Chapitre quatre
Perspectives régionales 1996AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES
La performance des pays d'Amérique latine et des Caraïbes a été inégale en 1995. Le taux de croissance de la région considérée dans son ensemble n'a atteint que 0,8 %, mais des disparités très importantes subsistent d'un pays à l'autre. La crise du peso qui a secoué le Mexique en décembre 1994 a fait chuter le produit intérieur brut (PIB) de 6,9 % en 1995. L'Argentine et l'Uruguay, les deux pays les plus touchés par les retombées de cette crise, ont vu leur économie se contracter (respectivement de 4,4 et 2,5 %).
Cependant, les autres pays de la région ont assez bien surmonté les effets de la crise mexicaine. La Figure 4-3 montre que la croissance de la région -- Argentine et Mexique non compris -- a atteint 4,3 %. Le taux de croissance du Brésil, principale économie de la région avec approximativement 40 % du PIB régional, a été modéré (4,2 %).
Figure 4-3 La croissance du PIB des pays des Caraïbes n'a été que légèrement plus faible (3,6 % en 1995). Haïti et la République dominicaine, les deux pays les plus peuplés, figurent parmi ceux qui ont connu la croissance la plus rapide, avec une progression de plus de 4 %.
Économiquement, le fait marquant de 1995, c'est que la crise du peso a pu être circonscrite à un groupe relativement restreint de pays. Dès le milieu de l'année, les marchés financiers internationaux se sont de nouveau ouverts à la plupart des pays de la région, à des taux d'intérêt certes plus élevés. Le Mexique a déployé des efforts considérables pour stabiliser ses agrégats macroéconomiques, ce qui a permis de calmer les marchés financiers et contribué à rendre la confiance aux investisseurs et aux consommateurs. En Argentine, les mesures d'ajustement de la politique budgétaire conjuguées à la restructuration méthodique du système bancaire ont créé un climat plus propice aux flux financiers et, à la fin de l'année, les réserves internationales et les agrégats monétaires avaient retrouvé leurs niveaux d'avant la crise. La crédibilité du Plan réal au Brésil a également suscité un afflux massif de capitaux étrangers, en particulier d'investissements étrangers directs. Parmi les autres grands pays, seul le Venezuela, où la confiance des agents économiques dans les politiques adoptées a faibli et l'investissement a stagné, a vu ses réserves fondre au point qu'il a dû dévaluer sa monnaie de 41 % en décembre.
L'inflation, qui était habituellement aggravée par les crises macroéconomiques, a diminué dans presque tous les pays en 1995, son taux médian ayant été ramené de 16,8 % en 1994 à 12,3 %. Dans toute la région, les pays qui avaient toujours connu des taux d'inflation élevés ont réussi à contenir la hausse des prix depuis quelques années, y compris en 1995. Le Mexique fait exception à la règle, car la dépréciation brutale du peso a provoqué une flambée des prix.
Les événements de l'an dernier ont montré que les économies de la région sont maintenant suffisamment différenciées -- et les marchés financiers mondiaux assez sophistiqués -- pour que des évolutions négatives dans un pays ne se répercutent pas sur les autres pays. Si les pays continuent à suivre des politiques macroéconomiques prudentes, ce constat devrait contribuer à assurer une plus grande stabilité dans la région.
La crise a toutefois mis en lumière la fragilité et la vulnérabilité considérables de beaucoup de systèmes financiers et bancaires de la région -- non seulement au Mexique, mais aussi en Argentine et dans plusieurs autres pays. Avec l'aide de la Banque, les pays ont entrepris d'étudier les principaux problèmes qui se posent dans ces secteurs et ils mettent ponctuellement au point des programmes de réformes. Il reste cependant beaucoup à faire.
Au Mexique comme en Argentine, la précarité du système bancaire explique en partie le médiocre taux de croissance du PIB. Les investisseurs -- étrangers et locaux -- ont craint que l'effondrement d'établissements bancaires importants n'entraîne d'importantes perturbations économiques, la mise en place de programmes de renflouement massifs et coûteux et une résurgence de l'inflation. Dans le cas de l'Argentine, la faiblesse du système bancaire a mis à l'épreuve le programme de convertibilité et en particulier le régime de taux de change. Le programme économique est sorti intact de la crise, voire renforcé, du fait que le gouvernement y est resté attaché dans des conditions difficiles.
Au Brésil, la faiblesse du système bancaire et en particulier des banques d'État a fait planer une incertitude importante de plus sur l'évolution du déficit public. Les plans de la Banque centrale visant à fournir des liquidités aux banques privées en difficulté et les obligations du Trésor destinées à recapitaliser les banques publiques alourdiront considérablement la dette publique durant la période 1995-96.
La recapitalisation et la consolidation du système bancaire constituent un important élément du programme vénézuélien. Ce programme, qui comporte une série de volets, prévoit notamment de renforcer le cadre réglementaire, de reprivatiser des banques qui avaient été nationalisées et de liquider celles qui sont jugées non viables.
Les défis à relever
Au-delà des développements récents, les pays d'Amérique latine et des Caraïbes sont confrontés à un certain nombre de problèmes à long terme. Il leur faut notamment :
Accélérer durablement la croissance économique. Sur la base d'hypothèses raisonnables quant à l'évolution de l'environnement extérieur et à l'adoption des politiques appropriées, la région peut parvenir à un taux de croissance de 6 % d'ici à l'an 2000. Il est indispensable d'augmenter l'épargne intérieure pour dynamiser la croissance. L'un des enseignements majeurs tirés de la crise mexicaine est que l'épargne intérieure est un facteur extrêmement important, en ce sens qu'elle contribue à l'accumulation du capital et favorise par là même la croissance, et qu'un taux d'épargne intérieure élevé s'accompagne d'une réduction du déficit des transactions courantes. Toutefois, le taux d'épargne des pays d'Amérique latine a toujours été très faible. En 1980, par exemple, la région n'a épargné que 19 % de son PIB, et la situation n'avait pratiquement pas évolué en 1994. Il y a dans ce domaine un contraste saisissant avec les régions du monde à forte croissance, qui épargnent au moins 35 % de leur PIB. La plupart des décideurs reconnaissent maintenant que l'une des gageures fondamentales de la région est d'accroître l'épargne intérieure.
Les facteurs qui permettent d'améliorer la compétitivité de la région sur les marchés internationaux sont également importants. Ils rendent d'autant plus nécessaire une libéralisation plus poussée des échanges, notamment par le biais d'accords régionaux favorisant les échanges commerciaux tels que le mercosur, accord régional entre l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Cet accord commercial est l'un des plus efficaces de la région, sinon du monde en développement. Il a continué à encourager le libre-échange, comme en témoignent la récente adhésion du Chili et celle de la Bolivie qui est prévue. La région doit au moins conforter la performance vigoureuse à l'exportation de 1995, année marquée par une progression de 22,7 % en valeur des exportations par rapport à 1994. Au Mexique et en Argentine, les exportations ont réagi de façon remarquable à la nouvelle donne économique, progressant respectivement de 33,2 et 30,1 % en 1995. Au cours des 18 prochains mois, une reprise rapide de ces économies nécessitera une poursuite de l'expansion des exportations ainsi qu'une forte augmentation de la demande intérieure. Il faudra aussi que la région complète ses exportations traditionnelles de produits primaires par une expansion rapide de ses exportations de produits manufacturés, ce qui sera plus difficile. Des gains de productivité peuvent également être réalisés grâce à une réforme et à une privatisation des ports, ainsi qu'à l'application des normes de qualité internationales.
Combattre la pauvreté et réduire les inégalités. Pendant la crise des années 80, la pauvreté s'est nettement aggravée en Amérique latine et aux Caraïbes, mais elle s'est stabilisée avec la reprise de la croissance au début des années 90. La vigueur de la croissance économique dans des pays tels que le Chili et le Pérou au cours des dernières années, les dividendes des réformes économiques en Argentine et ailleurs, et l'apaisement des conflits internes dans diverses régions de l'Amérique centrale sont autant de facteurs qui ont contribué au recul de la pauvreté.
Il n'en reste pas moins que la pauvreté et les inégalités demeurent le « talon d'Achille » du développement en Amérique latine. Un quart environ de la population de la région a moins d'un dollar par jour pour vivre. Entre 10 et 20 % des habitants les plus démunis (souvent des indigènes) vivent dans les régions rurales et principalement dans les zones reculées, où la productivité agricole est faible et les emplois non agricoles rares. Mais, au cours des quelque 10 à 15 années écoulées, c'est surtout dans les villes que la pauvreté a gagné du terrain. Il s'agit donc d'un phénomène nouveau, difficile à maîtriser. Il existe aussi un lien étroit entre la pauvreté et la répartition des revenus, laquelle demeure très inégale dans la plupart des pays de la région.
Pour combattre la pauvreté en milieu urbain, il faut développer les possibilités d'emploi offertes aux pauvres des villes; élargir l'accès aux services urbains; améliorer l'efficacité des filets de protection sociale dans les zones urbaines; accroître la productivité de l'économie informelle; augmenter les taux de participation de la main-d'oeuvre et réformer les administrations municipales. Pour faire reculer la pauvreté en milieu rural, il faut lever les obstacles réglementaires qui empêchent le secteur agricole de tirer parti de la libéralisation des échanges. Il est également important de faciliter l'accès des pauvres à la terre et aux services sociaux.
Promouvoir la valorisation des ressources humaines. La mise en valeur du capital humain constitue aussi une gageure pour les pays de la région. Avec un nombre moyen de 5,2 années d'études pour la population adulte, la région accuse un retard de deux ans environ par rapport aux pays au niveau de développement comparable. Il faut bien évidemment élargir les possibilités d'accès des pauvres au système éducatif, mais il est également impératif d'améliorer la qualité de l'enseignement, en particulier dans le cycle primaire. Dans la région, une centaine de millions de personnes sont privées de soins de santé de base, et quelque 2,2 millions de bébés naissent chaque année sans assistance médicale. De ce fait, l'incidence des maladies est nettement plus élevée que ne le laisserait penser le taux de croissance économique de la région.
Réformer et moderniser l'État. Les crises économiques répétées ont soumis les institutions du secteur public à rude épreuve. Les effets de l'austérité sont venus s'ajouter à ceux de la mauvaise gestion économique. Plusieurs pays ont récemment pris des mesures de réforme pour réduire le rôle de l'État dans les activités économiques, mais il reste encore beaucoup à faire pour améliorer réellement l'efficacité des services publics, en particulier la qualité et la couverture des services sociaux, qui influent sur la vie quotidienne des habitants. Parmi les tâches importantes à entreprendre, il faut renforcer la gestion des finances publiques, mettre en place des structures juridiques et réglementaires efficaces, réformer le système judiciaire et améliorer la fonction publique. Dans toute la région, un processus de décentralisation des administrations publiques est déjà en cours. Ce processus est très prometteur, mais des questions difficiles restent à résoudre quant aux modalités de la décentralisation budgétaire et à l'équilibre à établir entre les recettes et les dépenses au niveau local.
Opérations de la Banque, exercice 96
Dans le cadre de l'action concertée visant à améliorer la qualité de son portefeuille, la Banque s'efforce de simplifier les projets, en n'imposant des conditions que pour les actions indispensables à la bonne exécution des projets et en travaillant avec les clients en vue d'améliorer l'impact des projets et leur viabilité. À la suite de la visite effectuée en juillet 1995 par le Président de la Banque James Wolfensohn dans le nord-est du Brésil, il a été décidé de créer une commission conjointe chargée de formuler des recommandations sur les moyens permettant d'améliorer l'efficacité des opérations de la Banque au Brésil, en particulier dans le nord-est du pays. Cette commission a entrepris de répertorier les mesures susceptibles de résoudre les problèmes tenaces qui empêchent de réaliser les objectifs de développement des projets dans quatre domaines : l'éducation, la santé, le développement des zones rurales et l'environnement.
Par ailleurs, les innovations introduites dans les procédures internes du Bureau régional Amérique latine et Caraïbes devraient permettre d'accroître l'impact des projets de la région sur le développement (voir Encadré 4-4).
ENCADRÉ 4-4. LA RÉGION AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES A COMMENCÉ À MODIFIER SES PROCÉDURES INTERNES
Au cours de l'exercice 96, le Bureau régional de l'Amérique latine et des Caraïbes a pris une série de dispositions dans le but d'améliorer l'exécution et l'efficacité des projets financés par la Banque et de mieux répondre aux besoins des clients; de déléguer des responsabilités aux cadres et au personnel d'exécution, et de renforcer la compétence professionnelle et technique de ses services.
Les principales innovations lancées au cours de l'exercice sont les suivantes :
Modification des stratégies d'aide-pays. Les critères de performance seront indiqués à l'avance pour chaque pays et pour tous les secteurs importants. Pour aider les pays à atteindre leurs objectifs de développement, les départements géographiques et les chefs des équipes-pays se sont vu confier un pouvoir de décision plus important (et davantage de responsabilités) au sein de la Région.
Changements dans les départements géographiques. À compter du 1er avril 1996, l'ancien Département géographique II (LA2) a été scindé en deux départements respectivement chargés du Mexique et de l'Amérique centrale. La plus grande partie du personnel du Département-pays Mexique, y compris le directeur du département, est transférée sur le terrain (et viendra renforcer la mission résidente basée à Mexico). La Banque devrait ainsi être mieux à même d'adapter ses activités de prêt et ses services hors prêts à l'évolution des besoins du Mexique, de réagir plus rapidement aux événements (tant en ce qui concerne les projets que les travaux analytiques), de mieux gérer les projets en cours et de tirer parti des compétences locales. Par ailleurs, un Groupe d'animation sectorielle a été créé pour épauler les deux nouveaux départements. Il est chargé de fournir l'appui technique (en dehors de celui fourni par le Groupe de valorisation du capital humain) dont les départements géographiques pourraient avoir besoin pour entreprendre certaines initiatives.
Le Groupe de valorisation du capital humain. Couvrant l'ensemble de la Région, ce groupe réunira en une unité spécifique les spécialistes de la Région dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la nutrition, de la lutte contre la pauvreté, et des questions touchant la condition féminine. Il s'agit de mieux associer les compétences et spécialisations des ressources humaines de la Région au travail de tous les départements-pays. Comme ceux du Groupe d'animation sectorielle, les agents du Groupe de valorisation du capital humain seront déployés en fonction des besoins pour participer à la réalisation de projets et d'études dans des pays déterminés.
Liaison avec les organisations non gouvernementales (ONG). La Région a organisé deux réunions régionales Banque-ONG pour renforcer la collaboration, en particulier dans les domaines en rapport avec la lutte contre la pauvreté. Un des résultats de la première réunion a été l'affectation d'agents de liaison avec les ONG dans les missions résidentes. Ceux-ci sont chargés de resserrer les relations entre la Banque et les organisations communautaires pour tous les aspects des activités de la Banque au niveau du pays. Ils s'emploieront en particulier à améliorer le flux d'informations entre la Banque et les groupes communautaires, à aider à renforcer la participation des ONG aux projets et aux études économiques et sectorielles de la Banque et à rechercher de nouveaux modes de collaboration.Principaux éléments du programme. Pendant l'exercice 96, 54 nouveaux projets représentant globalement 4,4 milliards de dollars d'engagements ont été approuvés. Dans le cadre des dispositions prises par le Bureau régional de la Banque pour améliorer la qualité des prêts et simplifier les opérations, la taille moyenne des projets a été ramenée de 101 millions de dollars pour l'exercice 94 à 85 millions de dollars durant l'exercice 95, puis à 82 millions de dollars.
Tableau 4-13 Outre le programme important de prêts en faveur des équipements d'infrastructure, le programme de la Région comportait des prêts destinés à renforcer les systèmes financiers ainsi qu'un certain nombre de projets ayant pour but d'améliorer la gestion de l'environnement. La Banque a prêté 500 millions de dollars pour la réforme du système bancaire en Argentine. Ce prêt s'inscrit dans le cadre d'un programme destiné à accroître la confiance dans le système bancaire en consolidant les banques privées et en restaurant leur solvabilité. Le programme bolivien comprenait quatre projets qui avaient pour but d'élaborer le cadre réglementaire et juridique requis pour appuyer le programme de capitalisation des banques, et en particulier de mettre en place les structures institutionnelles nécessaires pour mener à bien les réformes du secteur financier. Pour aider à faire en sorte que la future croissance économique ménage l'environnement, les projets de la Banque incorporent des approches novatrices des évaluations environnementales, telles que des études régionales et sectorielles, et font appel à la participation d'organisations non gouvernementales (ONG). Certains projets d'infrastructure prévoient un soutien pour l'assistance technique et la formation nécessaires pour améliorer les capacités d'évaluation environnementale des emprunteurs.
Tableau 4-14 Le Bureau régional a également lancé un vaste programme de prêt dans les secteurs de l'éducation et de la santé. Parmi les opérations intéressant l'Argentine, il convient de mentionner notamment le Projet de décentralisation et d'amélioration de l'enseignement secondaire et le Projet de développement de l'éducation polyvalente, qui ont facilité la décentralisation de l'enseignement secondaire au niveau des provinces, et le Projet de réforme de l'enseignement supérieur, qui visait à améliorer la qualité de l'enseignement dispensé en mettant en place un nouveau système d'allocation des ressources et en renforçant les services de planification et de gestion. Au Brésil, le Projet de réforme du secteur de la santé a pour but de faciliter la mise en oeuvre des réformes et d'améliorer l'organisation des soins dans le cadre du programme national de soins de santé, seule structure de soins pour les pauvres financée par l'État. Des projets concernant l'éducation de base ont été entrepris dans divers pays : Dominique, Grenade, Guyana, Panama, République dominicaine et Trinité-et-Tobago. Tous ces projets comprennent un programme d'action destiné à élargir l'accès à l'éducation et à améliorer la qualité de l'enseignement, à renforcer les capacités institutionnelles nécessaires à la réforme de la gestion, à améliorer la formation des enseignants, rénover les installations et élaborer des programmes d'études. Pour remédier aux effets de la crise économique en Haïti, la Banque a lancé un programme accéléré comportant un projet de création d'emplois.
Tableau 4-15 L'une des innovations récentes en matière de prêt trouve une application concrète au Brésil, où la Banque soutient diverses opérations -- ajustement budgétaire, privatisation et octroi de concessions, et réformes administratives -- au niveau infrarégional, et en particulier dans les États bien équipés pour maîtriser la gestion budgétaire et l'exécution des projets. Le Honduras a bénéficié d'un prêt pour son programme de réforme du secteur public. Ce programme prévoit, entre autres, la modernisation des systèmes publics de gestion et le renforcement de la gestion financière. Plusieurs projets visaient en particulier à renforcer le cadre réglementaire du secteur public, compte tenu en particulier des privatisations récentes. Parmi ces projets, il convient de citer le Projet de développement du marché de l'électricité en Colombie, le Projet de restructuration des chemins de fer au Brésil, le Projet d'expansion du secteur privé au Guyana, le deuxième Projet concernant les soins de santé de base et le Projet relatif aux ressources en eau au Mexique.
Le programme de prêt de la région comprend un élément considérable de cofinancement -- 2,1 milliards de dollars destinés à financer 36 projets. La Banque interaméricaine de développement (BID) a assuré la plus grande partie du cofinancement -- 1,6 milliard de dollars. Au Brésil, le Projet de réforme du secteur de la santé constitue un exemple concret de collaboration étroite entre la Banque et la BID. Ce projet de 750 millions de dollars (financé respectivement à hauteur de 300 et 350 millions de dollars par la Banque et la BID) a été conjointement identifié et évalué par les deux institutions. Il est géré par un seul service administratif (comprenant du personnel de la Banque et de la BID), et les fonctions de supervision sont assumées conjointement. Même les accords de prêt des deux institutions sont fondamentalement identiques, avec des matrices de conditionnalité et des procédures de passation des marchés correspondantes.
Activités économiques et sectorielles
Le Bureau régional a poursuivi l'action entreprise pour améliorer l'impact des études économiques et sectorielles en tant qu'instruments d'analyse et de dialogue avec les gouvernements, et adopté des formats et des styles différents selon le cas. Les mémorandums économiques sur les pays sont progressivement abandonnés au profit d'analyses plus fines de questions intéressant l'ensemble d'une économie nationale ou un secteur déterminé. Un thème récurrent concerne les dispositions à prendre pour assurer une gestion efficace au niveau infranational -- c'est-à-dire à la fois à l'échelon de la province et de l'État (dans le cas de l'Argentine, du Brésil et du Mexique, par exemple), et également aux niveaux régional et municipal. Une évaluation de la solvabilité des États du Brésil a été effectuée dans le but de faciliter la mise en oeuvre des programmes d'ajustement budgétaire et de réformes structurelles au niveau des États. Dans la province de Tucumàn, en Argentine, et dans l'État du Chiapas, au Mexique, la Banque a entrepris des études (avec la SFI pour le Tucumàn, et avec la SFI et la Banque interaméricaine de développement pour le Chiapas) afin d'élaborer des stratégies pour promouvoir les activités du secteur privé dans ces régions. Au Tucumàn, le plan d'action qui en est résulté est maintenant en cours d'exécution avec une aide de la Banque et de la SFI. Toujours en Argentine, une autre étude a été réalisée en collaboration avec la SFI, pour déterminer les réformes à entreprendre dans la province de Córdoba. Des travaux considérables ont également été effectués pour analyser les conséquences de la démocratisation et de la décentralisation au plan de la gestion, en particulier pour la Colombie.
Le programme d'évaluations de la pauvreté s'est poursuivi, et 25 études ont été réalisées à ce jour. Celles-ci ont permis de recueillir les données nécessaires à la mise au point de stratégies de lutte contre la pauvreté adaptées à la situation de chaque pays. Dans plusieurs pays, le chômage est devenu un grave problème politique et social. C'est ainsi qu'une étude a été entreprise en vue d'examiner en détail, du point de vue quantitatif, la structure du chômage en Argentine et d'analyser le lien existant entre le chômage et les négociations collectives. Des études sont également en cours pour analyser les caractéristiques du marché du travail tant au niveau national qu'au niveau régional dans divers pays.
Comme elle le fait tous les deux ans, la Banque a accueilli le Groupe consultatif pour le développement économique des Caraïbes en juin 1996. Pour préparer cette réunion, diverses études concernant la croissance, les échanges, la gestion du secteur public et la pauvreté ont été réalisées. Vu le succès de la précédente réunion du groupe, des représentants du secteur privé ont à nouveau été invités à participer à tous les aspects de la réunion qui a compris aussi bien des séances consacrées aux divers pays qu'un Forum sur l'activité économique aux Caraïbes et des conférences destinées à promouvoir le tourisme et l'informatique.
Perspectives régionales 1996
Afrique
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