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Au Delà de la Croissance Économique--Un livre virtuel de l'eleve
Table des matières | Introduction | Glossaire | Classification des économies par revenu et région | Tableaux de données
Chapitres : I | II | III | IV | V | VI | VII | VIII | IX | X | XI | XII | XIII | XIV | XV | XVI | XVII
XV. Indicateurs composites de développement

Discussion PromptComparer le PNB (ou PIB) par habitant des pays est l'approche qui est le plus couramment utilisée pour déterminer leur niveau de développement. Mais le fait pour un pays d'avoir un revenu par habitant plus élevé ne veut pas toujours dire que sa population vive mieux que celle d'un autre pays dont le revenu est moins élevé, beaucoup d'aspects du bien-être n'étant pas pris en compte par ces indicateurs. (Pouvez-vous en donner quelques exemples ? Voyez le chapitre 2.) Pour tenter d'établir un meilleur étalon du degré de réussite du processus de développement, les experts utilisent différentes méthodes consistant à intégrer les données relatives aux revenus moyens avec celles relatives aux niveaux moyens de santé et d'éducation. Cela permet d'évaluer les résultats d'un pays en termes de développement économique ainsi que de développement humain (voir chapitre 1).

« Losanges » du développement

Les experts de la Banque mondiale utilisent ce qu'ils appellent les losanges du développement afin d'illustrer les interactions entre quatre indicateurs socioéconomiques pour un pays donné, par rapport aux moyennes établies pour le groupe de revenus dans lequel ce pays se situe (pays à faible revenu, à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, à revenu élevé). L'espérance de vie à la naissance, les taux bruts de scolarisation primaire (ou secondaire) l'accès à l'eau salubre et le PNB par habitant y sont représentés, chacun sur un axe différent, et les valeurs correspondantes sont reliées entre elles par des lignes épaisses pour former un losange (figure 15.1). Il est alors aisé de comparer la forme de ce losange avec celle du losange de référence, qui représente les indicateurs moyens pour le groupe de revenus correspondant, chaque élément étant rapporté à la base 100 (voir les losanges vert et bleu). Un point situé en dehors du losange de référence indique une valeur supérieure à la moyenne du groupe, tandis qu'un point situé à l'intérieur représente un résultat inférieur à la moyenne.

Dans le cas de la Russie, le « losange » est en fait de forme triangulaire parce que la Banque mondiale ne dispose pas de données sur le pourcentage de population ayant accès à l'eau salubre. Imaginez un autre indicateur, éventuellement plus significatif pour les pays de l'ex-Union soviétique, qui pourrait vous servir à comparer les niveaux de développement. À partir des tableaux de données figurant à la fin de ce volume, utilisez l'indicateur en question pour compléter le losange du développement de la Russie et d'un ou deux autres pays de votre choix.

Discussion PromptIl convient de faire remarquer que les losanges du développement établis pour la Chine et l'Éthiopie, d'une part, la Russie et la Turquie, d'autre part, correspondent à des indices basés sur des moyennes pour deux groupes de pays différents — les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (voir figure 15.1). Il est de ce fait impossible de comparer visuellement les acquis de l'une et l'autre paires de pays sur le plan du développement. C'est là un des principaux inconvénients de cette méthodologie : elle ne peut servir, en pratique, à comparer des pays classés dans des groupes de revenus différents.

Indicateur du développement humain

Les experts des Nations Unies préfèrent avoir recours à l'indicateur du développement humain pour jauger le degré de développement d'un pays. Cet indicateur composite est une simple moyenne de trois indices reflétant les réalisations d'un pays en termes de santé et de longévité (sur la base de l'espérance de vie à la naissance), d'éducation (à partir du taux d'alphabétisation des adultes et des taux combinés de scolarisation ou d'inscriptions dans le primaire, le secondaire et l'enseignement supérieur), et de niveau de vie (au moyen du PIB par habitant exprimé en parité de pouvoir d'achat).Dans chacun de ces domaines, les acquis d'un pays sont mesurés au regard du chemin parcouru en direction de l'un ou l'autre des objectifs suivants : une espérance de vie de 85 ans, des taux d'alphabétisation adulte et d'inscriptions de 100 %, et un PIB réel par habitant de 40 000 dollars en parité de pouvoir d'achat. Pour désirables qu'ils soient, ces objectifs n'ont encore été pleinement atteints par aucun pays, si bien que les indicateurs effectifs sont exprimés en valeurs décimales du cas de figure idéal.

L'avantage que présente l'indicateur du développement humain par rapport à la méthode des losanges du développement est qu'il permet de classer les pays en fonction des résultats obtenus sur le plan du développement humain. Dans le dernier classement en date, basé sur les données de 1997, les cinq pays de tête étaient le Canada, la Norvège, les États-Unis, le Japon et la Belgique. Les cinq pays en bas de classement étaient la Sierra Leone, le Niger, l'Éthiopie, le Burkina Faso et le Burundi. Parmi les économies en développement, les cinq premières places étaient occupées par Singapour, Hong Kong (Chine), le Brunéi, Chypre et la République de Corée.

L'inconvénient de l'indicateur du développement humain est qu'il ne permet pas de jauger de l'importance relative de ses différentes composantes, ni de comprendre les raisons de l'évolution de l'indice d'un pays donné au fil du temps - de savoir, par exemple, si elle résulte d'un changement au niveau du PNB par habitant ou d'une modification du taux d'alphabétisation des adultes.

Pour certains pays, le classement sur la base de l'indicateur du développement humain est sensiblement différent de celui établi à partir du PNB (ou PIB) réel par habitant (tableau 15.1). La différence entre les deux montre dans quelle mesure le pays en question a ou non réussi, comparativement aux autres pays, à convertir les fruits de la croissance économique en qualité de la vie pour sa population (voir tableau de données 4). Une différence positive signifie qu'un pays s'en sort relativement mieux sur le plan du développement humain qu'en termes de revenu par habitant. C'est souvent le cas des ex-pays socialistes et des pays développés d'Europe. Une différence négative signifie l'inverse, les cas les plus marquants à cet égard étant ceux du Koweït et du Pakistan (voir tableau 15.1).

Tableau 15.1
Différences de classement en fonction du PNB par habitant et de l'indice de développement humain

Pays Classement en fonction du PNB réel par habitant (dollars PPA), 1995 Classement en fonction de l'indice de développement humain, 1995 Différence de classement en fonction du PNB réel par habitant (dollars PPA) et en fonction de l'indice de développement humain
Koweït 4 54
-50
Pakistan 96 138 -42
Émirats arabes unis 24 48 -24
Russie 62 72 -10
États-Unis 2 4 -2
Tadjikistan 128 118 10
Canada 12 1 11
Finlande 21 6 15

 

 
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