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Au Delà de la Croissance Économique--Un livre virtuel de l'eleve
Table des matières | Introduction | Glossaire | Classification des économies par revenu et région | Tableaux de données
Chapitres : I | II | III | IV | V | VI | VII | VIII | IX | X | XI | XII | XIII | XIV | XV | XVI | XVII
XII. Mondialisation et commerce international, Page 2

En dépit des risques, beaucoup de pays ont choisi d'ouvrir davantage leur économie au monde extérieur. Une façon de mesurer l'étendue de ce processus consiste à calculer le rapport entre les échanges extérieurs d'un pays (exportations plus importations) et son PIB ou PNB. Selon ce critère, la mondialisation a pour ainsi dire doublé en moyenne depuis 1950. Au cours des 30 dernières années, les exportations ont progressé environ deux fois plus vite que le PNB (figure 12.1) et, de ce fait, le ratio des échanges internationaux au PIB mondial (exprimé en parité de pouvoir d'achat) atteignait près de 30 % en 1996 — il était en moyenne de 40 % environ pour les pays développés, et de 15 % environ pour les pays en développement (carte 12.1 et tableau de données 3).


Géographie et composition des échanges internationaux

Ces dix dernières années ont vu la configuration des échanges internationaux évoluer au profit des relations commerciales entre pays développés et en développement. Si les premiers continuent de commercer essentiellement entre eux, la proportion de leurs exportations à destination des pays en développement est passée de 20 % en 1985 à 22 % en 1995. Dans le même temps, ces derniers ont accru les relations commerciales entre eux-mêmes, mais les pays développés n'en demeurent pas moins leurs principaux partenaires, les meilleurs débouchés pour leurs exportations, et leur principale source de produits d'importation.

Les termes de l'échange de la majorité des pays en développement se sont dégradés au cours des années 80 et 90, du fait de la baisse des prix des matières premières — qui ont longtemps représenté la majeure partie de leurs exportations — par rapport aux prix des produits manufacturés. C'est ainsi qu'entre 1980 et 1995, les prix du pétrole exprimés en valeur réelle ont été quasiquement divisés par quatre et ceux du cacao par trois, tandis que ceux du café ont diminué de moitié environ. Quant à savoir si cette baisse relative des prix des matières primaires est permanente ou transitoire, la question n'est toujours pas tranchée, mais le fait est que les pays en développement tributaires de ces produits d'exportation ont déjà subi de lourdes pertes économiques qui ont agi comme un frein sur leur croissance et leur développement.

Discussion PromptEn réponse à cette évolution de leurs termes de l'échange, beaucoup de pays en développement ont entrepris d'accroître la part des produits manufacturés dans leurs exportations, notamment celles à destination des pays développés (figure 12.2). Là où ils font preuve du plus de dynamisme à cet égard, c'est dans la production de biens manufacturés nécessitant une forte intensité de travail et un faible niveau de connaissances (vêtements, tapis, certains produits assemblés manuellement), ce qui leur permet de créer des emplois supplémentaires et de mieux tirer parti de l'abondance de leurs ressources en main-d'œuvre.

À l'inverse, les biens que ces pays importent des pays développés sont pour l'essentiel des produits manufacturés à forte intensité de capital et de savoir — principalement des machines et du matériel de transport — pour lesquels les pays développés maintiennent leur avantage comparatif 1.

Thèmes de commerce dans les pays en transition

Les pays qui font le passage de l'économie planifiée à l'économie de marché ont reconnu les avantages qu'ils pourraient tirer de la mondialisation, et la plupart ont sensiblement libéralisé leurs régimes commerciaux. Dans ce contexte, bon nombre de pays d'Europe centrale et orientale ont vu la part des échanges commerciaux dans leur PIB passer de 10 % ou moins en 1990 à 20 % ou plus en 1995. En Russie et dans d'autres pays de l'ex-Union soviétique, ce même indicateur a diminué dans le même temps, mais cela s'explique par l'effondrement des échanges commerciaux au sein de l'ancienne Union soviétique, les échanges avec le reste du monde ayant en fait progressé. À mesure que les courants d'échanges déterminés par le marché remplacent ceux qui étaient dictés par l'État, une réorientation massive de ces échanges s'effectue, au profit d'un renforcement des liens avec les pays à économie de marché.

Les échanges entre pays en transition se reprennent également, après avoir enregistré un brusque déclin pour des motifs d'ordre politique au début du processus de transition. Un certain nombre d'initiatives d'intégration économique régionale sont en cours : la zone de libre-échange de la mer Baltique (regroupant l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie), la zone de libre-échange de l'Europe centrale (qui comprend la Hongrie, la Pologne, la République slovaque, la République tchèque, la Slovénie, ainsi que les pays baltes déjà nommés), et des initiatives similaires au sein de la Communauté des États indépendants (CEI). L'une d'elles a débuté en 1995 par des négociations en vue de la création d'une union douanière entre quatre membres de la CEI — Russie, Bélarus, Kazakhstan et République kirghize.

Discussion PromptLes blocs commerciaux régionaux peuvent contribuer à la stabilisation économique des pays en transition, mais ils comportent aussi des risques en ce sens qu'ils peuvent détourner des courants d'échanges d'alliances commerciales avec d'autres pays qui pourraient s'avérer plus fructueuses. Dix pays en transition d'Europe centrale et orientale ont demandé à adhérer à l'Union européenne, et la quasi-totalité des pays en transition ont fait une demande d'admission à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). L'appartenance à l'OMC leur procurerait une protection contre d'importantes barrières — notamment sous forme de quotas — qui continuent de les empêcher d'exporter leurs produits dits sensibles vers les pays développés. Il s'agit entre autres des produits agricoles et sidérurgiques, des textiles, des chaussures et autres produits pour lesquels les économies en transition possèdent peut-être un avantage comparatif. Mais l'adhésion à l'OMC ne conférerait pas seulement des droits aux pays en transition ; elle les obligerait aussi à respecter certaines obligations, par exemple en maintenant leurs tarifs douaniers à des niveaux faibles ou modérés et en éliminant leurs barrières non tarifaires.

Pour les pays en transition, un défi majeur consiste à trouver leur place dans la division internationale du travail. Dans bien des cas, cela implique qu'ils diversifient la structure de leurs exportations, particulièrement à destination des pays développés. Certains pays de l'ex-Union Soviétique sont étroitement spécialisés dans la production et l'exportation de quelques produits de base, comme le coton pour le Turkménistan et l'Ouzbékistan, ou les produits alimentaires pour la Moldova. Pour d'autres, comme la Russie et le Bélarus, c'est la qualité de leurs produits manufacturés et leur compétitivité au plan international qui font surtout problème.


1 Dans beaucoup de pays développés, une question qui revient fréquemment dans l'opinion publique est de savoir si la concurrence croissante des importations de produits à faible coût et à forte intensité de main-d'œuvre des pays en développement n'a pas pour effet de pousser vers le bas les salaires de leur propre main-d'œuvre non qualifiée (creusant ainsi les écarts de salaires entre travailleurs qualifiés et non qualifiés, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni) et d'accroître le chômage, surtout parmi la main-d'œuvre peu qualifiée (comme en Europe de l'Ouest). Mais selon des études empiriques, bien que les échanges avec les pays en développement affectent la structure de l'industrie et la demande de main-d'œuvre dans ce secteur au niveau des pays développés, les problèmes de salaires et de chômage ont des raisons principalement d'ordre interne et découlent des progrès technologiques et restructurations économiques de la période post-industrielle, qui se traduisent par des économies de main-d'œuvre (voir chapitres 7 et 9).
 
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