N° 67 Avril 2004 |
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Notes CA fournit
des rapports périodiques sur les Initiatives en matière
de développement des Savoirs Locaux (IK) en Afrique Sub-Saharienne
et occasionnellement sur des initiatives similaires en dehors de la
Région. Il est publié par le Africa Region’s Knowledge
and Learning Center dans le cadre d’un partenariat évolutif
entre la Banque mondiale, les communautés, les ONG, les institutions
de développement et les organisations multilatérales.
Les opinions exprimées dans le présent article sont celles
des auteurs et ne devraient en aucun cas être attribuées
au Groupe de la Banque mondiale ou ses partenaires dans cette initiative.
Une page web sur les IK est disponible à l’adresse : La médecine
traditionnelle en Ouganda: Le
terme "médecine traditionnelle " se réfère
aux méthodes qui existaient et dont on se servait pour protéger
et restaurer la santé avant l'avènement de la médecine
moderne (Organisation Mondiale de la Santé - OMS 1996). Il
a également été défini comme l’ensemble
de toutes les connaissances et pratiques utilisées pour la
prévention, le diagnostic, et l'élimination des déséquilibres
physiques, mentaux ou sociaux et qui sont basées exclusivement
sur l'expérience pratique et l'observation transmises de génération
en génération, que ce soit oralement ou par écrit
(Akerel, 1984). L’on s’est posé la question de
savoir si le mot " traditionnel " devrait être du
tout utilisé, dans la mesure où il implique un certain
degré de stagnation ou d’arriération (Heggenhougen
et al. 1998). Le praticien de la médecine traditionnelle a été défini par un comité régional du Bureau de l’OMS pour l’Afrique (1976) comme " une personne reconnue par la communauté dans laquelle elle vit comme étant compétente pour dispenser des soins de santé en utilisant des substances végétales, animales, et minérales ou d’autres méthodes. Ces méthodes sont basées sur des éléments sociaux, culturels et religieux ainsi que sur les connaissances, les attitudes, et les croyances répandues dans la communauté sur le bien-être physique, mental, et social et les causes de la maladie et des infirmités " (Sofowora 1982). Cette définition a été longtemps et abondamment utilisée.
Cependant, l'on doit être prudent lorsque l’on base la
politique sanitaire sur ces définitions trop générales
et souvent trompeuses dans la mesure où les anciens stéréotypes
sont en train de disparaître rapidement (Van der Geest 1997).
Par exemple, avec l’accroissement de l'urbanisation, beaucoup
de praticiens ne connaissent plus leurs patients aussi bien que dans
le passé et ont souvent affaire à des patients d’un
milieu culturel, social, et religieux différent du leur. Catégorisation de la médecine traditionnelle La médecine traditionnelle couvre un domaine vaste et hétérogène de la pratique médicale. Des tentatives ont été faites pour classifier les guérisseurs traditionnels sur la base de leurs méthodes curatives ou des maux qu'ils soignent. Une catégorisation basée sur le type de traitement curatif répartit les guérisseurs en herboristes purs — herboristes, ritualistes et spiritualistes (IDRC 1980). Elle subdivise ensuite ces catégories en généralistes et en spécialistes selon leur degré de focalisation sur le traitement d’une ou de plusieurs maladies. Le degré de formation et de qualification de ces guérisseurs varie, certains ayant subi une période de formation vigoureuse et très longue, d'autres ayant été initiés ou ayant reçu un appel, tandis que d'autres ont peu de formation et de normes éthiques, rendant facile pour les critiques de les taxer de non scientifiques et de " charlatans ". L'utilisation de la médecine traditionnelle dans les pays en voie de développement est universelle, selon l'OMS. Elle estime que 80 pour cent des populations de la plupart des pays sous-développés ont recours pour leurs besoins en soins de santé au traitement des praticiens traditionnels (Koumare 1983). Depuis 1977, lorsqu’elle mit en place son programme médecine traditionnelle, l'OMS a " souligné la nécessité pour les gouvernements des pays intéressés à l'utilisation des pratiques médicales traditionnelles d’apporter un appui approprié à l’intégration des praticiens traditionnels dans les programmes de soins de santé primaires." Elle encourage également et aide les pays à identifier et à fournir des remèdes et des pratiques sûrs et efficaces dans les services de santé publics et privés (WHO 1998). Durant la période pré-coloniale, comme dans d'autres pays africains, la médecine traditionnelle était le seul système de santé disponible en Ouganda. Sous le régime colonial, la pratique de la médecine traditionnelle était assimilée à de la sorcellerie et vue comme contraire à la cause et aux idéaux de la religion coloniale prééminente et de la médecine occidentale. Bien qu'activement combattue, elle était cependant toujours pratiquée d'une manière moins ouverte. Après l'indépendance en 1962, les tendances au renforcement des identités nationales et culturelles commencèrent à ressurgir. Le gouvernement actuel est très en faveur de la médecine traditionnelle et a encouragé son " intégration dans les services de santé existants." Les rapports organisationnels entre la médecine traditionnelle et les systèmes de santé du type occidental en Ouganda ont été ceux de la " tolérance " (les praticiens traditionnels sont libres d’exercer leur profession tant qu'ils ne prétendent pas être enregistrés comme des médecins praticiens parce que, bien qu'ils soient reconnus, les guérisseurs traditionnels ne peuvent pas prétendre à un tel titre depuis l'abrogation en 1996 de la Loi de 1968 sur les praticiens médicaux et dentaires). Cependant, le gouvernement a fait un pas de plus vers leur intégration. La catégorie se référant aux deux systèmes est officiellement reconnue et dessert les patients à travers des systèmes égaux mais séparés; et l'autre catégorie se rapportant aux deux systèmes combinés dans l'éducation médicale est conjointement pratiquée dans les services de santé du pays. La grande majorité des praticiens traditionnels en Afrique est constituée par les herboristes avec seulement 5 pour cent de spiritualistes purs. Le caractère généralisé de l'usage et de l'utilisation de la médecine traditionnelle en Ouganda est semblable à celui observé dans d'autres régions de l'Afrique sub-saharienne. En Ouganda, le ratio des praticiens traditionnels par rapport à la population a été estimé par Hogel et al. en 1991 à 1:287 (Green 1994:19) comparé au ratio des médecins modernes par rapport à la population, qui est de 1:10.000 dans les zones urbaines et de 1:50.000 dans les zones rurales. Médecine traditionnelle, législation et politique Jusqu'à l'indépendance, la médecine traditionnelle était régie par la Loi sur la Sorcellerie (1957) toujours en vigueur, qui faisait de la pratique de la sorcellerie ou de la représentation de soi comme quelqu’un ayant des pouvoirs surnaturels un délit en soi, quel que soit le but pour lequel un tel acte pouvait être commis. La Loi (1968) de l'Ouganda sur les médecins et les chirurgiens dentaires interdisait aux personnes non autorisées de pratiquer la médecine, la dentisterie ou la chirurgie dentaire. Cependant, à sa section 36, cette Loi permettait la pratique de n'importe quel système de médecine thérapeutique par une personne dûment qualifiée reconnue par la communauté à laquelle elle appartient, à condition que cette personne/pratique soit limitée exclusivement à cette communauté. En 1987, la Commission de Revue des Systèmes et de la Politique sanitaires a fait un certain nombre de recommandations au sujet des praticiens traditionnels, parmi lesquelles les suivantes:
S’agissant des futures recherches sur la médecine traditionnelle, elle recommande que:
Cet article a été écrit par le Dr. Sekaya Yahaya, M. Warren Aryeija, et Mme Unice Bitwari. Il a été publié pour la première fois par PROMETRA dans son magazine Médécine Verte, N° 01, juillet – septembre 2001. La présente version est une traduction de l'original. Pour plus d'informations, veuillez contacter le Dr. Eric Gbodossou: Erick@refer.sn Références 1.Akerele.
O (1984), “WHO’s Traditional Medicine Program: Progress
and Perspectives,” WHO Chronicle, 38 (2), 76-81.
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