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Chapitres : Introduction I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII XIII XIV XV XVI XVII

Chapitre VII. Éducation, page 2

En ce qui concerne l'enseignement professionnel, les employeurs jouent souvent un rôle important pour ce qui est de dispenser une formation en cours d'emploi aux employés et de financer également une formation dans des écoles spécialisées. Les gouvernements tentent d'encourager cette participation des employeurs afin d'économiser des deniers publics et d'établir un lien entre l'enseignement professionnel et les besoins du marché du travail. Pour développer des compétences professionnelles spécifiques, la formation en cours d'emploi est préférable, surtout dans les professions où la technologie évolue considérablement.

Le financement public de la formation professionnelle est généralement considéré comme justifié lorsque les capacités des employeurs en la matière sont limitées (comme dans le cas des petites et moyennes entreprises) ou inexistantes (par exemple, lorsqu'il s'agit d'assurer le recyclage des chômeurs). Une excellente formation générale préalable à l'emploi est le meilleur moyen de garantir qu'une personne sera à même d'acquérir de nouvelles compétences tout au long de sa carrière, et que les employeurs seront eux-mêmes prêts à investir dans la formation professionnelle de cette personne. Surtout, il faut que les employés soient capables de communiquer clairement par écrit et de se servir de connaissances en mathématiques et en sciences pour diagnostiquer et résoudre les problèmes.

Enseignement primaire et alphabétisation

L'école primaire aide les enfants à acquérir le savoir de base en lecture, écriture et calcul, ainsi que les autres connaissances et compétences dont ils auront besoin pour la suite de leur éducation. Dans les pays à faible revenu, l'enseignement primaire, en tant que tel, améliore souvent le niveau de vie des pauvres en les rendant plus productifs au travail, en leur permettant d'acquérir de nouvelles compétences tout au long de leur vie active et en réduisant le risque de chômage. Il se traduit en outre, surtout lorsque les filles et les femmes sont concernées, par des familles moins nombreuses et en meilleure santé, et par une réduction de la mortalité infantile.

Malgré l'augmentation rapide du nombre d'enfants d'âge primaire, les pays en développement sont parvenus, depuis 1970, à accroître fortement le pourcentage d'inscriptions à ce niveau (figure 7.1). Mais l'enseignement primaire universel, un objectif que poursuivent la plupart des gouvernements de ces pays, reste loin d'être assuré dans beaucoup d'entre eux (voir tableau de données 2). De faibles taux d'inscription dans plusieurs pays à faible revenu sont peut-être le signe d'une capacité inadéquate des systèmes scolaires, aussi bien que d'un contexte social empêchant les enfants d'aller à l'école.

Thème de discussion Comme on sait que les avantages économiques et sociaux qu'en tire la société sont plus grands dans le cas de l'enseignement primaire qu'aux autres niveaux du système éducatif, la plupart des gouvernements sont résolus à y donner accès gratuitement à tous les enfants. Mais dans les pays à faible revenu, les ressources publiques disponibles pour cela sont souvent insuffisantes pour faire face à la demande croissante de populations en plein essor. Ces ressources ont en outre tendance à être réparties inéquitablement, de meilleures possibilités d'éducation étant souvent offertes aux enfants des zones urbaines par rapport à ceux des zones rurales, aux enfants de familles aisées par rapport à ceux de milieux défavorisés, et aux garçons par rapport aux filles. Dans certains pays, le financement public de l'éducation favorise les niveaux supérieurs de l'enseignement, ce qui profite essentiellement aux enfants plus âgés et de milieux plus aisés, et aggrave ainsi les inégalités sociales.

Même lorsque l'accès à l'enseignement primaire est ouvert, les enfants de milieux défavorisés risquent de ne pas pouvoir en profiter car ils doivent, dans bien des cas, travailler au lieu d'aller à l'école. Pour eux, le fait d'entrer prématurément dans la vie active et de travailler énormément est préjudiciable à la santé et empêche l'acquisition des compétences nécessaires à la vie en société, ce qui réduit d'autant leur capacité de gain future en tant qu'adultes et perpétue le cercle vicieux de la pauvreté.

À tout cela s'ajoute le fait que les taux de scolarisation primaire sont généralement moins élevés pour les filles que pour les garçons. C'est en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne que cette disparité est la plus prononcée. Elle reflète les normes culturelles, la précocité des grossesses, le niveau limité des possibilités d'emploi pour les femmes et les traditions qui veulent que les filles contribuent davantage aux tâches ménagères. Ainsi, sur les 900 millions d'adultes analphabètes que comptent les pays en développement (soit pratiquement un adulte sur trois), près des deux tiers sont des femmes (figure 7.2).

Il convient de souligner que les travail des enfants est considéré comme un problème de pauvreté — autrement dit, son incidence est inversement proportionnelle au revenu par habitant. Cela signifie qu'un surcroît de croissance économique aura tendance à éliminer cet obstacle à un enseignement primaire universel. En revanche, il n'y a pas corrélation entre les disparités des taux de scolarisation des garçons et des filles et le niveau de vie général, et on ne peut donc pas dire que les pays " n'ont qu'à se développer " pour y mettre fin. Pour réduire ces disparités, il faut adopter à l'échelon national des politiques qui aillent dans ce sens, en réduisant par exemple les coûts directs et indirects de la scolarisation des filles pour leurs parents, ou encore en construisant des écoles de filles supplémentaires dans les systèmes scolaires qui ne pratiquent pas la mixité.

Problèmes au niveau de l'enseignement secondaire et supérieur

Thème de discussion Dans la majorité des pays en développement, les taux de scolarisation dans le secondaire sont bien inférieurs à ceux du primaire (voir tableau de données 2). Bien que la situation s'améliore depuis quelques décennies, en moyenne, moins de 60 % de la population d'âge secondaire des pays à revenu faible et intermédiaire est scolarisée, alors que, dans les pays à revenu élevé, l'enseignement secondaire est devenu quasiment universel (figure 7.3).

Des différentes régions du monde, c'est l'Afrique subsaharienne qui a le plus fort taux d'enfants non scolarisés dans le secondaire. Or, en consultant au tableau de données 2 les chiffres relatifs à l'incidence du travail des enfants, c'est-à-dire le pourcentage des 10-14 ans qui travaillent, vous constaterez, là encore, que c'est en Afrique subsaharienne que ce pourcentage est le plus élevé. Le travail des enfants reste le plus gros facteur faisant obstacle à l'éducation de cette catégorie de population dans les pays à faible revenu. D'après les données disponibles, près du tiers des enfants de 10 à 14 ans font partie de la population active dans ces pays (abstraction faite de la Chine et de l'Inde) ; dans beaucoup de pays d'Afrique subsaharienne, c'est le cas de la moitié. Et la situation est peut-être même pire en réalité, car les données relatives au travail des enfants ne sont pas recensées ou ne le sont qu'incomplètement dans beaucoup de pays, le problème étant officiellement supposé ne pas exister.

Le fossé entre pays développés et pays en développement est particulièrement prononcé au niveau de l'enseignement supérieur. Dans les pays à revenu élevé, les taux d'inscription à ce niveau sont en forte progression depuis 1980 ; dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ils n'ont que légèrement progressé (figure 7.4 et tableau de données 2).

Le nombre d'élèves inscrits à un niveau d'enseignement donné n'est pas une indication de la qualité de leur éducation et ne donne donc qu'une idée grossière du niveau scolaire d'un pays. Pour être rentables d'un point de vue économique, l'éducation et la formation doivent répondre à l'évolution constante des besoins du marché du travail — autrement dit, inculquer aux diplômés les connaissances et compétences dont a besoin un pays à chaque étape de son développement économique. Par exemple, les pays passant de l'économie planifiée à l'économie de marché ont généralement besoin d'un plus grand nombre de personnes formées aux sciences économiques et à la gestion pour occuper des emplois dans le secteur privé en formation de même que dans le secteur public issu des réformes. Dans le contexte de la révolution actuelle de l'informatique, les gens dotés de compétences en la matière sont plus en demande et, avec la mondialisation (voir chapitres 13 et 14), ce sont les compétences dans le domaine des langues étrangères qui sont plus recherchées. D'une manière générale, les esprits novateurs sont partout en demande, et un système éducatif qui ne parvient pas à développer cette qualité chez ses diplômés ne peut pas vraiment être considéré comme étant pleinement efficace.

La figure 7.5 illustre certaines différences qui existent, sur le plan de la qualité de l'éducation, entre les pays à économie en transition et les pays à économie de marché. Par rapport à leurs homologues du Canada, de France, d'Israël et du Royaume Uni, les enfants de Hongrie, de Slovénie et de l'ex-Union soviétique ont en effet démontré une meilleure connaissance des faits mais une moins bonne capacité d'utilisation de cette connaissance dans un contexte nouveau et différent. Dans une économie de marché compétitive, un diplômé qui manque d'aptitude à l'innovation et à la résolution de problèmes a davantage de risques de se retrouver au chômage et de devenir pauvre à son tour.

Investir dans l'éducation n'est pas seulement un important moyen de développer le capital humain d'un pays et d'améliorer ses perspectives de croissance économique et d'amélioration du niveau de vie. C'est aussi une chose qui a elle-même de la valeur de par le fait que l'éducation élargit les horizons des gens et les aide à mener une vie plus saine, plus sûre financièrement, et plus enrichissante. C'est pour cette raison que les experts utilisent les données sur l'alphabétisation, par exemple, comme d'importants indicateurs de la qualité de la vie d'un pays.






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