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Au Delà de la Croissance Économique--Un livre virtuel de l'eleve
Table des matières | Introduction | Glossaire | Classification des économies par revenu et région | Tableaux de données
Chapitres : I | II | III | IV | V | VI | VII | VIII | IX | X | XI | XII | XIII | XIV | XV | XVI | XVII
II. Comparaison des niveaux de développement

Les pays ne sont pas tous dotés de la même façon en capital naturel. Par exemple, certains jouissent de terres agricoles fertiles, tandis que d'autres doivent consacrer de gros efforts à l'amélioration de sols artificiels. Certains ont découvert de riches gisements de pétrole et de gaz sur leur territoire, alors que d'autres doivent importer la plupart de leurs combustibles fossiles. Autrefois, le manque ou l'abondance de ressources naturelles avait une grosse incidence sur le développement d'un pays ; aujourd'hui, le fait d'être richement doté n'est pas le facteur le plus déterminant de réussite à cet égard. Prenons le cas de pays à revenu élevé tels que la République de Corée ou le Japon. Leur haut niveau de développement économique leur permet d'exploiter leurs ressources naturelles limitées d'une manière bien plus productive (efficace) que ne le pourraient beaucoup de pays moins développés. Il est généralement admis que la productivité dont font preuve les pays dans l'exploitation de leurs facteurs de production — leur capital physique, humain et naturel — est le principal indicateur de leur niveau de développement économique.

Théoriquement, les économistes qui ont à comparer le niveau de développement de différents pays devraient donc calculer le degré de productivité dont ils font preuve dans l'utilisation de leur capital. Mais ce type de calcul est extrêmement problématique, principalement du fait qu'il est difficile d'assigner des valeurs aux composantes du capital naturel et humain. En pratique, les économistes ont recours au produit national brut (PNB) par habitant ou au produit intérieur brut (PIB) par habitant pour parvenir au même résultat. Ces indicateurs statistiques sont en effet plus faciles à calculer. Outre le fait de donner une idée approximative du degré de productivité relatif de différents pays dans l'emploi de leurs ressources, ils mesurent leur niveau relatif de bien-être matériel, qu'il tienne à la chance dont ils bénéficient en termes de ressources naturelles et foncières ou à l'extrême productivité dont ils font preuve dans leur exploitation.

Produit intérieur brut et produit national brut

Le PIB représente la valeur de la production finale de biens et services assurée au cours d'une année sur le territoire d'un pays. Le PNB est le PIB, plus les revenus reçus de l'étranger par les résidents du pays, moins ceux versés aux non-résidents.

Il y a deux façons de calculer le PIB et le PNB :

  • en additionnant l'ensemble des éléments de revenu d'une économie — salaires, intérêts, bénéfices, loyers ;
  • en additionnant tous les éléments de dépense de l'économie — consommation, investissement, achats publics de biens et services, exportations nettes (exportations moins importations).

En théorie, le résultat de l'un ou l'autre calcul devrait être le même. Une dépense ayant toujours pour contrepartie un revenu, la somme des dépenses doit être égale à la somme des revenus. Quand le calcul porte uniquement sur les revenus perçus ou les dépenses effectuées par les nationaux d'un pays, on obtient le PNB. S'il englobe l'ensemble des revenus (ou des dépenses) ayant leur origine à l'intérieur du pays, y compris de la part des étrangers, on obtient le PIB.

Le PNB peut être bien inférieur au PIB si les revenus de la production d'un pays vont pour une bonne part à des personnes ou des entreprises étrangères. Par exemple, le PNB du Chili était inférieur de 5 % à son PIB en 1994. Si les nationaux ou entreprises d'un pays détiennent un important volume d'actions et d'obligations d'entreprises ou d'organismes publics d'autres pays dont ils perçoivent des revenus, le PNB pourra être supérieur au PIB. En Arabie saoudite, par exemple, le PNB était supérieur de 7 % au PIB en 1994. Mais pour la plupart des pays, ces deux indicateurs statistiques présentent des différences négligeables.

Le PIB et le PNB peuvent servir d'indicateurs de l'ampleur de l'économie d'un pays. Mais pour juger de son niveau de développement économique, il faut les diviser par son nombre d'habitants. Le PIB par habitant et le PNB par habitant reflètent le volume approximatif de biens et services que chaque individu serait en mesure de se procurer au cours d'une année dans un pays si les revenus étaient répartis de manière égale (figure 2.1). C'est pour cela qu'on utilise souvent l'expression « revenus par habitant » pour désigner ces indicateurs.

Dans les tableaux de données figurant à la fin de cet ouvrage, le PNB par habitant est indiqué non seulement en dollars des États-Unis, mais aussi en dollars PPA — c'est-à-dire converti sur la base de la parité de pouvoir d'achat (PPA). La PPA indique le nombre d'unités de la monnaie d'un pays nécessaire pour acheter sur le marché intérieur la même quantité de biens et services qu'un dollar permettrait d'acheter aux États-Unis. En appliquant ce facteur de conversion, on peut, par exemple, convertir le PNB nominal par habitant d'un pays (exprimé en dollars sur la base du taux de change en vigueur sur le marché pour la monnaie de ce pays) en PNB réel par habitant (indicateur qui prend en compte la différence de prix pour les mêmes biens et services entre le pays considéré et les États-Unis, et qui n'est pas influencé par les fluctuations du taux de change de la monnaie nationale). Le PNB calculé sur la base de la PPA constitue donc une meilleure base de comparaison entre les niveaux moyens de revenu ou de consommation de différentes économies.

Dans les pays en développement, le PNB réel par habitant est généralement plus élevé que le PNB nominal par habitant ; dans les pays développés, il est souvent inférieur (tableau 2.1). Ainsi, l'écart entre les revenus réels par habitant des pays développés et des pays en développement est réduit par rapport à celui qui sépare les revenus nominaux par habitant.

Discussion PromptBien qu'ils reflètent les revenus moyens d'un pays, le PNB et le PIB par habitant présentent de nombreuses limites lorsqu'il s'agit de mesurer le bien-être effectif des individus. Ils ne montrent pas dans quelle mesure le revenu d'un pays est réparti de manière équitable entre ses habitants. Ils ne prennent pas en compte la pollution, la dégradation de l'environnement et l'épuisement des ressources. Ils ne rendent pas non plus compte du travail non rémunéré qui est effectué au sein des ménages et des communautés, ni des activités menées au niveau de l'économie occulte (noire). Enfin, ils attachent autant d'importance aux « biens » (tels que les médicaments) et aux « maux » (cigarettes, armes chimiques), tout en ignorant la valeur des loisirs et de la liberté individuelle. Dans ces conditions, pour juger du niveau relatif de la qualité de la vie dans différents pays, il faudrait également tenir compte d'autres indicateurs mettant en évidence, par exemple, la répartition des revenus et l'incidence de la pauvreté (voir chapitres 5 et 6), la santé et la longévité des individus (chapitre 8), l'accès à l'éducation (chapitre 7), la qualité de l'environnement (chapitre 10), et autres éléments. Les spécialistes ont également recours à des indicateurs statistiques composites du développement (chapitre 15).

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