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No. 131 janvier 2000 |
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Réhabilitation des institutions financières rurales : les enseignements tirés du Bénin et l’expérience Africaine (traduit de l’anglais)
La plupart des actions initiées pour développer les marchés financiers et les institutions de crédit rural en Afrique, ont été menées avec peu de succès, n’ayant pas pu satisfaire la demande des services d’épargne et de services de crédit dans les régions rurales. Dans beaucoup de cas cependant, les institutions continuent d’exister et peuvent même être revitalisées, agrandies, ou rendues plus efficaces si des mesures appropriées pour les aider peuvent être prises. Ce rapport examine les stratégies et les mesures qui peuvent être utilisées pour réhabiliter les institutions de financement rural, à la lumière de la réussite du programme de réhabilitation entrepris au Bénin, et de certains autres cas en Afrique. La réhabilitation d’une institution financière rurale périclitante prend plusieurs années, mais peut être organisée par étapes, en se concentrant d’abord sur les mesures d’urgence pour sauver l’institution de la faillite, et ensuite sur la planification et l’exécution des actions pour un processus de redressement à très long terme. Politiques et mesures d’urgence Les mesures d’urgence peuvent être prises pour sauver l’institution de financement rurale de la faillite et pour servir de base solide à l’institution réhabilitée. Les mesures d’urgence peuvent comprendre toutes ou certaines des actions suivantes: (i) Une restructuration drastique du sommet Les mesures requises peuvent comprendre la fermeture de l’organe central du réseau de financement rural, ou la réorganisation drastique de sa haute direction, et la recherche des arrangements alternatifs pour les fonctions au niveau national. (ii) L’obtention des fonds pour le programme d’urgence Afin d’obtenir des fonds nécessaires auprès des donateurs, le gouvernement doit faire la preuve de son engagement au changement en abandonnant les contrôles sur les agences de financement rurales et en permettant au futur réseau d’agir comme d’autres agences du secteur privé. (iii) Offrir des garanties pour les dépôts et les liquidités supplémentaires Les dépôts peuvent avoir été gelés quand l’institution de financement apex du réseau de financement rural a été fermé ou restructuré. Il faut débloquer assez de fonds pour permettre à l’institution de rembourser les dépôts faits par les membres s’ils le demandent et pour continuer de prêter au moins à une petite échelle. (iv) Créer une cellule indépendante pour coordonner les mesures d’urgence Un organe compétent doit être créé pour superviser les mesures institutionnelles et financières qui sont prises pour réformer le réseau de financement rural. Cette unité intérimaire doit rendre compte à un comité local de surveillance composé de représentants du gouvernement, des donateurs, et du réseau en cours de réhabilitation sur le terrain. (v) Fournir une assistance technique. Une assistance en comptabilité ou sous une autre forme peut s’avérer nécessaire pour aider à la liquidation de la cellule apex ou à la mise à jour de ses comptes, et pour entreprendre des audits financiers des cellules de représentation. (vi) Financer une opération-pilote de crédit. Les nouvelles politiques et pratiques de crédit et d’épargne envisagées pour être utilisées durant le programme principal de réhabilitation doivent être testées dans plusieurs domaines ou plusieurs régions. Le retard dans la prise des actions nécessaires est souvent dommageable. Ceci a été observé dans des études sur la restructuration de banques en Afrique, dans lesquelles par exemple, les tout premiers gestionnaires avaient souvent été retenus très longtemps après la mise en ouvre du programme de réhabilitation. Ce fut le cas au Bénin et au Ghana.
Le Projet de réhabilitation Un projet de réhabilitation d’un réseau rural de financement (coopératives d’épargne et de crédit, banques rurales, banques de développement rural, et programmes initiés par les ONG) doit couvrir trois domaines-clé : le développement institutionnel, la réhabilitation financière et la réglementation du crédit. (i) Réhabilitation institutionnelle. La réhabilitation institutionnelle est typiquement nécessaire pour corriger les erreurs passées de gestion et renforcer l’ensemble des procédures administratives et de gestion au sein des organisations impliquées. L’objectif général est de rendre ces organisations indépendantes et faire d’elles des intermédiaires financiers ruraux viables. Le programme doit comprendre:
(ii).Réhabilitation financière. La fusion des cellules non-rentables ainsi que les réductions des effectifs du personnel améliorent la position financière du réseau d’épargne et de crédit. D’autres mesures de réhabilitation financière peuvent porter sur:
(iii) Révision de la réglementation du crédit. Des exemples typiques de nouvelles politiques et pratiques qui pourraient s’avérer nécessaires sont repris ci-dessous:
A le court terme, la demande de crédit dépasse l’épargne et des arrangements doivent être faits pour obtenir des fonds supplémentaires auprès des différents donateurs, notamment l’Association internationale de développement de la Banque mondiale (IDA), en vue de la constitution d’une petite ligne de crédit. Pendant la phase initiale de la réhabilitation, les crédits doivent être octroyés avec prudence, en les limitant peut-être à 50% des dépôts faits par les membres, et en tenant compte des critères de performance pour l’agrément.
Programmes et projets de consolidation et de suivi Plusieurs années peuvent se passer pour que certaines des mesures décrites ci-dessus soient pleinement institutionnalisées. Il faudra même plus de temps pour étendre la portée du réseau aussitôt que les principaux problèmes ont été résolus. La consolidation des efforts de réhabilitation et l’expansion de la portée exigent un appui financier continu en dehors des institutions elles-mêmes, étant donné que leurs finances personnelles ne peuvent pas supporter les coûts supplémentaires. Les mesures nécessaires peuvent comprendre: (i) Le renforcement des agences et la création des capacités. Des fonds d’assistance extérieure doivent être utilisés premièrement pour renforcer l’organisation nationale apex, pour acquérir de nouveaux systèmes comptable et de gestion de l’information par ordinateur à tous les niveaux, pour la formation du personnel, et une assistance à court terme en cas de besoin. (ii) La mise à jour ou l’amélioration des politiques et objectifs. Le gouvernement ainsi que les autres parties prenantes doivent se mettre d’accord lors de l’évaluation de l’évolution du projet sur les changements nécessaires dans les politiques et les objectifs de prêts et de recouvrement ; la politique sur le ratio prêts/épargne (ceci peut habituellement être augmenté à partir du niveau autorisé durant la première phase) ; les objectifs de performance financière des cellules à tous les niveaux du réseau ; les mesures pour améliorer l’autonomie financière du réseau, notamment l’utilisation des bénéfices annuels et les procédures pour déterminer la distribution de l’assistance extérieure ; et les politiques et objectifs pour l’ouverture et la fermeture des cellules locales. (iii) La supervision et la surveillance. Les mécanismes de supervision et de contrôle doivent être réexaminés à cette étape et les parties prenantes doivent se mettre d’accord sur leur relaxation ou le renforcement si nécessaire ( dans beaucoup de pays, comme au Madagascar, on a ressenti le besoin d’une supervision fiable et compréhensive par les membres et les cellules les plus élevées dans l’organisation verticale). La liste des indicateurs de contrôle doit également être réexaminée et se concentrer sur des mesures-clé pour lesquelles existent des données fiables. Les conditions d’une réhabilitation satisfaisante Les coûts consentis pour la mise en oeuvre d’un programme de réhabilitation ne peuvent pas toujours être justifiés. En plus des engagements à long terme tels que décrits ci-dessus, la réhabilitation a beaucoup de chance de réussir si les conditions suivantes sont réunies.
D’une façon idéale, le pays qui envisage de réhabiliter ses institutions rurales doit avoir une stratégie pour le financement rural. Ce fut le cas en Indonésie, où la création des institutions de financement rural fut une réussite. Une stratégie doit permettre que les ressources limitées soient dirigées vers des agences les plus prometteuses, tout en créant une concurrence adéquate. Cependant, l’élaboration d’une telle stratégie, avec toutes les étapes du travail exécutées par des techniciens et les décisions prises par les parties prenantes, prend souvent un temps long, Si l’agence qui est considérée pour la réhabilitation est assez prometteuse, il est indiqué de commencer la réhabilitation sur la base d’une analyse précédant le programme d’urgence, et de préparer une stratégie durant la deuxième phase.
Cet article s’inspire sur un rapport par Turto Turtiainen, Consultant, Finance rurale, après une mission d’examen à mis-parcours du Projet de Réhabilitation des associations d’épargne et de crédit du Bénin, sous la direction de Ousmane Sissoko, Mai 1998. Pour des informations supplémentaires, prière de contacter Kouattara@worldbank.org
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