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No. 171 December 2001 |
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La Scolarisation des Filles : le Rôle de Politiques d'Enseignement en Mauritanie et en Guinée Introduction Cet article analyse le rôle des politiques d'enseignement en tant que facteur de succès pour la promotion de la scolarisation des filles dans deux pays : la Mauritanie et la Guinée, qui ont abordé avec succès cette question. La situation actuelle du Burkina Faso et du Mali est brièvement notée. L'objectif principal de cette étude était de comprendre et d'expliquer les pratiques et circonstances qui favorisent le succès des filles à l'école. Les résultats de cette recherche ont révélé que les problèmes auxquels font face les filles au niveau scolaire, et aussi bien que les succès qu'elles connaissent, font partie de toute une dynamique, où des facteurs socioculturels, scolaires et institutionnels se chevauchent et se renforcent mutuellement. Politiques de l'enseignement en Afrique Dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, la politique de l'enseignement est conçue et mise en oeuvre dans le contexte d'une crise économique et sociale. En plus, les finances publiques sont limitées par des choix qui doivent être faits en termes d'allocation et de distribution de fonds publics, ce qui nécessite une définition des priorités dans l'ordre du jour politique pour réaliser l'éducation pour tous les enfants. Étant conscient du fait que l'éducation joue un rôle primordial dans le développement, plusieurs pays africains ont essayé, avec plus ou moins de succès, à faire de l'éducation une priorité nationale, liée directement à la croissance économique. Cependant, il importe de noter qu'un déséquilibre dans la répartition des ressources reste cependant une réalité dans la plupart des pays africains. C'est en Afrique que, "la générosité de l'État en ce qui concerne les universités est la plus marquée, étant donné que les dépenses par étudiant universitaire sont environ 44 fois plus élevées que pour l'éducation primaire." (Rapport sur le Développement du Monde, Banque mondiale, 1997). Au moment où l'Education pour Tous semble être une priorité, ou même une nécessité, l'importance des choix intra-sectoriels dans cette partie du monde devraient s'orienter plus vers l'éducation primaire et l'éducation secondaire. En effet, dans les pays où la majorité de la population a à peine accès à des services de base, le développement de l'enseignement primaire et/ou secondaire semble être extrêmement important. À cet égard, les politiques de l'enseignement sont les résultats des choix qui tiennent compte, plus ou moins, des limitations sociales et des réalités économiques. Deux tendances principales apparaissent dans la manière dont les facteurs politiques déterminent le succès de la scolarisation des filles. D'une part, l'accent doit être mis sur la disponibilité du matériels nécessaires et des ressources humaines, des enseignants dotés des compétences solides et des qualifications académiques appropriées. D'autre part, il est essentiel de sensibiliser les parents et le reste de la communauté. Les autorités publiques et le personnel chargé des conseils en matière d'éducation, peuvent jouer un rôle important pour obtenir l'appui des communautés. Pour évoluer dans cette direction, un partenariat doit être établi entre le gouvernement, l'administration scolaire et les populations et, l'appui des leaders d'opinion, (des responsables religieux, d'autres personnalités importantes, etc.) doit être sollicité pour sensibiliser davantage les populations de l'importance d'une bonne scolarisation des filles. Ces deux tendances ont été suivies avec succès dans certaines mesures, par les pays concernés dans cette étude. Au-delà des pourcentages des dépenses publiques assignés au secteur éducation, cette étude examine aussi les politiques mises en place pour aborder des questions non seulement sectorielles, mais aussi, plus spécifiquement, des problèmes liés à la scolarisation des filles. À cet égard, les exemples de la Mauritanie et de la Guinée méritent d'être noter. L'exemple Mauritanien Entre 1960 et 1999, le gouvernement Mauritanien avait lancé cinq projets pour l'éducation (Projets I, II, III, IV et V). L'un des objectifs du dernier projet, Projet V, est d'entreprendre des campagnes de sensibilisation à travers tout le pays, non seulement sur les questions liées à l'éducation des filles, mais aussi appuyer les communautés dans leurs efforts d'améliorer d'éducation des filles. A travers les efforts d'une équipe gouvernementale, le Secrétariat pour la Condition des Filles et des Femmes, le Fonds pour l'Appui à des Filles et le Secrétariat pour Alphabétisation, plusieurs campagnes de sensibilisation ont été lancées. Les facteurs les plus importants de ce projet sont d'une part que : les solutions proposées concernent souvent la localité - et sont spécifiques au contexte et en plus, les autorités traditionnelles, politiques et religieuses participent aux activités du projet. En général les objectifs visés par ces réformes, c'est-à-dire généraliser l'éducation et améliorer sa qualité, profitent considérablement la scolarisation des filles à travers des mesures telle que la construction des écoles près des domiciles, l'intégration des femmes dans le corps enseignant et, sans aucune doute, le matériel pédagogique. En plus des réformes générales, des mesures spécifiques visant l'amélioration de l'accès des filles à l'éducation moderne et leur succès dans la vie scolaire, ont été mise en oeuvre. Sanctionnées par des déclarations et des décisions prises au niveau régional ou national, ces mesures sont bénéfiques à la scolarisation des filles dans le sens qu'elles leurs accordent une grande priorité lorsqu'il s'agit d'octroyer des dons, l'accès à des cantines scolaires ou en rassurant les parents conservateurs en regroupant les élèves suivant leur sexe dans les salles de classe. Grâce à des mesures adoptées en Mauritanie, le taux brut d'inscription en éducation primaire a rapidement accru de 45.5% (39.3% pour les filles) en 1989-90 à 86.2% (83.2% pour les filles) en 1997-98. L'Exemple Guinéen En 1989, la Guinée avait mis en oeuvre un Programme d'Ajustement Structurel Éducation, PASE I. Ce programme avait pour objectif d'améliorer l'efficacité interne et externe du système éducatif, rendre l'éducation accessible à toutes les filles à travers le pays et rectifier les disparités principales entre les sexes aussi bien qu'entre les zones rurales et urbaines. Un accent particulier avait été mis sur l'accès à l'éducation des zones rurales enclavées et des régions où les taux d'inscription scolaire étaient particulièrement faibles. La synergie entre PASE I et d'autres programmes et projets d'éducation a produit des résultats positifs. Le taux brut d'inscription au niveau primaire a augmenté de 21.7 % à 37 % entre 1990 et 1997. Dès 1996, après une évaluation de PASE I, il avait été décidé de continuer le programme, avec quelques modifications, de PASE II. Le nouveau projet avait accordé la priorité à la qualité de l'éducation, l'équité et l'accès et, actuellement, les résultats sont encourageants. En plus, le taux brut d'inscription dans le primaire a connu une progression régulière, allant de 34.6 % (21.7 % pour les filles) en 1989-90 à 51% (36.9 % pour les filles) en 1997-98. Malgré ces améliorations substantielles, quelques problèmes restent toujours. En 1998, le taux brut d'inscription pour les garçons (65.7 %) était toujours considérablement plus élevé que pour les filles. Le taux d'inscription des filles était particulièrement faible dans neuf préfectures enclavées dans les parties Nord et Nord-est du pays. De même, la disparité entre les zones urbaines et rurales continue. En effet, les statistiques indiquent qu'en 1998, les taux d'inscription en zones urbaines étaient plus de 53 % de la population d'âge scolaire, tandis que dans des zones rurales ils étaient seulement de 47 %. Le Mali et le Burkina Faso Le Burkina Faso et le Mali ont développé des plans ou programmes de dix ans. Au Burkina Faso, le Plan Décennal pour le Développement de l'Éducation de Base (PDDEB), établi pour la période de 1998-2007, se concentre sur l'éducation de base, la scolarisation des filles et l'alphabétisation. Au Mali, le Programme pour le Développement de l'Éducation (PRODEC) a été lancé en 1996 et approuvé en mai 1998. L'un des principaux objectifs du programme est d'atteindre un taux brut d'inscription de 70 % pour les filles avant 2008. Ces deux pays pourraient sans aucun doute tirer des enseignements des exemples de la Mauritanie et la Guinée. Il importe aussi de noter que les quatre pays dans cette étude ont officiellement déclaré leur engagement d'aider les filles en créant des structures qui seront responsables de l'amélioration des taux d'inscription des filles dans les programmes d'éducation de base. À cette fin, la Mauritanie avait créée un Secrétariat D'état pour la Condition des Filles et des Femmes dans son gouvernement, la Guinée, un Comité d'Équité, le Burkina Faso, un Département pour la Promotion de la Scolarisation des Filles et le Mali, un Comité pour la Scolarisation des Filles. Ces structures différentes font preuve de la volonté des pays concernés de promouvoir la scolarisation des filles et d'intégrer cet aspect dans un programme d'éducation de base plus large. Conclusion La politique de l'enseignement est souvent limitée par la croissance économique et les allocations budgétaires disponibles. Au-delà de ces contraintes, les choix faits dans la politique de l'enseignement comme la répartition sectorielle du budget d'éducation, mettent en évidence les priorités des autorités publiques. À cet égard, le cas de la Mauritanie révèle un désir marquant pour développer la scolarisation des filles. Dans ce pays, la politique et les réformes effectuées dans le système d'éducation nationale encouragent la scolarisation de jeunes filles. La Guinée est un autre exemple où la volonté politique avait été exprimé à travers la redistribution du budget de l'éducation dans le but de bénéficier l'éducation primaire, des campagnes de sensibilisation, la prise de conscience de la population en ce qui concerne la nécessité d'envoyer les filles à l'école et, finalement, une augmentation des taux d'inscription des filles. La scolarisation des filles nécessite un cadre formel de référence que, seulement des politiques nationales d'enseignement est en même de fournir. Un engagement déterminé de l'Etat, suivi par des mesures claires et des travaux de sensibilisation de tous les acteurs qui interviennent dans le secteur, sont des conditions préalables pour l'accès, l'entretien et le succès des filles dans le système scolaire. La Mauritanie et la Guinée sont, à cet égard, des exemples d'actions synergiques évidentes qui ont mené à une augmentation des taux d'inscription des filles. Cette analyse est basée sur une étude dirigée par Mme. Aminata Maiga-Touré dans quatre pays de l'Afrique francophone. Une version condensée de cette expérience se trouve dans Findings No.164, d'août 2000. Pour toute information supplémentaire, veuillez contacter Mme. Aminata Maiga-Touré, Bureau J-9-010, Banque mondiale, 1818 H Street, N.W. Washington, D.C. 20433. Tel. (202) 458-2854, e-mail : Amaiga@worldbank.org
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