N°
65 Février 2004 |
||
Notes
CA fournit des rapports périodiques sur les Initiatives en matière
de développement des Savoirs Locaux (IK) en Afrique Sub-Saharienne
et occasionnellement sur des initiatives similaires en dehors de la Région.
Il est publié par le Africa Region’s Knowledge and Learning
Center dans le cadre d’un partenariat évolutif entre la Banque
mondiale, les communautés, les ONG, les institutions de développement
et les organisations multilatérales. Les opinions exprimées
dans le présent article sont celles des auteurs et ne devraient
en aucun cas être attribuées au Groupe de la Banque mondiale
ou ses partenaires dans cette initiative. Une page web sur les IK est
disponible à l’adresse : http://www.worldbank.org/afr
/ ik/default.htm
En dépit
des avancées scientifiques faites par la médecine moderne,
75 à 80 pour cent de la population a toujours recours à
la médecine traditionnelle pour sa santé. Cette médecine
a évolué avec l'histoire de l'humanité, et les
connaissances traditionnelles constituent un capital populaire qui est
intégré dans l'environnement socio-médical. Intégration La différence entre les praticiens modernes et les praticiens traditionnels de la médecine réside non seulement dans leur manière de penser, mais également et surtout dans leurs perceptions de l'homme et de la santé. Les concepts qu'ils utilisent sont souvent différents. En raison des difficultés et des problèmes d'accessibilité à la santé moderne, on observe une tendance à essayer d’intégrer la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé modernes. L’objectif Santé pour Tous, auquel la médecine traditionnelle pourrait contribuer, est toujours d’actualité, et les autorités sanitaires sont de plus en plus interpellées au sujet du rôle que la médecine traditionnelle pourrait jouer dans l’amélioration de la santé des populations. Etant donné que l’accessibilité financière aux médicaments modernes est un problème, les médicaments traditionnels améliorées (MTA) offrent une alternative intéressante à ces populations pour la plupart indigentes. Cependant, les orientations et les programmes stratégiques de la médecine traditionnelle n'ont pas toujours une place importante dans les politiques sanitaires globales. En conséquence, le personnel de santé ne connaît pas les principaux guérisseurs traditionnels travaillant dans les districts où il sert et n'est pas toujours informé des politiques du gouvernement sur la médecine traditionnelle. Domaines de collaboration Il existe de vraies
opportunités pour une contribution de la médecine traditionnelle
à l'amélioration de la santé des populations. La
promotion de la médecine traditionnelle peut être réalisée
à travers, entre autres, le contrôle et la sensibilisation
des guérisseurs traditionnels. La collaboration peut être
réalisée à travers les institutions appropriées
et les universités de référence, et également
à travers les formations sanitaires publiques, où les
herboristes peuvent vendre leurs plantes médicinales, ce qui
peut faciliter leur contact avec le système de santé moderne.
Des centres de santé mixtes où des guérisseurs
traditionnels, des médecins, et/ou des infirmiers en chef travaillent
ensemble permettent une combinaison des deux médecines. Les patients
soignés dans de telles structures profitent des consultations
traditionnelles qui sont confirmées par des analyses en laboratoire.
Ces centres d'expérimentation clinique pourraient sans aucun
doute servir à valider les études pharmacologiques (efficacité
et innocuité) effectuées sur les médicaments traditionnels
améliorés qui devront être préparés
sous la formulation galénique appropriée. Unir nos forces La stratégie
régionale de l'OMS vise à aider les pays membres à
optimiser l'utilisation de la médecine traditionnelle pour la
réalisation de l’objectif Santé pour Tous. Elle
est basée sur un certain nombre de principes, parmi lesquels
le plaidoyer, la reconnaissance officielle de la médecine traditionnelle
par les Etats, son institutionnalisation, et la formation de partenariats.
Les actions dans ce domaine consistent en la formulation de politiques,
le renforcement des capacités et la promotion de la recherche
et développement. Les ministères de la santé devraient
collaborer avec les autres secteurs, les groupes de consommateurs, les
organisations non gouvernementales, les associations de guérisseurs
traditionnels, et les institutions de formation pour tirer le meilleur
parti de la médecine traditionnelle. Activités prioritaires Le rôle que la médecine traditionnelle pourrait jouer dans la résolution des problèmes de santé publique n'a pas encore été suffisamment exploré. Les activités prioritaires à entreprendre à cet égard peuvent être récapitulées comme suit:
Les Etats membres
de l'OMS lors de la 50ème session du Comité régional
tenu en septembre 2000 ont adopté une stratégie pour la
promotion du rôle de la médecine traditionnelle. Les instruments
en vue de soutenir les pays dans l'institutionnalisation et l'intégration
de la médecine traditionnelle dans leurs systèmes de santé
modernes sont en cours d’élaboration. Cet article a été écrit par le Dr. Mamadou Ngom — Bureau de l’OMS/Sénégal — et a été publié pour la première fois par PROMETRA dans son magazine Médécine Verte N° 17, juillet - septembre 2003. La présente version est une traduction de l'original. Pour plus d'informations, veuillez contacter le Dr. Eric Gbodossou: Erick@refer.sn IK Notes Les lettres, commentaires,
et demandes de publications doivent être adressées à:
|