Rétrospective de l’année 2007
Rétrospective de l’année 2007

Un nouveau président, une stratégie redéfinie

Robert B. Zoellick, ancien représentant américain au commerce et ancien secrétaire d’État adjoint, est devenu le 3 juillet 2007 le onzième président de la Banque mondiale. Le 11 octobre 2007, dans le discours qui a marqué ses 100 premiers jours à la tête de l’organisation, M. Zoellick a déclaré que la Banque devait être le catalyseur d’un « développement durable, profitant à tous » (en anglais). Pour aider les près de 1 milliard de personnes vivant avec 1 dollar par jour, il a affirmé que la Banque ne devait pas seulement travailler avec les pays les moins développés, mais également avec les pays à revenu intermédiaire où vivent la majorité des pauvres.

Lors des assemblées annuelles qui ont eu lieu le 22 octobre dernier, il a défini les six thèmes stratégiques qui orienteront le travail de la Banque. Mettant l’accent sur les relations entre les quatre organisations semiautonomes de l’institution, il a déclaré : « nous devons travailler comme un seul Groupe de la Banque mondiale pour nos clients. »

L’Association internationale de développement

'Joindre l’acte à la parole'

Les pays les plus riches du monde ont fait en décembre des promesses de dons s’élevant à la somme record de 25,1 milliards de dollars pour financer le Fonds de développement international (IDA), le principal véhicule de la Banque pour aider les pays les plus pauvres. Le Groupe de la Banque mondiale avait précédemment promis de consacrer la somme record de 3,5 milliards de dollars à l’IDA, « pour joindre l’acte à la parole », comme l’a exprimé M. Zoellick.

L’IDA finance des besoins fondamentaux tels que les infrastructures, la santé et l’éducation et, de plus en plus fréquemment, des programmes ciblés tels que « l’aide pour le commerce » qui aident les pays les plus pauvres à être plus compétitifs à l’échelle mondiale. Ces projets portent fruits parce qu’ils sont « axés sur les résultats, l’efficacité et la propriété nationale », dit M. Zoellick.

Le changement climatique

Le changement climatique

Lors de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques tenue en décembre à Bali, M. Zoellick a exposé en détails (en anglais) le plan de plusieurs milliards de dollars de la Banque pour aider les pays en développement à atteindre une croissance à faible intensité de carbone. Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier prévu par ce plan accordera aux pays pauvres des paiements incitatifs pour ralentir la déforestation. La Banque créera un « environnement favorable » pour trouver dans le privé les milliards de dollars de financement supplémentaires nécessaires pour soutenir la croissance à faible intensité de carbone.

« Le climat n’est pas seulement un problème environnemental, c’est aussi un problème de développement », a affirmé Kathy Sierra, Vice-présidente du réseau chargé du développement durable auprès de la Banque mondiale.

L’agriculture au service du développement

L’agriculture au service du développement

D’après le rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde 2008, l’agriculture emploie 65 % de la force de travail subsaharienne, génère 32 % du produit intérieur brut de cette région et permet de réduire la pauvreté quatre fois mieux que la croissance non agricole. Cependant, la productivité agricole s’affaiblit et menace de faire sombrer dans la pauvreté des millions de personnes.

Le rapport publié en octobre 2007 réclame une politique d’« agriculture au service du développement » pour l’Afrique qui atténuera le changement climatique et qui fera un usage optimal des marchés, de la technologie, de la gestion durable de l’eau et des terres ainsi que des services institutionnels.

La finance

Faire mieux, plus rapidement et à moindres coûts

« Nous voulons faire mieux, plus rapidement et à moindres coûts », a annoncé M. Zoellick au sujet des prêts et autres produits financiers de la Banque. Le Conseil a approuvé la proposition du président visant à simplifier et à réduire les taux de prêt. Cette décision a pour but de répondre aux besoins des pays à revenu intermédiaire qui souhaitent obtenir de la Banque une aide adaptée à leur situation.

La Banque élabore également des instruments pour fournir des liquidités en cas de perturbation financière ainsi que pour faire baisser le coût de la couverture contre les catastrophes naturelles. Le Fonds innovateur Gemloc (Global Emerging Markets Local Currency, en anglais) aidera les marchés obligataires en devise locale à démarrer dans les pays émergents.

Les indicateurs de gouvernance

Une bonne gouvernance – à l’échelle mondiale et chez nous

M. Zoellick a affirmé que le Groupe de la Banque mondiale doit intégrer « une bonne gouvernance et des politiques de respect de la loi dans son programme de développement » et a cité l’exemple du partenariat entre la Banque et l’ONU pour lancer l’Initiative pour la restitution des avoirs volés (StAR) dans le cadre duquel les pays développés et les pays en développement travaillent ensemble pour recouvrer ce qui a été pillé par la corruption.

La Santé

S’attaquer aux menaces sanitaires les plus meurtrières

Les programmes de la Banque ciblent les trois menaces sanitaires les plus meurtrières, le VIH/SIDA, le paludisme et les maladies infectieuses telles que la variole. L’épidémie de VIH/SIDA qui a fait le plus de victimes s’est stabilisée et le nombre d’infections est en baisse, d’après des données révisées de l’ONU, mais la dévastation humaine causée par la maladie est toujours présente, surtout en Afrique subsaharienne où même un financement toujours accru ne permet de répondre qu’à la moitié des demandes de traitement. La nouvelle stratégie sur le VIH/SIDA de la Banque, adaptée aux conditions régionales, offre des traitements, une prévention et une atténuation des effets dans le Sud de l’Afrique, où l’épidémie fait encore rage.

L’égalité des sexes, un atout pour l’économie

L’égalité des sexes, un atout pour l’économie

La Banque gère activement 83 projets qui font la promotion de l’égalité des sexes et qui travaillent en faveur de l’autonomisation économique des femmes du monde entier. Ces programmes ont fait tripler le nombre de filles ayant accès à l’école au Bangladesh, ont fait augmenter les salaires de 8 millions de femmes en Inde, ont amélioré le statut en milieu de travail de 170 000 femmes au Mexique et ont amélioré l’accès des femmes au système financier au Viet Nam et en Uganda, entre autres réalisations.

Au cœur du programme figure le Plan d’action pour l’égalité des sexes (GAP) de 30,2 millions de dollars financé par la Banque et d’autres donateurs. Le Plan est axé sur l’autonomisation des femmes et sur l’amélioration de l’accès aux services financiers pour les femmes, particulièrement dans les pays les plus pauvres.

L'éducation

L’éducation est essentielle pour atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM)

La Banque mondiale, la plus importante source de soutien externe en matière d’éducation, a prêté un peu plus de 2 milliards de dollars au cours de l’exercice 2007 pour des programmes d’apprentissage, la plupart selon les conditions concessionnelles de l’IDA. Les prêts accordés pour l’éducation en Afrique (presque tous selon les conditions de l’IDA) ont augmenté pour atteindre la somme record de 707 millions de dollars. Bon nombre de projets de la Banque sont axés sur l’accès à l’éducation pour les filles et pour les enfants pauvres et de milieux ruraux.

Même si le financement devrait rester stable pour l’exercice 2008, l’aide accordée aux pays subsahariens devra s’accroître dans les années à venir afin que ces derniers puissent réaliser des progrès significatifs en vue d’atteindre leurs objectifs de développement pour le Millénaire. À mi-chemin de l’échéance de 2015 fixée pour la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire, bon nombre de pays risquent de ne pas atteindre leurs objectifs.

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