison. Le savoir des ‘ombiasys’ provient de leurs ancêtres et de l’expérience. Ils utilisent le ‘jateorhiza palmata’ (vigne de couleur verdâtre) pour calmer les douleurs ; l’écorce du baobab local dont il font un bouillon pour calmer les douleurs dos (le baobab étant sacré, seule la portion d’écorce dont on a besoin est prise) ; les feuilles et l’écorce d’ ‘harungana madagascariensis’ pour stimuler la sécrétion de sucs gastriques dans le traitement des problèmes digestifs. En outre, il faut signaler qu’en s’appuyant sur les savoirs locaux en médicine traditionnelle, un thé préparé à partir d’écorces de ‘strychnos’  pour accroître l’action de la chloroquine contre un parasite dans le traitement de la Malaria, a été développé par l’Institut Malgache de Recherches Appliquées. L’institut  demontrait ainsi que combiner des méthodes de traitement de la médicine traditionnelle avec la médecine moderne peut permettre de développer des traitements efficaces et d’un bon rapport qualité prix.

 

Enseignement : Le savoir des guérisseurs locaux peut être combiné aux méthodes de la médecine moderne pour développer des traitements d’un bon rapport qualité prix de maladies telles que la malaria.

Pratique no. : 188

Pays :
Afrique du sud

Domaine : Santé

Technologie : Traitement des symptômes du SIDA

 

Détenteurs des connaissances : Les guérisseurs traditionnels




 

Source: The Sowetan (Johannesburg) May 21, 1999. By Mokgadi Pela

Lien : http://www.sun.ac.za/

Contact: nayachi@worldbank.org

 

Application: Une tubercule, une plante médicinale traditionnelle utilisée pour traiter des maladies chroniques virales et certains cancers, est à présent reconnue par les médecins pour renforcer le système immunitaire des personnes séropositives.

Une tubercule (Hypoxis), une plante médicinale qui pousse dans le Kwa Zulu Natal en Afrique du Sud, utilisée par les guérisseurs traditionnels pour traiter des maladies chroniques et virales, ainsi que certains cancers de la vessie  et de la prostate, et, d’aprés certaines sources des maladies sexuellement transmissibles, s’est avéré contenir des substances appelées stérol et stérolin (lipides), ce qui a permis à de nombreux malades de guérir plus rapidement de certaines maladies chroniques. Une partie de la tubercule est  empoisonnée, mais une préparation et un dosage adéquats peuvent permettre le renforcement du système immunitaire. Les chercheurs de l’université de Stellenbosch (Afrique du sud) ont effectué une recherche intensive sur ce médicament traditionnel et ont développé sur la base de cette tubercule des pillules plus faciles à consommer. Ils ont indiqué que bien que cette tubercule ne constituent pas un traitement en soi, elle est trés utile lorsque combinée à d’autres types de traitement. D’aprés le professeur Patrick Bouic qui dirige le département d’immunologie de l’université de Stellenbosch et le professeurr Ruben Sher de HIVCare International, la plante permet d’accroître le CD4 (la quantité de cellules blanches), de stabiliser le patient, d’augmenter le poids du dit patient et de réduire la quantité de VIH dans le corps. Les deux professeurs ont aussi  souligné l’importance de la combinaison des médecines occidentale et traditionnelle dans le traitement des maladies graves. Ce médicament préparé à base du tubercule est commercialisé sous la forme de capsules et on ne devrait pouvoir se le procurer que dans les centres de santé et les pharmacies.

Enseignement : Combiner médecines occidentale et traditionnelle dans le traitement de certaines maladies peut permettre de développer des traitements efficaces

Pratique no. : 189

Pays :
Ethiopie

 

Domaine: Santé 

 

Technologie : Médecine traditionnelle

 

Détenteurs des connaissances : Guérisseurs

 

 

Source: Lenna Liu, M.D. , University of Washington.

 

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Contact: nayachi@worldbank.org

Application: Les maladies respiratoires telles qu’asthme, pneumonie, tuberculose sont d’une certaine manière reconnues par les guérisseurs traditionnels et traitées en tant que telles.

Il existe deux types de guérisseurs en Ethiopie, le rebouteux appelé ‘wogesha’ qui traite les fractures et le médecin traditionnel appelé ‘medihanit awakge’ (‘medihanit’ signifie médecine et ‘awakge’ sage) qui traite les maladies communes et dispense des remèdes par les herbes. C’est ainsi que le ‘medihanit awakge’ prescrit des traitements de l’asthme, qui est distingué du rhume (refroidissement), de la pneumonie, de la tuberculose et d’autres maladies des poumons. La pneumonie est trés commune, associée avec l’exposition au froid elle est traitée en exigeant du malade qu’il reste chez lui. La tuberculose ou ‘samba nkersa’ (‘samba’ signifie poumon et ‘nkersa’ cancer) est considéré comme une maladie sérieuse et est traitée en isolant le patient à cause de sa communicabilité. Il n’y a guère de tabous associés à l’asthme. Les gens savent qu’on peut en mourir et bien que certains enfants en souffrent, les personnes agées en sont les plus atteintes. On traite l’asthme en incitant les malades à changer de résidence et à rechercher un climat plus favorable. On peut également le prévenir, d’aprés les guérisseurs, en évitant les éléments qui l’aggravent tels que la poussière et le pollen. Il est traité par la consommation d’un miel appelé ‘tazma mar’. Le savoir de ces guérisseurs est transmis d’une génération à l’autre.  

 

Enseignement : Connaitre la classification et le traitement traditionnels de certaines maladies (respiratoires) peut faciliter le travail des agents de santé dans les communautés rurales

Pratique no. :  190

Pays :
Erythrée

Domaine : Santé

Technologie :  Médecine traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Les guérisseurs traditionnels

 

Source: Ken Feldman, MD, Children's Hospital and Medical Center, Seattle, WA

 

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Contact: nayachi@worldbank.org

 

Application: La croyance dans le pouvoir guérisseur de certaines plantes fait partie du processus de guérison.

Bon nombre d’érythréens croient au pouvoir de guérison des plantes, particulièrement celles de certaines racines. Leurs guériseurs traditionnels leur donnent des racines à mâcher et, aprés cela, ils disent se sentir généralement mieux.  Ils croient également au pouvoir de certaines plantes pour éloigner les serpents et même pour guérir de leurs morsures. D’autres méthodes utilisées par les guérisseurs traditionnels comprennent les brûlures de diverses parties du corps au moyen d’une piece de métal chauffée à blanc, tels que les coudes et les chevilles, pour par exemple traiter la jaunisse. Dans d‘autres cas il s’agit des tempes ou de la zone intercostale droite. D’autre part pour traiter certains problèmes abdominaux résultants du « mauvais oeil », de petites incisions sont pratiquées pour laisser couler quelques gouttes de sang. Dans ce dernier cas seules les femmes  effectuent le traitement, alors que pour la jaunisse, ce peut être l’un ou l’autre sexe.  Les guérisseurs traditionnels érythréens sont aussi connus pour enlever les goitres, comme en témoignent certaines marques au niveau du cou.

Enseignement : Il apparait que la croyance en l’efficacité de certaines pratiques médicales traditionnelles contribue au processus de guérison. Ceci pourrait être pris en considération par les agents de la santé dans le développement d’approches adaptées aux communautés locales.

Pratique no. : 191

Pays :
Somalie

Domaine : Santé

Technologie : Médecine traditionnelle

Détenteurs des connaissances : Les guérisseurs traditionnels

 

 

 

Source: Toby Lewis, MD, University of Washington

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Contact: nayachi@worldbank.org

 

Application: Les guérisseurs somalis traditionnels sont particulièrement à même de traiter une variété de maladies telles que l'hépatite, la pneumonie, la rougeole, les maux d’estomac, les factures, en utisant des plantes médicinales, par les brûlures, et par les prières

En Somalie la médecine traditionnelle est pratiquée par les guérisseurs qui sont habituellement les hommes âgés de la communauté qui ont appris leurs qualifications des membres plus âgés de la famille. Ils sont particulièrement versés dans le traitement de l'hépatite, de la rougeole, des oreillons, des bosses, des factures, etc… Les méthodes utilisées comprennent les brulûres, les plantes médicinales, les prières. Le traitement par les brulûres est un procédé où un bâton fait avec du bois provenant d'un arbre spécial est chauffé jusqu'à ce qu'il rougeoie puis appliqué sur la peau du malade. Il est généralement utilisé pour l'hépatite (identifiée lorsque les yeux, la peau et les ongles deviennent jaunâtres et l’urine foncée). Dans ce cas le guérisseur applique le bâton chauffé une fois sur chacun des poignets du malade et 4 fois sur son abdomen. Il est également utilisé dans les cas de malnutrition (marasmus); lorsque la tête apparaît plus grande, hors de proportion avec le reste du corps. Dans ce cas le morceau de bois chauffé est appliqué sur la tête afin d’en réduire la taille. La pneumonie est traitée avec du feu, des herbes, et parfois par des ponctions (pour retirer des «fluides») faites au niveau de la poitrine. Les attaques sont traitées avec des herbes et en lisant le Coran. Les maux d’estomac et les douleurs au dos sont traités avec l’herbe ‘habakhedi’, alors que les éruptions cutanées  et les angines le sont avec un thé fait à partir de l'herbe ‘dinse’. Les guérisseurs traditionnels traitent également les maladies provoquées par les esprits. Losque ces derniers sont  fâchés, des maux tels que fièvre, mal de tête, vertige, faiblesse peuvent en résulter. Ces maux sont traités par des cérémonies curatives conçues pour apaiser les esprits. Ces cérémonies impliquent la lecture du Coran, la consommation de nourritures spéciales et de faire brûler de l'encens. Ces cérémonies durent une à deux journées.

 

Enseignement : Les cérémonies curatives impliquant la lecture du Coran la consommation de