Résumé


Vue d'ensemble des activités de la Banque mondiale pendant l'exercise 97

Engagements et décaissements, ex.93-97

L'assistance aux pays les plus pauvres

Aperçu opérationnel, ex. 93-97

L'exercice 97 en chiffres

Le Pacte stratégique

 


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L'exercice 97 a marqué un nouvel élan dans le processus de rénovation de la Banque mondiale. Cette rénovation s'inscrit dans une logique de développement axée sur l'obtention de résultats et s'inspire des principes directeurs suivants: meilleure sélection des activités, renforcement des partenariats, priorité aux besoins des clients, recherche des résultats, coût-efficacité, et intégrité financière.

Pour chaque Région, la Banque a fondé ses stratégies d'aide sur les besoins particuliers des clients, confrontés à la nécessité de s'adapter à une économie mondiale en mutation rapide. Voici quelques-unes des activités menées pendant l'exercice:

· Comme le lui avaient demandé ses clients africains pendant l'exercice 96, la Banque a continué à faire du renforcement des capacités l'une de ses grandes priorités. Elle s'est efforcée d'intégrer systématiquement des activités de renforcement des capacités à toutes ses opérations et a commencé à élaborer un cadre de partenariat.

· En Asie de l'Est, où l'environnement a fortement souffert des succès remportés dans le domaine du développement économique et où la pollution de l'air et de l'eau, entre autres, menace la santé et la pérennité du développement, la Banque a renforcé son aide au secteur de l'environnement en fournissant des prêts et des conseils à l'appui, par exemple, de l'alimentation en eau et de l'assainissement. C'est ainsi que le volume des prêts a été plus de deux fois et demie supérieur aux engagements de l'exercice 96.

· Notant que les mesures adoptées en Asie du Sud pendant les années 90 prenaient racine, la Banque a aidé les pays de la région à passer aux réformes de deuxième génération: en Inde, elle a répondu à plusieurs demandes émanant d'États qui souhaitaient évaluer leur situation financière et déterminer les politiques à suivre pour jouir de finances publiques en bonne santé.

· Protéger les populations les plus vulnérables des effets négatifs des réformes compte parmi les priorités de nombreux clients de la Banque, particulièrement en Europe de l'Est et en Asie centrale. Au cours de l'exercice 97, la Banque a appuyé des innovations visant à procurer un revenu aux pauvres et à créer des actifs à leur profit par la mise en place de fonds d'investissements sociaux dans plusieurs pays et par des opérations telles que le projet d'aide aux autorités ukrainiennes pour protéger les victimes de la restructuration du secteur du charbon.

· En Amérique latine où, à la suite des événements des dernières années, les pays sont devenus extrêmement sensibles à la nécessité d'assainir les marchés des capitaux, la Banque a soutenu plusieurs programmes visant à rétablir la confiance dans les systèmes financiers, notamment en Argentine, au Mexique et au Venezuela.

· Dans la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la Banque s'est attachée à soutenir les programmes de réformes engagés pour accélérer la croissance par le renforcement de la compétitivité sur les marchés internationaux et l'ouverture au marché mondial. Ainsi, les prêts accordés à la Jordanie et à la Tunisie aident le secteur privé à participer à l'activité économique mondiale et facilitent des initiatives importantes entreprises récemment, telles que l'association envisagée des pays de la région avec l'Union européenne.

L'une des réalisations les plus notables de l'exercice est l'initiative mise en place pour remédier aux problèmes d'endettement des pays pauvres très endettés (PPTE). Elle noue des alliances solides pour répondre aux nouveaux besoins au moyen de services de prêt et hors prêt financés non seulement par la Banque, mais aussi par d'autres partenaires (voir encadré). Parmi les succès, il convient de citer également l'approbation unanime du Pacte stratégique par les Administrateurs en mars 1997.

Le Pacte stratégique

Le Pacte stratégique est un plan de réforme fondamentale pour que la Banque soit mieux à même de réaliser ses programmes régionaux et d'accomplir sa mission essentielle: réduire la pauvreté. Le pacte, qui est l'expression de la stratégie d'entreprise de l'institution, permettra à la Banque de fournir des produits et des services de meilleure qualité à ses clients. Fruit d'un vaste processus de concertation auquel ont participé tous les services de la Banque, il incorpore les vues des clients et des actionnaires et jouit du soutien actif de tous les actionnaires de la Banque.

En vertu du pacte, les actionnaires et la direction de la Banque ont commencé à investir dans une série de changements, qui seront mis en oeuvre au cours d'une période de 30 mois, dans le but de transformer les méthodes de travail de l'institution. Il s'agit d'améliorer les produits, d'accélérer les démarches, d'abaisser les coûts, d'être plus en phase avec la demande et de renforcer l'impact sur le développement. Le pacte implique aussi la fixation de critères de performance précis, en fonction desquels seront mesurés les progrès et dont la direction sera responsable.

L'institution voulue par le pacte a pour mot d'ordre l'excellence professionnelle. C'est une institution qui s'adapte rapidement à l'évolution des besoins de ses clients et qui fournit toute une gamme de services de très grande qualité; une institution qui agit dans le cadre de partenariats et catalyse la collaboration secteur privé-secteur public; une institution, enfin, qui contribue au renforcement des capacités et des connaissances au profit de la communauté du développement tout entière.

Le pacte prend sa source dans une conscience aiguë de la nécessité d'un changement. La Banque doit en effet changer si elle veut tenir efficacement sa place dans une économie mondiale en mutation rapide où les flux de capitaux privés sont cinq fois supérieurs aux apports d'aide publique, où de nombreux acteurs (des banques multilatérales aux organisations non gouvernementales) jouent désormais un rôle beaucoup plus actif dans le développement et où les progrès de la technologie ont révolutionné la marche des affaires. La Banque été lente à répondre à ces évolutions dans le passé, comme en témoignent ses méthodes excessivement bureaucratiques et la faiblesse de ses capacités dans des domaines aussi essentiels que les secteurs sociaux, le développement institutionnel et les services bancaires. Elle s'est trop souvent contentée, par ailleurs, de projets qui n'avaient qu'un impact médiocre sur le développement. Mais, comme on le verra dans le présent Rapport annuel, la Banque avait déjà, en fin d'exercice, pris un bon départ vers la réalisation des objectifs du Pacte stratégique.

Il faut avant tout que la Banque devienne plus efficace et qu'elle renforce l'impact sur le développement de toutes ses activités. Dans le domaine des prêts, par exemple, l'objectif est de porter de 66 à 75% la proportion des projets jugés satisfaisants, ce qui accroîtra de 2 milliards de dollars par an la part des prêts qui contribuera plus efficacement au développement.

Le vaste programme d'action défini dans le pacte pour accroître l'efficacité de la Banque s'articule autour de quatre priorités interdépendantes: redynamiser les activités opérationnelles; recentrer l'ordre du jour du développement; réorganiser la base de connaissances; et réagencer les priorités institutionnelles. Selon le pacte, la Banque doit:

· Réduire le niveau des ressources consacrées aux frais généraux et à l'administration, pour renforcer les moyens financiers des services de première ligne. Il est prévu que ces derniers recevront 60% du budget et les services d'appui 40%. La direction de la Banque s'est engagée à redéployer 170 millions de dollars pour soutenir les opérations de première ligne, car les activités essentielles de la Banque doivent disposer de ressources plus importantes.

· Élaborer de nouveaux produits financiers et services consultatifs, en cherchant à améliorer la flexibilité et la rapidité des délais.

· Reconstituer son expertise et recentrer son action dans les domaines clés du développement. Les priorités immédiates seront les secteurs sociaux, le développement institutionnel et le secteur privé.

· Continuer à relocaliser les activités sur le terrain, pour que le personnel soit plus proche des clients. Cela permettra d'élaborer des stratégies mieux adaptées aux besoins des pays, d'assortir les prêts de conditions plus appropriées et de renforcer l'adhésion de la population et des autorités locales aux programmes de développement.

· Renforcer son système de gestion de l'information, afin qu'il soit capable de rassembler ce qu'il y a de meilleur dans les connaissances et les théories de développement, d'en faire la synthèse et de le diffuser.

· Forger des partenariats nouveaux, plus solides, avec d'autres organisations, pour pouvoir choisir et se spécialiser dans les domaines où elle a un avantage comparatif.

· Refondre le système de gestion des ressources humaines afin de se transformer en une institution plus souple, plus axée sur les résultats et plus diverse.

· Éliminer les procédures fastidieuses et inefficaces pour devenir plus rapide, plus svelte et plus efficace par rapport aux coûts.

Pour les clients, les avantages promettent d'être substantiels: des produits et des services plus utiles et de meilleure qualité, reposant sur un système moderne et efficace de gestion des connaissances, et un personnel alliant connaissances techniques de premier ordre et expérience mondiale, dans le contexte d'une institution moins hiérarchisée, plus rapide, plus souple et plus décentralisée.

Pour financer les coûts du pacte, on a élaboré un programme strict d'économies et de redistribution des ressources. L'investissement additionnel net sera de 250 millions de dollars et sera échelonné dans le temps, compte tenu de la capacité d'absorption de la Banque: 100 millions de dollars au cours de chacun des exercices 98 et 99, et 50 millions de dollars pendant l'exercice 00. Les budgets retomberont, en valeur réelle, au niveau de l'exercice 97 d'ici à l'exercice 01. Avant d'approuver ces financements, les Administrateurs examineront chaque année le budget et programme de travail de la Banque.

Le succès de la refondation des opérations de la Banque se mesurera à son impact sur le développement. C'est pourquoi la Banque est en train de mettre au point un large éventail de mesures de l'efficacité et de la responsabilité. Elles permettront:

· de suivre les progrès accomplis par les pays clients (au moyen des nouveaux Indicateurs du développement dans le monde);

· de fixer des normes pour les délais de réponse aux clients. Des normes précises ont été établies pour la gestion du portefeuille et pour les services de prêt et hors prêt. Ainsi, la Banque vise à faire approuver les projets cinq mois au plus tard après l'évaluation et à communiquer aux clients les rapports économiques et sectoriels dans les cinq mois suivant le début de leur préparation; et

· de suivre les principaux facteurs qui influent sur l'issue d'un projet. Il s'agira, par exemple, de veiller à ce que les projets soient bien préparés et supervisés et à ce que les problèmes de mise en oeuvre soient dépistés et traités dans les meilleurs délais.

Durant l'exercice 97, étant donné l'importance qu'elle attache à l'obtention de meilleurs résultats, la Banque a intensifié l'action entreprise pour renforcer son portefeuille dans le cadre des programmes d'amélioration de la qualité initiale des projets et du portefeuille existant. L'une des principales innovations est la notion de «projet à risque», qui aide non seulement à repérer les projets en difficulté, mais également les projets vulnérables. Cette notion, que l'on continue à affiner, est déjà utilisée comme instrument supplémentaire de gestion du portefeuille et permet d'avoir une idée plus exacte de l'état du portefeuille.

Le personnel est encouragé à cerner les problèmes le plus tôt possible et à intervenir activement pour les résoudre. Par exemple, le programme d'amélioration du portefeuille a signalé à l'attention des responsables les éléments du portefeuille dont la performance laissait à désirer, afin qu'ils puissent leur accorder une attention particulière. Conjugués à l'amélioration de la qualité initiale des nouvelles opérations, ces efforts devraient se traduire par une augmentation du pourcentage de projets jugés satisfaisants.

Les objectifs ambitieux fixés dans le domaine des délais de réponse sont un moyen d'améliorer les résultats et d'être plus à l'écoute des clients. Ces délais ont été substantiellement réduits pendant l'exercice: l'intervalle entre l'évaluation et la présentation au Conseil est passé de 9,3 mois pendant l'exercice 96 à 7,8 mois pendant l'exercice 97. Les prêts entrent en vigueur plus rapidement. Pendant l'exercice 97, il s'est écoulé en moyenne 6,1 mois entre l'approbation par le Conseil et l'entrée en vigueur, contre 6,6 mois pendant l'exercice précédent.

À la fin de l'exercice, 96% de l'arriéré de rapports de fin d'exécution avait été liquidé. Ces rapports contribuent à l'amélioration des programmes de prêt en faisant le bilan de l'expérience, dont les leçons pourront ainsi être prises en compte dans les stratégies futures.

L'amélioration du rapport coût-efficacité de la Banque et l'importance attachée aux résultats profiteront à l'Association internationale de développement (IDA). Les emprunteurs de l'IDA recevront des produits de meilleure qualité et les bailleurs de fonds de l'IDA seront plus sûrs que leur contribution sera employée de manière encore plus efficace.

Les décaissements de l'IDA ont continué à augmenter pendant l'exercice 97 (voir figure1), grâce à l'attention accrue portée à la mise en oeuvre. Les décaissements ont atteint le niveau sans précédent de 5 979 millions de dollars, dont 4 815 millions sont allés à des projets d'investissement.

Le fléchissement provisoire accusé par les nouveaux engagements de l'IDA pendant l'exercice 97 tient, d'une part, au renforcement de la sélectivité et, d'autre part, à la concentration des ressources de l'IDA sur l'amélioration de la mise en oeuvre des projets et de la qualité du portefeuille existant. Par sélectivité on entend l'importance accrue attachée aux conditions préalables à l'octroi des prêts de tous types, conditions qui ont trait à l'action des autorités nationales. On compte que l'amélioration des politiques suivies dans de nombreux pays se traduira à terme par une progression des engagements de l'IDA. S'il n'est pas encore possible de mesurer pleinement l'effet temporaire de la réorganisation du Bureau régional Afrique, on pense que son impact a été assez faible. Bien qu'elle ait pu contribuer à ralentir le rythme des nouveaux engagements durant l'exercice 97, cette réorganisation est maintenant achevée et les engagements de l'exercice 98 devraient à tout le moins égaler ceux de l'exercice 96 (en DTS) sous l'effet du rattrapage des retards et de la mise en oeuvre plus rapide et plus efficace du programme régional.

Le renforcement de la transparence, de la responsabilité et des capacités institutionnelles étant la clé d'un développement dynamique, sain et équitable, la Banque en fait l'un des éléments cruciaux de son aide au développement depuis quelques années. Dans cet esprit, le Président de la Banque a souligné dans son allocution à l'Assemblée annuelle de 1996 qu'il fallait à tout prix éliminer la corruption. Les mesures anticorruption contenues dans les directives de la Banque concernant la passation des marchés, ses documents types de passation des marchés et son assistance technique dans le domaine juridique ont été révisées en ce sens pendant l'exercice 97. Beaucoup de gouvernements se sont résolument engagés à lutter contre la corruption et, par ses prêts et ses activités hors prêt, la Banque soutient leurs efforts d'amélioration de la conduite des affaires publiques et apporte son appui aux programmes de gestion du secteur public qui encouragent une allocation efficace des ressources et réduisent les possibilités de corruption. Le Programme de gestion des affaires publiques lancé par l'Institut de développement économique (IDE), au cours de l'exercice 94 pour donner aux pays les moyens de lutter contre la corruption est un exemple des efforts déployés dans ce domaine. L'IDE a mené plus de 30 activités liées à la gestion des affaires publiques dans plus d'une douzaine de pays de cinq Régions au cours de l'exercice passé.

La formation de partenariats nouveaux et plus solides avec d'autres organisations permet à la Banque d'être plus sélective et de se spécialiser dans les domaines où elle jouit d'un avantage comparatif. Pendant l'exercice 97, elle s'est employée à mettre sur pied de nouveaux programmes conjoints et à renforcer le partage de l'information avec les institutions financières internationales, les organismes des Nations Unies, les universités, les fondations, les milieux d'affaires, les organisations non gouvernementales (ONG) et d'autres intervenants. Certains de ces partenariats sont décrits dans les divers chapitres du présent Rapport annuel. Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) se sont mis d'accord sur un cadre de coopération dans le secteur financier, et un accord de coopération avec l'Organisation mondiale du commerce a été élaboré. Il permettra de renforcer les relations de travail entre les deux institutions, qui souhaitent collaborer pour promouvoir le commerce international et aider les pays en développement à adopter des politiques ouvertes de nature à favoriser la croissance et à éliminer la pauvreté.

Le Centre pour le partenariat avec les entreprises, lancé en début d'exercice, est un centre de liaison pour les milieux d'affaires et une cellule d'élaboration de partenariats stratégiques avec des groupes d'affaires. Il a reçu plus de 1 000 demandes de renseignements, plus de 9 0000 visiteurs se sont rendus sur son site web et il a été cité dans plus de 40 conférences internationales. Il examine la possibilité de former des partenariats avec plus de 15 groupes répartis entre toutes les régions du monde.

La forte participation des ONG aux activités de développement appuyées par la Banque s'est maintenue pendant l'exercice 97. De fait, les ONG participent à 47% des projets et 72 missions résidentes de la Banque ont un chargé des relations avec les ONG.

Les stratégies d'aide-pays (SAP) placent le client au coeur des activités opérationnelles de la Banque. C'est par excellence l'instrument d'élaboration et d'orientation de l'action de la Banque dans chaque pays client. La direction et les Administrateurs ont coopéré étroitement pendant l'exercice écoulé pour améliorer le cadrage stratégique des SAP. Cet instrument a considérablement évolué depuis ses débuts, il y a sept ans, suivant en cela les changements intervenus dans la Banque elle-même. Cette année, par exemple, on a commencé à intégrer aux SAP les aspects sociaux du développement. On s'est également efforcé de prendre davantage en compte les résultats des évaluations de la pauvreté dans la préparation des SAP. En outre, pour élargir la place faite au secteur privé, plusieurs SAP ont été établies en collaboration avec la Société financière internationale (SFI), dont celles du Brésil, de l'Indonésie, du Mexique et de la Pologne. Dans le cadre d'une stratégie plus vaste visant à lier les activités de prêt et les activités de formation, l'IDE a participé à la préparation de la SAP pour la Russie.

Les SAP s'ouvrent sur un diagnostic du pays, des défis à relever, des préoccupations du gouvernement client et des priorités qu'il s'est fixées. Elles prennent en compte ce que font les autres intervenants et les enseignements tirés de l'expérience positive et négative des programmes menés par la Banque et d'autres institutions dans le pays. Les SAP font l'objet de consultations avec les autorités du pays emprunteur et, de plus en plus, avec les autres partenaires et parties prenantes.

Les opérations intéressant les pays qui sortent d'un conflit forment une part de plus en plus importante des travaux de la Banque. Le document intitulé "A Framework for World Bank Involvement in Post Conflict Reconstruction" fixe le cadre théorique et opérationnel en la matière à l'intention du personnel de la Banque chargé d'aider ces pays à effectuer leur transition vers un développement économique durable.

Une grande partie des activités menées par la Banque à l'issue de conflits consiste à reconstruire les infrastructures. Cependant, ces pays doivent également disposer des moyens nécessaires pour promouvoir l'ajustement et la relance de leur économie, s'attaquer aux besoins des secteurs sociaux et développer leurs capacités institutionnelles. Certains projets approuvés pendant l'exercice 97 comportent des éléments typiques de cette catégorie d'opérations: déminage en Bosnie-Herzégovine et en Croatie, démobilisation et réinsertion des anciens combattants en Bosnie et réinstallation des personnes déplacées en Bosnie et au Rwanda.

Le Cadre d'intervention définit les deux grands objectifs de la Banque en ce domaine: faciliter la transition vers une paix durable après l'arrêt des hostilités et promouvoir le développement économique et social. Il décrit une démarche en cinq étapes qui correspond aux différentes phases de la reconstruction après les conflits.

De solides systèmes financiers sont essentiels au développement économique. Pourtant, un pays en développement sur cinq risque de se trouver confronté à des problèmes dans ce secteur. La Banque a donc accéléré ses procédures d'aide pour ceux de ses clients qui étaient proches de la crise financière et apporté son concours aux pays vulnérables. Elle a, par exemple, préparé une série de prêts pour aider le Gouvernement bulgare à mettre en oeuvre un programme de stabilisation et de réforme pour résoudre sa crise financière. Le premier prêt, en août 1996, a contribué à la restructuration d'entreprises, à la réhabilitation du secteur bancaire et à l'accélération de la privatisation. Il a été suivi, en mai 1997, d'un prêt visant à atténuer les pénuries de produits de base et renforcer la confiance de la population dans le programme de réformes.

En réponse à la proposition faite par le Gouverneur pour le Japon à l'Assemblée annuelle de 1996, un groupe de travail sur l'infrastructure, chargé d'examiner comment le Groupe de la Banque mondiale pourrait aider plus efficacement ses clients à promouvoir et à faciliter la participation du secteur privé aux activités relatives à l'infrastructure, a été créé pendant l'exercice 97. Ce groupe de travail présentera un rapport à l'Assemblée annuelle de 1997 sur les moyens d'élargir les partenariats entre le secteur public et le secteur privé pour remédier à l'insuffisance croissante de l'investissement.

Comme 70% des pauvres des pays en développement vivent en milieu rural, la Banque a cherché pendant l'exercice 97 à ramener l'attention sur les besoins de ce groupe en encourageant la communauté internationale à intensifier son appui à l'agriculture et au développement rural. Les Administrateurs ont entériné le document intitulé:"Développement rural: de la théorie à la pratique",qui décrit une stratégie en quatre points visant à soutenir le développement rural. Il s'agit: d'améliorer l'élaboration des stratégies rurales et la formation de consensus; d'améliorer la qualité des projets; de sensibiliser l'opinion internationale; et de développer les ressources humaines.

Les activités hors prêt sont de plus en plus demandées par les clients. Le Département de l'évaluation des opérations (OED) a étudié les processus d'autoévaluation de la Banque pour les services hors prêt et a effectué une analyse de l'IDE. Il a recommandé de renforcer le travail d'évaluation dans tous les domaines d'activité de la Banque, recommandation qui a été incorporée aux programmes d'autoévaluation qui seront menés par la direction au cours des années qui viennent.

La mise en place d'une base de connaissances fiable destinée à soutenir les services hors prêt (et les activités de prêt) est l'un des grands axes du Pacte stratégique. La Banque recèle, en matière de développement, une somme inégalée d'expérience et de savoir qui a trop souvent été sous-utilisée. Trop de ces connaissances dorment dans des rapports qui ne donnent pas aux clients, aux collègues et aux partenaires des conseils pertinents en temps réel. Pour répondre plus efficacement aux besoins des clients et mieux équiper le personnel de la Banque, on a commencé, pendant l'exercice 97, à mettre au point un système de gestion du savoir pour assurer la diffusion des leçons de l'expérience parmi le personnel et les clients de la Banque et en faciliter l'application. Le système synthétisera le savoir et le diffusera sous une forme utilisable par ceux qui en ont besoin: décideurs, parlementaires, ONG et journalistes. Ainsi pourront se former des ententes vitales dans les pays membres.

Quatre réseaux établis au cours de l'exercice sont au centre de la Banque nouvelle formule, fondée sur le savoir:

·Développement humain

·Développement écologiquement et socialement durable

·Finances, secteur privé et infrastructure, et

·Lutte contre la pauvreté et gestion économique.

Les réseaux relient les agents qui, dans toute la Banque, travaillent dans les secteurs en question, de sorte qu'ils traitent plus efficacement les uns avec les autres et avec les partenaires extérieurs. Ils jouent également un rôle majeur dans la réflexion stratégique. Au cours de l'exercice 97, le réseau Développement humain a préparé le premier produit d'une nouvelle ligne lancée par la Banque mondiale--les documents de stratégie sectorielle--pour le secteur de la santé, de la nutrition et de la population. Les documents de stratégie sectorielle sont des études interdisciplinaires qui sont l'équivalent, pour les secteurs, des stratégies d'aide-pays. Ils présentent la stratégie de la Banque pour un secteur donné.

Les programmes de rénovation engagés par les Régions l'année dernière ont bien avancé pendant l'exercice 97. Ils visent à destratifier et à simplifier le processus de décision et à déléguer plus de responsabilités aux agents sur le terrain: 21directeurs-pays ont été ou vont être relocalisés dans les bureaux extérieurs.

Au cours de l'exercice écoulé, les Administrateurs de la BIRD ont approuvé de nouvelles directives sur la concentration du portefeuille de prêts et sur le volume et la gestion des actifs liquides. Ces changements visent à donner à la BIRD plus de souplesse dans la gestion de ses finances et à lui permettre de mieux s'adapter à l'évolution des besoins de ses clients sans entamer la solidité de sa cote de crédit.

L'exercice 97 en chiffres

Dans ce contexte, les engagements de la Banque ont atteint 19 147 millions de dollars: 14 525 millions de dollars pour la BIRD et 4 622 millions de dollars pour l'IDA (dont 36%, soit 1 646 millions de dollars au titre du Fonds intérimaire). Au total, 241 projets ont été approuvés, dont 141 par la BIRD et 100 par l'IDA. Sept prêts assortis des conditions de l'IDA, d'un montant total de 83,5 millions de dollars, ont été accordés à la Cisjordanie et à Gaza au titre du Fonds fiduciaire créé en leur faveur. Trois garanties partielles, totalisant 420 millions de dollars, ont été approuvées. Les décaissements bruts se sont chiffrés à 19 977 millions de dollars, dont 13 998 millions de dollars pour la BIRD et 5 979 millions de dollars pour l'IDA. L'Aperçu opérationnel et financier qui fait l'objet du tableau 1 retrace l'évolution des résultats des exercices 93-97.

L'assistance aux pays les plus pauvres, ceux dont le produit national brut par habitant ne dépasse pas 785 dollars (en dollars constants de 1996), s'est montée à 7 442,9 millions de dollars, dont 3 080,9 millionsde la BIRD et 4 362,0 millions de l'IDA (voir figure 2).

Les opérations directement ciblées sur la pauvreté ont représenté environ 29% du total des prêts d'investissement accordés par la Banque au cours de l'exercice, contre 32% pour l'exercice précédent. Ces projets financent des activités visant à accroître la productivité des pauvres et à leur donner davantage d'opportunités économiques, à valoriser leurs ressources humaines et à mettre en place des filets de protection sociale (on trouvera une description de tous les projets ciblés sur la pauvreté dans le résumé des opérations, après le chapitre 3).

Au cours de l'exercice 97, 55 emprunteurs sur 62 (89%) ont choisi les nouveaux prêts en devise unique introduits pendant l'exercice précédent. Sur les 14,5 milliards de dollars de nouveaux engagements, 12,9 milliards de dollars (89%) correspondent à des prêts en devise unique.

La BIRD compte 180 pays membres. En fin d'exercice, on attendait une décision sur l'adhésion à la BIRD des Palaos et de la République fédérative de Yougoslavie (Serbie/Monténégro). Cent cinquante-neuf pays sont membres de l'IDA. À la fin de l'exercice, on attendait une décision sur l'adhésion à l'IDA de la Barbade, de la République fédérative de Yougoslavie (Serbie/Monténégro), de l'Ukraine et du Venezuela.


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Dernière changement:   November 3, 1997
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