|
|
|||
|
|
|||
| Accueil > Accueil du PED > DEPweb > Modules Éducatifs > PNB par Habitant | |||
|
|
|||||||
| Lisez la cas, et puis completez les exercices sur le fond de la page. | |||||||
|
Étude de Cas 1: Rendre possible la microentreprise, Inde L'existence de Mala et de sa famille avait toujours été rythmée par les campagnes agricoles. Dans son village, Manpur, situé dans l'État d'Andhra Pradesh, au sud de l'Inde, son mari et elle avaient du travail au moment des plantations ou des récoltes. Il n'y avait guère d'autres moyens de gagner de quoi arranger leur maison en torchis, acheter de la nourriture ou des livres pour les quatre enfants. Comme la plupart des femmes du village, Mala était analphabète. Sa maison n'avait ni eau courante ni électricité, ce qui voulait dire que ses enfants et elle passaient plusieurs heures par jour à ramasser du combustible, à entretenir le feu, ou à aller chercher de l'eau au puits du village. Récemment, Mala a eu la chance d'améliorer son existence, après que des équipes de SHARE, un organisme de prêt pas comme les autres, ont proposé aux villageoises un programme pour les aider à créer leur propre affaire. Le principe en était simple : Mala et quatre autres femmes du village devaient accepter d'assumer collectivement la responsabilité de rembourser le prêt de SHARE. Elles n'étaient pas tenues de donner en gage leurs maigres possessions ; au lieu de cela, chacune a remis une petite somme d'argent qu'elle avait épargnée, en comptant que les autres rembourseraient leur emprunt avec intérêt, de sorte qu'aucune ne serait responsable pour les autres. Avec son emprunt, équivalant à une centaine de dollars, Mala a acheté une vache et une chèvre, et des aliments pour animaux. Elle était ravie de songer à ce que ce prêt allait faire pour sa famille. En vendant le lait, le fromage et le beurre de ses animaux, elle a obtenu, pour la première fois de sa vie, un revenu régulier pendant les mois où il y avait peu de travaux agricoles à faire. Auparavant, avec des salaires journaliers inférieurs à la moitié d'un dollar, Mala et son mari ne pouvaient guère économiser. Comme ils n'avaient rien à donner en gage à la Banque, ils ne pouvaient pas prétendre à un prêt ordinaire d'une banque commerciale. Les seules autres sources de fonds étaient les usuriers, qui faisaient payer des taux d'intérêt très élevés, ou les propriétaires terriens qui exigeaient en échange qu'ils travaillent dans leurs champs sans être payés. Mais grâce à son modeste emprunt et à sa nouvelle affaire, Mala a eu de quoi réparer le toit en chaume de sa maison, en prévision des pluies de mousson, et pour acheter des chaussures à ses enfants. Mala bénéficie d'une stratégie de développement relativement nouvelle, fondée sur les microcrédits, qui vise à augmenter le produit national brut (PNB) par habitant, ou le revenu individuel des habitants des pays à revenu faible ou intermédiaire. L'Inde a vu son PNB par habitant progresser de 3 % environ par an entre 1980 et 1992. Bien que ce taux soit très favorable par rapport à d'autres pays à faible revenu, dont le PNB par habitant a baissé durant cette période, l'Inde est encore à la traîne par rapport à d'autres économies asiatiques, comme celles de Singapour et de la Corée du Sud. Le PNB indien par habitant était de 300 dollars environ en 1992, contre 6 790 dollars en Corée. Dans les pays industriels comme ceux d'Europe et d'Amérique du Nord, le PNB par habitant dépasse généralement 20 000 dollars par an. Le microcrédit est important pour beaucoup de femmes pauvres, qui ont très peu de possibilités d'améliorer leur existence ou celle de leur famille. De façon générale, il vise à aider les gens qui veulent créer une affaire ou développer leur petite entreprise, mais qui, n'ayant rien à offrir en garantie, n'ont pas accès aux banques ou aux autres établissements de prêt traditionnels. Les gouvernements ont essayé de subventionner les prêts aux pauvres, mais ces programmes n'ont pas pu devenir autosuffisants à cause de problèmes tels que l'inflation et l'excès de réglementation. Les programmes de prêts bonifiés ont également affaibli les institutions financières qui ne recevaient pas d'aide de l'État ; bien souvent, ce sont les riches, plutôt que les pauvres (pourtant censés être les bénéficiaires de ces programmes) qui ont obtenu des prêts de l'État à faible taux d'intérêt. Au cours des 20 dernières années, les microcrédits sont apparus comme une solution avantageuse de remplacement des prêts d'État bonifiés. Cette approche est aujourd'hui utilisée avec plus ou moins de succès en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Des programmes fonctionnent dans des pays très pauvres, comme le Bangladesh et le Niger, et dans des pays en développement économiquement plus avancés, comme la Colombie et le Costa Rica. Les microcrédits sont généralement très modiques (souvent moins de 400 dollars). C'est ainsi qu'au Bangladesh, la Grameen Bank couvre près de la moitié des villages du pays et dessert presque 2 millions de clients pauvres. En Bolivie, la Banco Sol a prêté à près de 50 000 personnes, soit pratiquement 10 % du marché potentiel. Dans d'autres pays, les programmes se développent à des rythmes allant de 25 % à 100 % par an. Outre le fait de gagner de l'argent pour réparer leur maison, acheter de la nourriture et des vêtements, les individus doués d'initiative, comme Mala, participent à l'économie nationale en créant des emplois pour eux-mêmes et autrui et en augmentant l'offre générale de biens et de services. Même si le microcrédit porte sur des prêts personnels de montant modeste, sur le plan collectif, il jette les bases d'une croissance économique plus forte ou d'un PNB plus élevé dans les pays en développement pauvres. La participation à ces nouveaux programmes de prêt permet aussi d'initier les gens aux règles de base de l'économie de marché, qui est devenue le mode d'organisation économique le plus répandu du monde. Bien que beaucoup d'institutions de microcrédit aient débuté avec des dons ou des prêts de pays riches, de la Banque mondiale ou d'autres organisations d'aide multilatérales, certaines d'entre elles sont aujourd'hui en mesure de régler leurs frais de personnel et autres frais d'exploitation sur le produit des intérêts et des commissions. Si ces institutions peuvent devenir autosuffisantes, c'est parce que leurs taux de remboursement sont généralement très élevés : supérieurs à 95 % le plus souvent. Certaines ont même dégagé des bénéfices comparables à ceux de sociétés financières privées plus classiques. Les organismes de microcrédit sont encore loin, cependant, de ressembler à des banques ou à des institutions financières à part entière, qui utilisent l'épargne locale pour financer des projets de développement économique de plus vaste portée et plus coûteux dans les collectivités défavorisées. Les perspectives des microcrédits, et sa contribution à la croissance du PNB, sont encourageantes dans l'Andhra Pradesh. Le programme SHARE, créé en 1993, a maintenant quelque 3 500 membres et finance environ les deux tiers de ses frais d'exploitation sur ses propres recettes. Son objectif est de faire passer le nombre de ses membres à 11 000 d'ici quelques années, et prévoit d'atteindre l'autonomie financière complète d'ici 2001. À Manpur, Mala et les autres participantes au programme SHARE ont contribué à ce succès. Elles sont fières de ne jamais avoir laissé passer une traite hebdomadaire. Le mari de Mala, sceptique au départ, a décidé de l'aider à développer son affaire en s'occupant de deux nouvelles vaches et chèvres. Avec un revenu plus important, ils espèrent couler du béton sur le plancher de leur maison et donner à la famille une alimentation plus variée.
|
|||||||
| Explorons la Cas: | |||||||
|
|
|||||||
|
|||||