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Accès à l'Eau Salubre
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Le saviez-vous?

  • Le corps d'un adulte est constitué de 50 % à 60 % d'eau. Chez les enfants, ce pourcentage est de 75 %. Le cerveau humain est lui aussi fait à 75 % d'eau.
  • Alors que l'organisme peut vivre des semaines sans nourriture, il ne peut survivre que quelques jours sans eau.
  • 220 millions de citadins vivant dans les pays en développement ne disposent pas d'une source d'eau potable salubre près de chez eux.
  • Dans le monde en développement, 90 % des eaux usées urbaines sont rejetées dans les rivières, les lacs et les eaux côtières sans traitement préalable.
  • L'agriculture consomme de 60 % à 80 % des ressources d'eau douce dans la plupart des pays, et parfois même jusqu'à 90 %

Accès à l'eau salubre

Accès à l'eau salubre est mesuré par le nombre de personnes, en pourcentage de la population totale, qui ont un moyen raisonnable d'obtenir de l'eau salubre pour la boisson, la toilette et les usages ménagers essentiels. Il dénote la santé des habitants du pays et l'aptitude du pays à collecter, traiter et distribuer l'eau.

Graphique 1.

L'eau est indispensable à la vie, et pourtant, en 1995, plus d'un milliard de personnes vivant dans les pays à revenu faible et intermédiaire, et plus 50 millions vivant dans les pays à revenu élevé n'avaient pas accès à l'eau salubre pour la boisson, l'hygiène personnelle et les usages domestiques. Ces chiffres, comme le montre le Graphique 1, représentent près de 25 % de la population mondiale (5,9 milliards d'habitants). En outre, près de 2 milliards de personnes n'avaient pas accès à des installations d'assainissement satisfaisantes.

Qu'est-ce que l'eau « salubre » et pourquoi est-elle importante?

Photo 1.

L'eau salubre inclut l'eau de surface traitée et l'eau non traitée mais non contaminée provenant de sources comme les sources naturelles et les puits sanitaires. En moyenne, un être humain a besoin d'environ 20 litres d'eau salubre par jour pour ses besoins métaboliques, hygiéniques et domestiques. Sans eau salubre, on ne peut pas être en bonne santé ni être productif. On estime, par exemple, que chaque année, 900 millions de personnes souffrent -- et 2 millions environ meurent -- de maladies diarrhéiques transmises par l'eau. La plupart des malades, mais pas tous, vivent dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les plus exposés étant les enfants et les personnes âgées. Des millions de gens souffrent d'autres maladies liées à l'eau telles que la bilharziose, le choléra, l'éléphantiasis, et l'ankylostomiase.

Graphique 2.

Quand l'approvisionnement en eau et l'assainissement s'améliorent, cela est bénéfique à la santé et à la qualité de la vie. Le Graphique 2 montre l'effet de l'amélioration des services d'eau et d'assainissement sur l'espérance de vie dans trois villes françaises au 19e siècle. Depuis toujours, quand l'approvisionnement en eau salubre est satisfaisant et que les gens suivent de bonnes pratiques d'hygiène, ils se portent mieux et ont des chances de vivre plus longtemps.

L'accès à l'eau salubre est vital aussi pour les économies et les écosystèmes, et le manque d'eau salubre peut affecter directement les perspectives à long terme de développement durable. Si l'eau manque, les usines qui ont besoin d'eau peuvent fermer temporairement, les rendements agricoles baissent, les travailleurs en mauvaise santé sont improductifs, et les pêcheurs risquent d'être ruinés. La destruction de la vie aquatique nuit non seulement à l'économie mais aussi à l'écosystème. En outre, quand il n'y a pas de bon réseau d'adduction d'eau, les gens creusent eux-mêmes des puits, ce qui appauvrit les ressources d'eau douce. La qualité de l'air peut, elle aussi, être affectée par le manque d'eau salubre. Quand les familles font bouillir l'eau pour tuer les bactéries dangereuses, le combustible qu'elles brûlent peut polluer l'atmosphère. Et quand elles utilisent du bois ou du charbon de bois comme source de combustible, cela conduit à la destruction des forêts et donc à d'autres problèmes écologiques comme l'érosion et la disparition de la couche arable des sols.

L'eau salubre se raréfie

Outre que certaines régions du monde sont naturellement arides, l'accroissement de la demande d'eau, pour des usages parfois incompatibles, compromet l'approvisionnement à l'échelle mondiale. Beaucoup de cours d'eau et de bassins versants sont pollués par les déchets industriels, agricoles et humains, tandis que d'autres s'assèchent parce qu'on ne laisse pas à la nature le temps de reconstituer les ressources. Dans les régions où les précipitations sont abondantes ou qui pratiquent l'irrigation, on risque de gaspiller l'eau parce qu'elle semble inépuisable ou bon marché, sans se rendre compte qu'il coûte très cher de traiter l'eau une fois qu'on s'en est servi.

Grpahique 3.

Obtenir de l'eau est plus difficile -- et souvent plus coûteux -- pour les plus pauvres. Dans les zones rurales des pays en développement, beaucoup de femmes et d'enfants passent plusieurs heures par jour (de six à huit heures dans les cas extrêmes) à aller chercher de l'eau dans les cours d'eau ou à des puits. Dans les villes, rares sont les pauvres qui ont l'eau courante. Le Graphique 3 montre comment les habitants d'une zone métropolitaine dans un pays en développement se procurent de l'eau : un tiers seulement reçoivent l'eau courante à leur domicile ou dans la cour. Dans un même quartier, les gens qui achètent l'eau à différents fournisseurs paient quelquefois trois à dix fois plus cher que ceux qui ont l'eau courante.

D'autre part, devant l'expansion rapide des villes dans le monde entier, les pouvoirs publics ne sont pas toujours en mesure de fournir des installations sanitaires convenables, ce qui oblige les habitants, surtout les pauvres, à vivre dans des conditions insalubres, entourés d'égouts à ciel ouvert. Les eaux usées non traitées contaminent généralement les réserves d'eau situées près des villes, si bien qu'il faut aller capter l'eau de plus en plus loin à mesure que les villes s'agrandissent.

Les pays industriels eux aussi commencent à se préoccuper des problèmes de qualité et de quantité de l'eau. Ces pays ont des économies plus solides et des moyens plus importants de collecter, de traiter et de livrer l'eau aux usagers, mais la consommation par habitant peut y être élevée, car les gens se servent de l'eau pour laver leurs voitures, arroser leurs pelouses et transformer des déserts en terres agricoles, en villages et en villes. Ces pays dépensent des sommes énormes pour traiter l'eau contaminée par les déchets industriels, la production énergétique, l'agriculture et les ménages.

Les réalités de l'offre et de la demande

Photo 2.

L'approvisionnement en eau salubre soulève toute une série de problèmes d'ordre social, économique et écologique. Depuis quelques années, les consommateurs, les industriels, les agriculteurs et les gouvernements se rendent compte que l'eau est un bien économique et non une ressource « gratuite » illimitée. À ce bien économique, correspond un large éventail de niveaux de qualité et de niveaux de services d'approvisionnement et d'assainissement que les habitants souhaitent et qu'ils sont prêts à payer.

Partout dans le monde, l'expérience montre que si on donne aux gens, même aux plus pauvres, le choix en matière de qualité des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, ils sont souvent prêts à payer plus pour avoir une meilleure qualité. Par exemple, des gens qui ne veulent pas payer pour faire fonctionner et entretenir de mauvaises pompes manuelles et des latrines à fosse accepteraient en revanche de payer plus pour obtenir un système élémentaire d'adduction d'eau et d'égouts qui fonctionne équitablement et efficacement.

D'un autre côté, les ménages et les industriels ne tiennent pas toujours à payer pour avoir des services de meilleure qualité s'ils sont déjà satisfaits. Par exemple, aux États-Unis, des collectivités côtières ont refusé de payer pour faire traiter les eaux usées, car cela leur semblait inutile et cher, quand bien même les lois fédérales sur la protection de l'environnement les y obligent. Au bout du compte, il semble que lorsque tous les membres d'une collectivité (familles, industriels, agriculteurs et hommes d'affaires) s'entendent pour choisir le système le plus pratique d'approvisionnement en eau salubre et d'assainissement, chacun est plus satisfait de la qualité et du prix de ces services.

Points Culminants du Accès à l'eau salubre

Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau salubre et près de deux milliards n'ont pas accès à un réseau d'assainissement. La plupart d'entre elles vivent dans des pays à revenu faible et intermédiaire.
Chaque année, près d'un million de personnes souffrent de maladies diarrhéiques ccausées par de l'eau non salubre. Des millions d'autres souffrent d'autres maladies liées à l'eau. Les pauvres, surtout les très jeunes enfants et les personnes âgées, sont les plus vulnérables.
L'eau salubre manque souvent parce qu'on en sous-estime la valeur et qu'on la gaspille.
À mesure que l'économie d'un pays se renforce—que son PNB par habitant s'accroît—il est fréquent qu'un pourcentage plus élevé de sa population ait accès à l'eau salubre et à l'assainissement.
Des décisions réfléchies de tous les groupes d'usagers mènent généralement à des améliorations de l'approvisionnement de tous en eau salubre à des prix abordables.
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