N° 64 Janvier 2004
 
 
Notes CA fournit des rapports périodiques sur les Initiatives en matière de développement des Savoirs Locaux (IK) en Afrique Sub-Saharienne et occasionnellement sur des initiatives similaires en dehors de la Région. Il est publié par le Africa Region’s Knowledge and Learning Center dans le cadre d’un partenariat évolutif entre la Banque mondiale, les communautés, les ONG, les institutions de développement et les organisations multilatérales. Les opinions exprimées dans le présent article sont celles des auteurs et ne devraient en aucun cas être attribuées au Groupe de la Banque mondiale ou ses partenaires dans cette initiative. Une page web sur les IK est disponible à l’adresse : http://www.worldbank.org/afr / ik/default.htm

Institutionnalisation de la gestion communautaire traditionnelle des ressources naturelles

Le Malawi, un pays enclavé au centre de l’Afrique australe, dépend de ses ressources naturelles, particulièrement du secteur agricole, pour satisfaire les besoins d'une population d’environ 11 millions d’habitants. Le pays a développé une remarquable industrie de la pêche, du fait qu'environ 20 pour cent de sa superficie est couverte d'eau, dont le célèbre Lac Malawi (appelé Lac Nyasa par les états riverains, le Mozambique et la Tanzanie). Le Lac Malawi/Nyasa est le huitième plus grand lac d'eau douce du monde, et abrite la biodiversité la plus élevée d'espèces de poissons connues, estimée à environ 1.000 et plus, de tous les lacs du monde. D'autres étendues d’eau importantes au Malawi sont les lacs Chilwa, Malombe, et Chiuta, ainsi que le réseau hydrographique du Shire.

Le poisson est une partie essentielle de l’alimentation de la population, apportant la majeure partie des protéines animales consommées, particulièrement pour les ménages à faible revenu. Plus de 90 pour cent des prises sont livrées par le secteur de la pêche artisanale; et l'on estime qu'environ 250.000 à 300.000 personnes des secteurs primaires et secondaires dépendent du succès ou de l'échec de cette industrie.

Les quantités de poissons débarquées au plan national s’élevaient à environ 78.000 tonnes dans les années 80 mais sont tombées à 68.000 tonnes en 1998, principalement en raison des prises négatives au niveau du Lac Malawi, qui fournit environ 60 pour cent du total des prises nationales.

Le Malawi, un pays enclavé au centre de l’Afrique australe, dépend de ses ressources naturelles, particulièrement du secteur agricole, pour satisfaire les besoins d'une population d’environ 11 millions d’habitants. Le pays a développé une remarquable industrie de la pêche, du fait qu'environ 20 pour cent de sa superficie est couverte d'eau, dont le célèbre Lac Malawi (appelé Lac Nyasa par les états riverains, le Mozambique et la Tanzanie). Le Lac Malawi/Nyasa est le huitième plus grand lac d'eau douce du monde, et abrite la biodiversité la plus élevée d'espèces de poissons connues, estimée à environ 1.000 et plus, de tous les lacs du monde. D'autres étendues d’eau importantes au Malawi sont les lacs Chilwa, Malombe, et Chiuta, ainsi que le réseau hydrographique du Shire.

Le poisson est une partie essentielle de l’alimentation de la population, apportant la majeure partie des protéines animales consommées, particulièrement pour les ménages à faible revenu. Plus de 90 pour cent des prises sont livrées par le secteur de la pêche artisanale; et l'on estime qu'environ 250.000 à 300.000 personnes des secteurs primaires et secondaires dépendent du succès ou de l'échec de cette industrie.

Les quantités de poissons débarquées au plan national s’élevaient à environ 78.000 tonnes dans les années 80 mais sont tombées à 68.000 tonnes en 1998, principalement en raison des prises négatives au niveau du Lac Malawi, qui fournit environ 60 pour cent du total des prises nationales.

Malawi – Loi sur la Conservation et la Gestion des Pêches (1997)

La Loi du Malawi sur la Conservation et la Gestion de la Pêche (1997) légitime la participation des communautés locales à la gestion de la pêche locale. Elle fournit le cadre juridique pour la mise en œuvre des stratégies de co-gestion en:

  • Prévoyant la formation de comités de gestion par les personnes engagées dans les activités de pêche pour participer à la conservation et à la gestion des ressources halieutiques;
  • Facilitant l'exécution d'un accord de gestion des pêches entre les communautés locales et le Directeur des pêches (DoF), basé sur un plan de gestion négocié entre le DoF et les communautés;
  • Engageant le DoF à aider à la mise en œuvre du plan de gestion;
  • Donnant à ces comités de gestion le pouvoir de contrôler les demandes des bateaux de pêche et les permis de pêche; tenir les registres des bateaux de pêche; faire respecter les règlements relatifs à la pêche; faire respecter les conditions indiquées dans les permis et saisir les bateaux de pêche et les équipements de pêche;
  • Permettant aux communautés de prendre des arrêtés locaux spécifiques concernant l’équipement de pêche pouvant être utilisé, les zones, et les restrictions temporelles et en prévoyant un partage des revenus entre le gouvernement et les communautés

Impact du système de gestion pratiqué sur l'île de Mbenji

Avec la permission du Chef, le système de gestion de Mbenji a été utilisé pour la sensibilisation et la propagation de l'initiative dans les divers secteurs liés aux initiatives de la CBNRM. Le Chef Msosa est un orateur éloquent et émouvant qui, dans ses discours, parle également du combat contre la corruption et l’épidémie du VIH/SIDA. Lui et les pêcheurs de l'île de Mbenji sont également des contributeurs réguliers au programme radio bihebdomadaire des pêches intitulé " Usodzi Walero " diffusé par la Malawi Broadcasting Corporation — un programme parrainé par un projet, qui est très écouté et a un grand impact au niveau communautaire. Egalement, avec l'aide de la NARMAP, les cérémonies de fermeture et d’ouverture de la saison de pêche ont été utilisées comme occasions pour rassembler les chefs traditionnels de tout le Malawi pour étudier le système et le discuter avec le Chef.

Le résultat le plus fructueux de cette initiative fut l’interdiction de toute pêche avec des sennes dans le lac Chiuta, qui a été annoncée en 1999 par le Chef Suprême Kawinga à la demande de la communauté locale et du chef local Nkokwe. La pêche à la senne (principalement une senne utilisée au large appelée Nkacha était pratiquée par des pêcheurs non résidents et migrants qui avaient " envahi " le lac Chiuta depuis 1996. L'utilisation des sennes avait causé une baisse grave des prises de la pêche traditionnelle — qui utilise des filets maillants et des pièges — et des conflits entre pêcheurs résidents et non résidents. L'interdiction a conduit à l'expulsion paisible d'environ 300 sennes et au rétablissement de la pêche traditionnelle dans le lac en l’espace de deux ans. Le cas du lac Chiuta a été intégré aux messages d’encadrement du ministère des pêches.

Suite à ces visites d'échange et messages radio, les chefs traditionnels de différentes régions du Malawi commencèrent à prendre des initiatives semblables. Par exemple, dans le Bas Shire, le lac Chilwa, et la Lagune de Chia (Lac Malawi), le Chef Msosa et deux autres chefs traditionnels sont des membres permanents du Comité Consultatif pour les Pêches, qui se réunit deux fois par an pour conseiller le ministre des ressources naturelles sur les questions relatives à la pêche.

Au Malawi, la prise de conscience de la nécessité de préserver les stocks halieutiques augmente, et les messages d’encadrement sur la conservation de ces stocks sont populaires. Grâce à l'exemple du système de gestion utilisé sur l'île de Mbenji et de son promoteur, le Chef Msosa, le pays assiste à un engagement de plus en plus résolu pour l'utilisation rationnelle des ressources naturelles au profit des communautés locales.

Cet article a été écrit par le Dr. Uwe Scholz, chef de l’unité Gestion des ressources aquatiques à l'Agence allemande pour la Coopération Technique (GTZ) et le Dr. Sloans Chimatiro, Directeur des pêches, Malawi.

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