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Au Delà de la Croissance Économique--Un livre virtuel de l'eleve
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III. Accroissement de la population mondiale, page 2

La réduction des taux de natalité de ces dernières décennies s'est traduite par une diminution des taux d'accroissement démographique dans les pays en développement en dépit d'une baisse continue des taux de mortalité. Le ralentissement de la croissance démographique est encore plus marqué dans les pays développés (figure 3.4). La stabilisation des taux de natalité et la hausse des taux de mortalité (à mettre au compte du vieillissement de la population; voir chapitre 8) ont déjà entraîné une diminution naturelle de la population en Italie et en Allemagne, et l'on s'attend à ce qu'il en soit prochainement de même au Japon et en Espagne (voir les taux de natalité et de mortalité du tableau de données 1, en fin d'ouvrage).

Au cours des 30 dernières années, le taux d'accroissement de la population mondiale est tombé de plus de 2,0 % à 1,5 % par an et, à en croire les spécialistes, cette tendance devrait se poursuivre. Pourtant, en chiffres absolus, la population mondiale augmente à un rythme sans précédent — le chiffre était d'environ 230 000 individus par jour en 1995. Cela tient au fait que la base de départ est plus large que jamais. En 1995, le monde comptait environ 5,7 milliards d'habitants, soit près de deux fois plus qu'en 1970. Selon les projections, il en comptera 2,5 milliards de plus dans les 35 prochaines années — et 90 % d'entre eux vivront dans des pays en développement. La proportion de la population mondiale vivant dans ces pays devrait passer de 84 % à 88 %.

À brève échéance, l'accroissement rapide de la population dans les pays pauvres engendre une diminution du PNB par habitant, ce qui réduit d'autant les ressources devant être investies dans le capital humain de chacun, élément clé d'une augmentation de la productivité de la main-d'œuvre. Mais sur le long terme, à supposer que la productivité de la main-d'œuvre augmente effectivement, le fait d'avoir davantage de travailleurs pourrait être un facteur de dynamisme économique pour les pays en développement.

Évolution démographique des pays d'Europe en transition

Discussion PromptLes ex-pays socialistes d'Europe centrale et orientale représentent une exception majeure par rapport aux tendances démographiques généralement similaires des pays développés et en développement. La forte baisse des taux de mortalité qui a marqué les années 50 et 60 s'est ralentie durant les années 70 et 80 dans ces pays. Les taux de mortalité ont en fait augmenté au cours des années 90 en Russie et dans certains autres pays en transition dont le Bélarus, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Moldova, la Roumanie et l'Ukraine. Le taux de mortalité de la Russie en 1995 était égal au taux moyen des pays d'Afrique subsaharienne (15 décès pour 1 000 habitants), alors que la moyenne s'établissait à 9 pour 1 000 dans les pays en développement et à 8 pour 1 000 dans les pays développés.

Ce renversement spectaculaire, et sans précédent dans l'histoire, des tendances de la mortalité est principalement à mettre au compte d'une aggravation de la mortalité adulte chez les hommes, due avant tout à une augmentation des maladies cardiovasculaires chez les hommes plus âgés et des cas d'accident, de suicide et de meurtre chez les plus jeunes. On peut ramener une bonne partie de ces facteurs à l'abus de substances — alcoolisme et tabagisme — , lequel peut lui-même être mis au compte de la dégradation des conditions de vie et du surcroît d'incertitudes et de tensions qui ont accompagné la transition. Mais la mise en œuvre rapide de réformes économiques n'a pas nécessairement eu d'effets préjudiciables sur la santé des individus dans tous les pays en transition. C'est ainsi qu'en République tchèque le taux de mortalité a continué de diminuer (figure 3.5), tandis qu'il est resté stable en Hongrie et en Pologne.

Les pays en transition d'Europe ont vu leurs taux de natalité chuter fortement au cours des cinq à dix dernières années, mais pas pour les mêmes raisons que la majorité des pays en développement : on pense en effet que ce phénomène est lié à la baisse de la qualité de la vie provoquée par la crise économique et sociale accompagnant la transition. Dans ce contexte, les taux de fécondité de ces pays sont aujourd'hui bien inférieurs au « niveau de remplacement » (égal à un peu plus de deux enfants par famille) et inférieurs également à ceux qui prévalent dans la plupart des pays développés (voir figure 3.3).

Du fait de ces tendances démographique particulières — une augmentation de la mortalité conjuguée à une baisse de la natalité — , bon nombre des pays en transition d'Europe (par exemple, la Russie et la Lettonie, comme le montre la figure 3.5) ont enregistré une diminution naturelle de leur population.

 
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