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Chapitres : Introduction I II III IV V VI VII VIII IX X XI XII XIII XIV XV XVI XVII

Chapitre XII. Mondialisation et commerce international

Le terme « mondialisation » désigne l'interdépendance croissante des pays qui résulte de l'intégration de plus en plus prononcée du commerce, de la finance, des personnes et des idées au sein d'un seul et même marché mondial. Les échanges internationaux et les flux d' investissement transfrontaliers sont les principaux éléments de cette intégration.

Le processus de mondialisation a débuté après la Seconde Guerre mondiale et s'est nettement accéléré à partir du milieu des années 80, sous l'effet de deux facteurs principaux. Le premier concerne les progrès technologiques et la réduction des coûts de transport, de communication et de calcul électronique qu'ils ont permise, au point qu'il est souvent économiquement faisable pour une firme de localiser diverses parties de son cycle de production dans des pays différents. L'autre facteur est lié à la libéralisation croissante des marchés financiers et commerciaux : des pays toujours plus nombreux refusent en effet de protéger leur économie de la concurrence ou de l'influence de firmes étrangères au moyen de tarifs douaniers et de barrières non tarifaires telles que contingents d'importation, mesures de limitation des exportations et prohibitions légales. Un certain nombre d'institutions internationales fondées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale — notamment la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l' Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), auquel a succédé en 1995 l' Organisation mondiale du commerce (OMC) — ont contribué pour beaucoup à promouvoir le libre-échange au lieu du protectionnisme.

Selon certaines données empiriques, la mondialisation a nettement stimulé la croissance économique en Asie de l'Est, notamment à Hong Kong (Chine), en République de Corée et à Singapour. Mais tous les pays en développement n'y prennent pas part ou ne sont pas en mesure d'en profiter de la même façon. En réalité, à l'exception de la plupart des pays d'Asie de l'Est et de certains pays d'Amérique latine, les pays en développement ont été assez lents à s'intégrer à l'économie mondiale. La part de l'Afrique subsaharienne dans le commerce mondial a diminué constamment depuis la fin des années 60, et celle des grands exportateurs de pétrole s'est nettement réduite avec la chute des prix du pétrole au début des années 80. Qui plus est, pour les pays activement associés à la mondialisation, les avantages qui en découlent sont assortis de risques et de défis nouveaux. La façon dont se répartissent les coûts et avantages de la mondialisation pour différents groupes de pays et pour l'ensemble de l'économie mondiale est l'une des questions les plus brûlantes qui soient soulevées aujourd'hui dans les débats sur le développement.

Coûts et avantages du libre-échange

Pour les pays qui y prennent part, les principaux avantages procurés par la liberté des échanges internationaux proviennent du fait que leurs producteurs ont davantage accès à des marchés plus vastes et d'ampleur mondiale. Pour une économie nationale, cet accès signifie, d'un côté, la possibilité de tirer parti de la division internationale du travail, mais aussi, de l'autre, la nécessité de faire face à une concurrence accrue sur les marchés mondiaux. Les producteurs locaux produisent d'une manière plus efficiente du fait de leur spécialisation internationale et de la pression exercée par la concurrence étrangère, et les consommateurs bénéficient d'un plus grand choix de produits locaux et importés à des prix inférieurs.

À cela s'ajoute le fait qu'un pays qui participe activement aux échanges profite des technologies nouvelles qui lui parviennent, par « effet de ruissellement », de ses partenaires, et qui prennent par exemple la forme d'informations inhérentes au matériel de production importé. Ces retombées d'ordre technologique sont particulièrement importantes pour les pays en développement, car elles leur donnent une possibilité de combler plus vite leur retard sur les pays développés en termes de productivité. Les pays à économie anciennement planifiée, qui n'ont pu profiter d'une bonne partie des fruits du commerce mondial du fait de l'isolement dans lequel ils se sont maintenus, pour des raisons politiques, vis-à-vis des économies de marché, aspirent à présent à recueillir ces fruits en réintégrant le système commercial international.

Mais une participation active aux échanges internationaux comporte aussi des risques, particulièrement ceux liés à la forte concurrence qui sévit sur les marchés mondiaux. Un pays court par exemple le risque de voir certaines de ses entreprises — celles qui sont moins compétitives et qui savent moins s'adapter — être contraintes de fermer leurs portes. Mais l'option consistant à dépendre de fournisseurs étrangers peut elle-même être jugée inacceptable lorsqu'il est question d'industries qui jouent un rôle important pour la sécurité nationale. Par exemple, beaucoup de pays sont déterminés à assurer ce qu'il est convenu d'appeler leur sécurité alimentaire, dans l'éventualité d'une guerre qui viendrait interrompre leurs importations dans ce domaine.

Thème de discussion Par ailleurs, les pays en développement font souvent valoir que des industries de création récente doivent bénéficier d'une protection temporaire jusqu'à ce qu'elles deviennent plus compétitives et moins à la merci de la concurrence étrangère. C'est pour cela que des gouvernements interdisent ou réduisent souvent certaines importations en instituant des quotas, ou rendent les produits importés plus chers et moins compétitifs en leur imposant des tarifs douaniers. Des politiques protectionnistes de ce type peuvent devenir dangereuses sur le plan économique, car elles permettent aux entreprises locales de continuer à produire d'une manière moins efficace et, à terme, entraînent la stagnation de l'économie. Chaque fois que cela est possible, le renforcement de l'efficacité économique et de la compétitivité internationale de secteurs d'activité clés devrait être envisagé comme solution de rechange aux politiques protectionnistes.

Un pays qui cherche à produire quasiment tout ce dont il a besoin sur le plan intérieur se prive des énormes avantages économiques que procure la spécialisation internationale. Mais une spécialisation internationale étroite, qui rend un pays tributaire d'un nombre réduit de produits d'exportation, peut aussi présenter des risques du fait de la possibilité de revirements subits de la demande sur les marchés étrangers. De tels revirements peuvent aggraver considérablement les termes de l'échange d'un pays. C'est pourquoi il peut être prudent d'opérer une certaine diversification de la production et des exportations, même si cela implique une réduction temporaire des échanges. C'est à chaque pays qu'il appartient de trouver sa juste place dans la division internationale du travail, sur la base de ses avantages comparatifs.

Les coûts et avantages des échanges internationaux sont aussi fonction de facteurs tels que la taille du marché intérieur d'un pays, sa dotation en ressources naturelles et son emplacement. Par exemple, les pays dotés de vastes marchés intérieurs commercent généralement moins. En revanche, ceux qui ont quelques ressources naturelles en abondance, le pétrole par exemple, ont tendance à commercer davantage. Pensez à des exemples de pays dont la participation aux échanges internationaux est particulièrement favorisée ou, au contraire, contrariée par leur position géographique.

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