Plan du site •  Recherche •  Index du Site  • Ecrivez- nous  •  Aide 



Disponible en : English, Español, عربي

Améliorer l’efficacité de l’aide au profit des pauvres

7 juillet 2008 — Un premier pas consiste à lever les mesures d’interdiction et de restriction imposées à l’aide alimentaire à des fins humanitaires. « Nous savons que ces mesures aggravent la crise actuelle et pénalisent les plus vulnérables. Elles doivent être éliminées, » a dit Zoellick.

Mais il a reconnu qu’il est souvent difficile pour les pays d’éliminer ces interdictions et il a promis l’aide du Groupe de la Banque mondiale. Des solutions éventuelles pourraient consister pour les pays à gérer conjointement les réserves physiques ; mettre en place des systèmes régionaux d’information pour détecter rapidement les chocs s’exerçant du côté de l’offre ; et créer des réseaux de réserves virtuelles de céréales.

Zoellick a également préconisé l’amélioration de la prévisibilité, de la flexibilité et du montant de l’aide alimentaire. « Les restrictions, les affectations à des fins particulières et l’application de conditions onéreuses à l’aide alimentaire se traduisent par des coûts élevés et il faudrait supprimer ces mesures pour permettre aux produits alimentaires d’arriver rapidement là où le besoin se fait le plus sentir, ».

La crise alimentaire : une catastrophe causée par l’homme.

L'augmentation des prix des carburants a entrainé une hausse des coûts agricoles, une contraction des stocks alimentaires et la réaffectation de terres à la production de biocarburants.

La communauté internationale se doit d’agir pour aider les populations en danger dès aujourd’hui.

Passez votre souris sur chaque image pour visualiser les diaporamas


La « Nouvelle donne » proposée par le Groupe de la Banque pour une politique alimentaire mondiale a été approuvée par 150 pays. Elle englobe des mesures concertées à court, moyen et long terme : soutenir des systèmes de filets de protection, tels que des programmes d'alimentation scolaire, de vivres contre travail et de transferts monétaires conditionnels ; accroître la production agricole ; mieux comprendre l’impact des biocarburants ; et prendre des mesures en matière d'échanges, dans le but de réduire les subventions qui sont sources de distorsions et d'abaisser les barrières commerciales. La Banque a elle-même engagé toute une série d'initiatives :
  • Lancement d'un mécanisme de financement rapide pour un montant de 1,2 milliard de dollars, afin d'accélérer les apports d'aide aux pays qui en ont le plus besoin.
  • Accroître son niveau global de prêts dans le domaine agricole, pour le porter à 6 milliards de dollars dans l'année qui vient.
  • Mise en place d'instruments de gestion des risques et de mécanismes d'assurance des récoltes, dans le but de protéger les pays pauvres et les petits agriculteurs.
  • Multiplication par près de deux de ses volumes de prêt pour le secteur agricole, tant en Afrique (de 450 à 800 millions de dollars) qu'en Amérique latine (de 250 à 400 millions de dollars).
  • Appui pour plus de 1 milliard de dollars de nouveaux projets en faveur de l'agriculture et du développement rural en Asie du Sud.
  • Doublement du montant de ses prêts dans les domaines de la protection sociale, de la nutrition, de la sécurité alimentaire et de l'atténuation des risques sociaux, pour le porter à 800 millions de dollars, dans l'année qui vient.
  • Octroi de 200 millions de dollars au Bangladesh pour l'aider à faire face à la crise alimentaire.
  • Fourniture de 100 millions de dollars à un groupe de pays durement touchés (Burkina Faso, Burundi, Côte d'Ivoire, Ghana, Madagascar, Mali et Niger), pour les aider à faire face au surcroît de dépenses lié aux importations de produits alimentaires et à acheter des semences pour la nouvelle saison de semailles.
  • Octroi de dons à Djibouti (pour 5 millions de dollars), à Haïti (10 millions) et au Libéria (10 millions) pour l'alimentation des enfants de milieux défavorisés et d'autres catégories de population vulnérables.
  • Fourniture, dans le mois qui vient, d'une autre série de dons, pour le Togo, le Tadjikistan et le Yémen.
  • Série d'opérations dans les domaines de l'irrigation et de la gestion de l'eau en Éthiopie, de l'utilisation d'engrais au Malawi, de l'accès des petits producteurs aux marchés au Sénégal, et de la diversification des cultures au Mali et en Ouganda.
  • Élaboration d'une opération d'urgence au Honduras, pour aider ce pays à faire face aux effets de la flambée des prix alimentaires.
  • Apport d'une aide financière à la République kirghize et au Tadjikistan pour la fourniture de compléments nutritionnels aux femmes enceintes, aux mères allaitantes, aux nourrissons et aux jeunes enfants
  • Réalisation d'une série d'évaluations rapides des besoins pour un ensemble de pays frappés par la crise : Burkina Faso, Burundi, Érythrée, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Libéria, Malawi, Mali, Mauritanie, Niger, Sierra Leone et Togo.
  • Interventions auprès des grands pays producteurs de céréales, pour les amener à lever les interdictions sur les exportations de produits alimentaires, ou à ne pas imposer de restrictions de ce type.
  • Collaboration avec d'autres donateurs et organisations à l'effort mené par le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) de l'Union africaine en faveur du développement de l'agriculture en Afrique subsaharienne.

Les hausses de prix

La flambée des prix a été mise au compte d'une baisse de la production agricole, de chocs climatiques, d'une plus grande consommation de viande et de la place accrue faite aux cultures entrant dans la fabrication de biocarburants.

  • Les prix du blé ont augmenté de 120 %.
  • Ceux du riz sont en hausse de 75 %.
  • Les ménages pauvres consacrent jusqu'à 80 % de leur budget à l'achat de nourriture.

L'impact de la crise

Pour plus de 2 milliards d’êtres humains, la flambée des prix alimentaires se traduit par un combat au quotidien. La malnutrition risque de s’aggraver, alors qu’elle est déjà une cause de mortalité pour plus de 3,5 millions d’enfants chaque année.

  • Selon les estimations, le nombre de pauvres a augmenté de 100 millions ces deux dernières années.
  • On s’attend à ce que le haut niveau de prix persiste jusqu’en 2015.

L'Afrique

Selon la FAO, 21 des 36 pays qui connaissent une crise de la sécurité alimentaire sont en Afrique subsaharienne. Cette région importe 45 % du blé et 84 % du riz qu’elle consomme.

  • Les pays d’Afrique de l’Ouest et de la corne de l'Afrique sont particulièrement vulnérables, de même que les États dits fragiles.
  • Dans certains pays, l’impact de la crise est amplifié par les chocs d’ordre climatique et les troubles civils.

L'Asie

En Asie du Sud, la plupart des pays sont des importateurs nets de produits alimentaires et ont subi un grave choc au plan commercial.

  • Aujourd’hui, un sac de riz de 2 kilos représente la moitié du revenu moyen d’un foyer pauvre au Bangladesh.

Selon une récente estimation, une hausse de 10 % du prix du riz fera 2 millions de pauvres de plus en Indonésie.